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Politique - Monopole Des Armes

Le Hezbollah se range du côté de « la raison » ? Depuis Baabda, Raad prône « le dialogue et la coopération »

« Les positions les plus justes sont celles qui rassemblent, et les réactions les plus pertinentes sont celles empreintes de réalisme », a déclaré le chef du bloc parlementaire du Hezbollah.

Le Hezbollah se range du côté de « la raison » ? Depuis Baabda, Raad prône « le dialogue et la coopération »

Le président de la République, Joseph Aoun, recoit le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, à Baabda le 4 février 2026. Photo présidence.

Le ton a baissé d'un cran. Mercredi, le président de la République, Joseph Aoun, a reçu le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad. Une visite qui intervient après des semaines de tensions entre Haret Hreik et Baabda, après que le président a appelé le parti-milice à « faire preuve de raison » et à l'heure où le gouvernement s'apprête à lancer la deuxième phase du plan sur le monopole des armes. Appelant à la coopération avec le président et à ce que l'État « assume la responsabilité de la protection de la souveraineté », M. Raad semble se ranger du côté de « la raison ». Mais sa rhétorique contraste avec la position tranchée exprimée la veille par le chef de son parti, Naïm Kassem, dont il est pourtant proche.

Ce soudain fléchissement de la position du Hezbollah pourrait être le résultat d'un partage des rôles au sein du parti, lui-même tiraillé entre ses liens avec l'Iran et sa volonté d'éviter un nouveau conflit au Liban. Il pourrait également être lié aux développements régionaux. La République islamique, menacée par une intervention militaire américaine, souffle elle aussi le chaud et le froid quant aux négociations avec Washington, supposées démarrer en fin de semaine.

« Nous confirmons, à l’issue de notre rencontre avec le président Aoun, que nous tenons au dialogue et à la coopération afin de servir les intérêts de l’ensemble des Libanais, de permettre le retour des familles déplacées, de lancer le chantier de la reconstruction et de faire en sorte que l’État assume la responsabilité de la protection de la souveraineté, tout en le soutenant lorsque nécessaire », a-t-il déclaré depuis Baabda. Et d'abonder : « Les positions les plus justes sont celles qui rassemblent, et les réactions les plus pertinentes sont celles empreintes de réalisme et de positivité ». Le député dit également avoir « écouté les orientations du président » avec lequel « le contact sera maintenu ». « Nous sommes convenus de poursuivre les rencontres et les consultations afin de réaliser les objectifs et les priorités, et de parvenir à un accord sur la méthodologie permettant d’y parvenir dans les meilleurs délais, au moindre coût et par l’approche la plus sûre pour préserver à la fois la souveraineté et la dignité nationale », a-t-il conclu.

La veille, c'est un tout autre ton qui se dégageait du côté de Haret Hreik. Dans un discours, le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, avait campé sur son refus de rendre ses armes au nord du Litani, accusant « certains ministres » de vouloir semer la « discorde » entre Libanais. « Expliquez (aux Américains) que vous ne pouvez pas exercer de pression sur vos concitoyens, car ils ont donné beaucoup et fait des sacrifices », avait-il tonné. Et d'ajouter qu’« on ne peut plus rien demander au Liban (en matière de monopole des armes, ndlr) » et qu’il fallait désormais faire pression sur « l’ennemi américain et israélien pour faire appliquer l’accord » de trêve conclu en novembre 2024.

Les efforts pour un rabibochage entre Baabda et Haret Hreik avaient été entrepris dans la foulée de la visite de soutien, il y a deux semaines, du président du Parlement, Nabih Berry, à Joseph Aoun, lorsque le président était la cible d'une campagne diffamatoire menée par les milieux du Hezbollah. Depuis, André Rahhal, conseiller du président, s'est entretenu avec Ahmad Mhanna, un cadre du parti chiite, adjoint de Mohammad Raad, afin de préparer la rencontre de mercredi. Celle-ci intervient à l'heure où le commandant de l'armée, Rodolphe Haykal, se trouve à Washington où il évoque avec ses interlocuteurs sa vision pour la deuxième phase du plan du monopole des armes avant de l'exposer au Conseil des ministres pour validation. Cette étape concerne la région du Liban-Sud entre les fleuves Litani et Awali, où le Hezbollah ne semblait pas vouloir coopérer avec l'armée libanaise. Du moins, jusqu'ici.

Le ton a baissé d'un cran. Mercredi, le président de la République, Joseph Aoun, a reçu le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad. Une visite qui intervient après des semaines de tensions entre Haret Hreik et Baabda, après que le président a appelé le parti-milice à « faire preuve de raison » et à l'heure où le gouvernement s'apprête à lancer la deuxième phase du plan sur le monopole des armes. Appelant à la coopération avec le président et à ce que l'État « assume la responsabilité de la protection de la souveraineté », M. Raad semble se ranger du côté de « la raison ». Mais sa rhétorique contraste avec la position tranchée exprimée la veille par le chef de son parti, Naïm Kassem, dont il est pourtant proche.Ce soudain fléchissement de la position du Hezbollah pourrait...
commentaires (14)

Le Hezbollah se range du côté de « la raison »? Plutôt de sa raison à continuer d’exister. Il veut vendre à notre président la suprématie de ses armes afin de pouvoir les garder pour sévir, le moment venu. Sa phrase glissée dans son discours de repentis en dit long sur sa volonté à collaborer avec le pouvoir. Ils ont fait les mêmes promesses au président Aoun 1 et tout le monde connaît la fin. Aoun semble acquis par tant de sollicitude de la part de son nouvel ami, l’allié de ces mercenaires qui sont prêts à tout pour sauver leurs armes qui leur permettent de garder le contrôle sur notre pays

