Seif al-Islam Kadhafi, fils de Moammar Kadhafi, lors d'un événement politique à Sebha, le 20 août 2008. Photo d'archivesMahmud TURKIA / AFP
Le fils de Mouammar Kadhafi, Seif al-Islam, assassiné par des inconnus mardi, sera inhumé vendredi en Libye à Bani Walid, fief d'une tribu restée fidèle au colonel Kadhafi qui dirigea le pays pendant plus de 40 ans, ont affirmé deux de ses frères.
« La date et le lieu de l'inhumation ont été décidés d'un commun accord par la famille », a indiqué jeudi sur Facebook Mohamed Kadhafi, demi-frère de Seif al-Islam, annonçant les funérailles à Bani Walid (ouest), à 170 km au sud de Tripoli, « après la prière du vendredi ». Ce choix, qui « témoigne de notre respect » pour Bani Walid et ses habitants, est un « signe de reconnaissance pour leurs convictions », a ajouté l'aîné des fils Kadhafi. Seif al-Islam sera inhumé « chez les Werfalla, à côté de son frère Khamis », a confirmé sur X Saadi, un autre frère.
Bani Walid, localité de 100.000 habitants, est le bastion de la puissante tribu des Werfalla, qui honore encore avec ferveur la mémoire de Mouammar Kadhafi, renversé en 2011. A chaque anniversaire de son coup d'Etat en 1969, les habitants arborent des drapeaux verts et paradent avec son portrait.
Depuis la mort de Kadhafi en 2011, la Libye peine à retrouver sa stabilité. Deux exécutifs s'y disputent le pouvoir: un gouvernement basé à Tripoli (ouest), dirigé par Abdelhamid Dbeibah et reconnu par l'ONU et un autre à Benghazi (est), contrôlé par le maréchal Khalifa Haftar et ses fils.
Le ministre de l'Intérieur, Imad Trabelsi, a déploré le décès du fils de Mouammar Kadhafi et annoncé avoir « donné des instructions » aux forces de l'ordre locales pour « assurer la sécurité des funérailles ». M. Dbeibah a de son côté affirmé que l'assassinat « nous rappelle que le sang libyen, quelle que soit la personne à laquelle il appartient, reste une ligne rouge ». « La Libye pour laquelle nous oeuvrons est un Etat de droit et d'institutions, où les différends sont gérés par le dialogue, et non par la violence », a assuré M. Dbeibah.
Longtemps considéré comme le dauphin de son père, Seif al-Islam Kadhafi a été assassiné mardi dans la maison où il résidait à Zenten (nord-ouest). Le parquet a annoncé une enquête. Recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité, il avait été arrêté en 2011 dans le sud libyen, détenu à Zenten, puis condamné à mort en 2015 avant de bénéficier d'une amnistie. Le lieu de son enterrement a fait l'objet de spéculations.
Selon des médias de l'Est, les autorités loyales au maréchal Haftar avaient accepté son inhumation à Bouhadi, au sud de Syrte (est), où est né Mouammar Kadhafi. Mais un proche de Seif al-Islam a assuré sur Facebook qu'elles avaient imposé de strictes conditions, comme l'interdiction des expressions de deuil ou de brandir des photos. M. Dbeibah a semblé y faire allusion en dénonçant « toute tentative visant à porter atteinte au droit des proches du défunt ou de la tribu des Kadhafi d'organiser des cérémonies funéraires ».


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