Hommages

Une écriture brodée au fil rouge de l’exil

Une écriture brodée au fil rouge de l’exil

Elle avait érigé l’écriture en art de vivre total. Entre romans et recueils de poèmes, son œuvre prolifique répondait à une angoisse qui en faisait un acte existentiel. Depuis la mort de son deuxième mari, le scientifique Jean Ghata, parti à 52 ans, veuve à dix ans de moins, elle était restée désemparée face à une vie à poursuivre et dont elle ne possédait plus les codes. Les rituels de l’écriture, dont ses chattes chéries étaient les gardiennes, mais aussi son dernier compagnon, Éric Guenier, avaient petit à petit tout remplacé. Elle qui avait adoré briller dans les soirées beyrouthines d’avant-guerre, qui s’était fait remarquer par Seghers pour son premier recueil de poèmes, se parait désormais de la littérature comme d’un habit de lumière. Avec son phrasé singulier, un français pensé en arabe, écrit « de droite à gauche », elle comblait souvent les injustices faites aux femmes. L’écriture était son fil rouge pour traverser le labyrinthe de l’exil. Un fil qu’elle a tenu avec élégance, dont elle a tissé des liens dans le milieu fermé des lettres françaises, dont elle a réparé une vie labourée par la nostalgie. Elle a parfumé la distance avec les saveurs du pays perdu en cuisinant, pour ses amis auteurs, ces plats libanais qui font famille. Généreuse, pas un jeune auteur venu la solliciter qu’elle n’ait aidé grâce à ses relations. Une icône, assurément.


Elle avait érigé l’écriture en art de vivre total. Entre romans et recueils de poèmes, son œuvre prolifique répondait à une angoisse qui en faisait un acte existentiel. Depuis la mort de son deuxième mari, le scientifique Jean Ghata, parti à 52 ans, veuve à dix ans de moins, elle était restée désemparée face à une vie à poursuivre et dont elle ne possédait plus les codes. Les rituels de l’écriture, dont ses chattes chéries étaient les gardiennes, mais aussi son dernier compagnon, Éric Guenier, avaient petit à petit tout remplacé. Elle qui avait adoré briller dans les soirées beyrouthines d’avant-guerre, qui s’était fait remarquer par Seghers pour son premier recueil de poèmes, se parait désormais de la littérature comme d’un habit de lumière. Avec son phrasé singulier, un français pensé en...
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