Hommages

En elle la colère

En elle la colère

Vénus. Qui d’autre aurait porté comme elle un pareil prénom ? Elle était le charme même, l’élégance, l’intelligence du cœur et de l’esprit, la générosité. Mais toutes ses qualités spectaculaires, son art de recevoir, de faire rayonner au cœur de la vie parisienne une grâce toute libanaise, de se dépenser sans compter pour défendre, dans d’innombrables jurys littéraires, les livres qu’elle aimait, qu’ils soient d’Orient, des Caraïbes ou du monde entier, toute cette inlassable activité dissimulait et parfois faisait écran à une œuvre infiniment plus secrète et blessée qu’il ne paraît.

Depuis son premier livre jusqu’à son dernier récit autobiographique inédit sur lequel elle travaillait encore à la veille de sa mort, Le Cercle des disparus, c’est une colère qui traverse l’œuvre de Vénus Khoury-Ghata. Une colère de femme – et de femme arabe. Une colère dirigée d’abord contre son père, militaire « entièrement sec », mais aussi contre une enfance dont elle ne guérit jamais et contre les règles d’un monde auquel, malgré les apparences, elle n’adhérait pas. Pas un seul de ses poèmes, dont toute joliesse est bannie, qui ne tremble de cette colère contenue, qui donne à toute son œuvre sa vibration essentielle.


Vénus. Qui d’autre aurait porté comme elle un pareil prénom ? Elle était le charme même, l’élégance, l’intelligence du cœur et de l’esprit, la générosité. Mais toutes ses qualités spectaculaires, son art de recevoir, de faire rayonner au cœur de la vie parisienne une grâce toute libanaise, de se dépenser sans compter pour défendre, dans d’innombrables jurys littéraires, les livres qu’elle aimait, qu’ils soient d’Orient, des Caraïbes ou du monde entier, toute cette inlassable activité dissimulait et parfois faisait écran à une œuvre infiniment plus secrète et blessée qu’il ne paraît.Depuis son premier livre jusqu’à son dernier récit autobiographique inédit sur lequel elle travaillait encore à la veille de sa mort, Le Cercle des disparus, c’est une colère qui traverse l’œuvre de...
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