L'énorme quantité de poussière générée par l'effondrement partiel des silos au port de Beyrouth. Photo Mohammad Yassine/OLJ
Le procureur général près la Cour de cassation, le juge Jamal Hajjar, et le juge d'instruction chargé du dossier des explosions au port de Beyrouth Tarek Bitar se sont longuement entretenus mercredi pour examiner les derniers développements de l'enquête sur la catastrophe du 4 août 2020, rapporte l'Agence nationale d'information (ANI, officielle). « Les deux magistrats ont évoqué les démarches qui devraient accompagner la décision du juge Bitar de clore l'instruction dans les prochaines semaines, avant la publication de l'acte d'accusation », précise l'agence.
Cette rencontre intervient alors que les familles de victimes manifestaient mercredi en rangs dispersés, comme tous les 4 du mois, pour réclamer justice pour leurs proches disparus ou blessés. D'un côté, l'Association des familles des victimes du port de Beyrouth qui soutient le juge Bitar et dénonce les pressions et les campagnes d'intimidation auxquelles il a été confronté. De l'autre, le Rassemblement des proches des victimes et des blessés du port de Beyrouth, proche du tandem Hezbollah-Amal, qui s'oppose au travail du juge.
Lors de leur rassemblement de mercredi, l'Association des familles des victimes est revenue sur son opposition à la nomination de Gracia Azzi au poste de directrice générale des Douanes libanaises. « La justice dans le crime de l’explosion du port de Beyrouth n’est pas une option politique, ni un point négociable ou sujet au marchandage. Toute insistance à protéger les personnes impliquées ou à les couvrir, quels que soient leurs postes, place leurs auteurs dans une position de complicité morale et fonctionnelle dans le crime, et les rend directement responsables devant la loi et l’Histoire », ont dénoncé les familles dans un communiqué diffusé à l’issue de leur rassemblement.
Par ailleurs, et toujours selon l'ANI, le juge Bitar a reçu par l'intermédiaire du parquet général près la Cour de cassation une réponse écrite des autorités allemandes, en retour à une commission rogatoire qu'il avait adressée à Berlin il y a plusieurs mois. Celle-ci concerne les mouvements de comptes bancaires de personnes soupçonnées d'être liées au nitrate d'ammonium qui a explosé au port. Le juge d’instruction attend aussi des réponses à d’autres commissions rogatoires qu’il a adressées à plusieurs pays européens et arabes.
Le 4 août 2020, l’une des plus grandes explosions non nucléaires de l’histoire a dévasté une grande partie de la capitale libanaise, faisant plus de 220 morts et 6 500 blessés. Cette déflagration a été causée par un incendie dans un entrepôt du port où étaient stockées sans précaution plusieurs tonnes de nitrate d’ammonium, malgré des avertissements répétés aux plus hautes autorités, accusées de négligence.


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