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Salam à CNN : Les efforts du gouvernement « compromis » par les attaques israéliennes dans le Sud


Salam à CNN : Les efforts du gouvernement « compromis » par les attaques israéliennes dans le Sud

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam lors de l'interview avec CNN le 4 février 2026. Capture d'écran tirée du compte X de la présidence du Conseil des ministres.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a dénoncé une nouvelle fois mercredi à la chaîne de télévision américaine CNN les attaques israéliennes continues sur le Liban-Sud, malgré le cessez-le-feu, qui « compromettent les efforts » de son gouvernement, alors que celui-ci tente de récupérer le monopole des armes, de lancer le chantier de la reconstruction et de négocier le retour de détenus libanais et le retrait de l'armée israélienne des territoires qu'elle continue d'occuper.

Interrogé par la journaliste Becky Anderson sur la possibilité d'une paix future avec l'Etat hébreu, M. Salam a réaffirmé l’attachement du Liban à l’Initiative de paix arabe de 2002, estimant toutefois que les conditions d’une paix ne sont pas encore réunies. « Israël continue d’occuper des terres libanaises et de violer la souveraineté du Liban au quotidien. Dans ce contexte, il n’est pas logique de parler de paix », a-t-il dit. L’initiative de paix arabe avait été proposée lors d'un sommet de la Ligue arabe à Beyrouth pour résoudre le conflit avec Israël, et prévoyait notamment un retrait total de l'Etat hébreu des territoires occupés et une solution pour les réfugiés palestiniens.

Instabilité au Liban-Sud

Le président du Conseil a en outre rappelé, lors de cet entretien donné depuis Dubaï, qu'« Israël continue d’occuper le territoire libanais et viole quotidiennement la souveraineté du Liban. Compte tenu de cette réalité, il reste illogique de parler de paix ». Il a rappelé que l’Etat hébreu continue d’occuper cinq positions au Liban-Sud, le long de la Ligne bleue, et détient toujours des civils libanais, enlevés avant et après la trêve. Israël détient au total une vingtaine de Libanais, parmi lesquels neuf civils. « Cette situation perpétue l’instabilité dans le Sud et compromet les efforts de mon gouvernement », s'est-il inquiété, estimant « regrettable qu'Israël ne respecte pas l'accord conclu en novembre 2024 ». Selon l'accord, les attaques transfrontalières devaient cesser de part et d’autre, le Hezbollah se retirer au nord du Litani et remettre son arsenal aux autorités. Parallèlement, l’armée israélienne devait se retirer du Liban, et l’armée libanaise se déployer au Liban-Sud et restaurer l’autorité de l’Etat dans la région.

M. Salam a assuré qu’au sud du fleuve Litani, l'État exerce désormais un « contrôle opérationnel total ». « C'est la première fois depuis 1969 que l'État exerce un tel contrôle. C'est un moment historique pour le Liban, obtenu dans des circonstances extrêmement difficiles », a-t-il assuré. « L’achèvement de la première phase dans les délais impartis constitue en soi une grande réussite compte tenu des défis auxquels nous sommes confrontés », a-t-il souligné, en référence au refus du Hezbollah de désarmer et aux attaques israéliennes quasi quotidiennes au Liban-Sud. Début janvier, l’armée libanaise avait annoncé la fin de la première phase d’exercice par l’Etat de sa souveraineté dans cette zone, frontalière du Liban. Elle amorçait la préparation de la deuxième phase, entre les fleuves Litani et Awali, pour laquelle elle doit présenter prochainement son plan au gouvernement. « La deuxième phase s’inscrit dans un plan en cinq étapes que l’armée a présenté au gouvernement en septembre dernier. À la fin de cette phase, l'armée est censée être en mesure de déclarer un monopole total sur les armes dans cette région », a encore observé Nawaf Salam.

« Nous ne demandons à personne d’agir au nom du Liban »

Evoquant la fin du mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) prévue en décembre 2026, M. Salam a affirmé que ce mandat ne sera pas prolongé sous sa forme actuelle. « Une présence internationale, sous une forme ou une autre restera nécessaire dans le sud du pays. Cette présence est indispensable pour suivre la situation sur le terrain, communiquer les faits et servir d’officier de liaison, notamment compte tenu du long historique de conflit entre le Liban et Israël », a-t-il noté.

Et d’affirmer que le Liban a besoin d’un soutien accru de ses partenaires internationaux pour les prochaines étapes. « Nous ne demandons à personne d’agir au nom du Liban. Mais nous avons besoin d’un soutien important pour les forces armées libanaises. Il y aura un vide dans le sud, et nous devons recruter du personnel supplémentaire, assurer sa formation et son équipement, afin de garantir le monopole total de l'État sur les armes sur l'ensemble du territoire libanais. C’est pourquoi une conférence de soutien à l’armée et aux services de sécurité libanais se tiendra le 5 mars à Paris », a-t-il précisé. La conférence internationale de soutien à l'armée libanaise a été annoncée à la mi-janvier par la présidence libanaise, à l'issue d'une réunion à Baabda avec des ambassadeurs et émissaires du Quintette (France, Arabie Saoudite, Egypte, Qatar, Etats-Unis), dont l'envoyé français Jean-Yves Le Drian et le conseiller du ministre saoudien des Affaires étrangères, Yazid ben Farhane. Cette conférence doit être inaugurée par le président français Emmanuel Macron.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a dénoncé une nouvelle fois mercredi à la chaîne de télévision américaine CNN les attaques israéliennes continues sur le Liban-Sud, malgré le cessez-le-feu, qui « compromettent les efforts » de son gouvernement, alors que celui-ci tente de récupérer le monopole des armes, de lancer le chantier de la reconstruction et de négocier le retour de détenus libanais et le retrait de l'armée israélienne des territoires qu'elle continue d'occuper.Interrogé par la journaliste Becky Anderson sur la possibilité d'une paix future avec l'Etat hébreu, M. Salam a réaffirmé l’attachement du Liban à l’Initiative de paix arabe de 2002, estimant toutefois que les conditions d’une paix ne sont pas encore réunies. « Israël continue d’occuper des terres libanaises et...