Sissi zayyat

11 h 07, le 05 février 2026

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Commentaires (14)

  • Le Hezbollah se range du côté de « la raison »? Plutôt de sa raison à continuer d’exister. Il veut vendre à notre président la suprématie de ses armes afin de pouvoir les garder pour sévir, le moment venu. Sa phrase glissée dans son discours de repentis en dit long sur sa volonté à collaborer avec le pouvoir. Ils ont fait les mêmes promesses au président Aoun 1 et tout le monde connaît la fin. Aoun semble acquis par tant de sollicitude de la part de son nouvel ami, l’allié de ces mercenaires qui sont prêts à tout pour sauver leurs armes qui leur permettent de garder le contrôle sur notre pays

    Sissi zayyat

    11 h 07, le 05 février 2026

  • Comme dirait Trump, laissons les parler ils ont pris le droit tout seuls et il leur sera retiré le jour où ils montreront leur vrai visage devant le fait accompli. Raad joue au plus futé profitant de l’amitié de son allié avec notre président qui, tout le monde le sait, est opportuniste et simulée pour arriver à lui soutirer le plus d’avantages possibles avant de sévir à nouveau et l’écarter de toute décision. Espérons que Aoun 2 soit plus perspicace que Aoun 1. On le voit d’ici le Raad qui vent des rêves à tous les naïfs qui le croient. Il n’est pas à sa première tentative de mensonges calcul

    Sissi zayyat

    11 h 00, le 05 février 2026

  • Simple perte de temps... Ils avaient besoin de boire un café pour la com!

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    10 h 36, le 05 février 2026

  • Ce parti vendu essaie d’appliquer la même méthode au Liban que ses maîtres avec les américains. Ils comptent voir jusqu’où irait Trump. S’il détecte la moindre mollesse, ils monteront sur leurs grands chevaux pour de nouveau menacer et passer pour des vainqueurs puisqu’ils ont réussi à faire reculer la plus grande puissance militaire du monde pour mieux agir et avec force, une fois son armada retirée. Nous les connaissons et nos voisins aussi. Ils ne seront pas sauvés par leur énième mensonge, ils sont déjà morts et rien ne pourra les ressusciter. Ils gagnent du temps, mais leurs ennemis aussi

    Sissi zayyat

    10 h 32, le 05 février 2026

  • ben oui c ca ! dialogue et cooperation pour.... construire un ETAT... , TOUT CELA SELON LEUR CONCEPTION DE CE QU'EST UN ETAT-pardon selon la conseption de leur maitre khamenai-

    L’acidulé

    09 h 43, le 05 février 2026

  • Dialogue, Cooperation, Realisme prone Raed. Mais il devrait savoir le hezbiote que : 1 - Pour qu,il y ait dialogue il devrait y avoir egalite entre les parties. Impossibles les discussions entre des citoyens ordinaires et des mercenaires iraniens armes qui intimident et menacent tous les autres. 2 - Cooperation. Deposer et livrer les armes a l,Etat par les mercenaires pour etre eligibles a une cooperation. 3 - Le Realisme. Cette vertu dit qu,on ne peut pas etre libanais et servir en mercenaires les interets hegemoniques iraniens dans la region, et detruire completement son propre pays.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 16, le 05 février 2026

  • Le timing est suspect: Il coincide avec le séjour du Commandant de l'armée à Washington. Comme toujours au Liban, quand on veut quelque chose d'un tiers, tout le monde fait un effort pour paraitre bien et montrer que l'on se conforme à son souhait. Le fond des choses est une autre affaire

    Moi

    09 h 03, le 05 février 2026

  • Désolé mais j'ai pas du tout confiance

    Emile

    06 h 57, le 05 février 2026

  • Compte tenu de son passé, le raad est tout sauf sincère. A force de nous menacer lui aussi le doigt levé, on ne croit plus à son doux verbiage. Ainsi il souhaiterait bien que l’Etat assume la protection de la souveraineté…quitte à le soutenir en cas de besoin. La jolie phrase ! Le soutenir avec quoi ? Avec ses armes bien sûr, et le tour est joué. Quant au dernier discours hebdomadaire de naïm, même raad semble ne l’avoir pas écouté.

    NG

    05 h 51, le 05 février 2026

  • Pipoti et pipota sont venus nous berner avec des mots creux pour gagner du temps en espérant que le vent tourne en leur faveur … s’ils étaient revenus à la raison ils auraient déclaré qu’ils acceptaient de rendre les armes, mais pour le moment l’Iran en a décidé autrement.

    Zeidan

    23 h 46, le 04 février 2026

  • Partage des roles : Naim Kassem hausse le ton, tandis que Mohamad Raad montre patte blanche. Mais, tout ce blablabla ne resiste pas a l'epreuve des faits. Le Hezb n'est pas pret a remettre ce qui reste de ses armes. Et, pour cause, s'il le fait il n'a plus de raison d'exister.

    Michel Trad

    22 h 21, le 04 février 2026

  • " ... tout en le soutenant lorsque nécessaire" ... !?

    Remy Martin

    21 h 31, le 04 février 2026

  • Il serait temps que ce président cesse de recevoir les représentants de ceux qui le vilipendent à longueur de déclarations bellicistes. Ceux-ci cherchent à gagner du temps et se moquent du président et des "institutions" de la République. Le prétendu "dialogue" qu'ils disent rechercher, c'est en fait un rapport de force pour imposer leurs vues à ceux qui accepteraient de "dialoguer" avec eux. Il est temps que ce président montre qu'il n'est pas dupe et qu'il veut faire appliquer la loi. Celle de la République Libanaise, dont il est le garant, de par son serment constitutionnel

    What a Guy !

    21 h 14, le 04 février 2026

  • One ne peut construire un etat avec un parti pareil ….. le titre de cet article aurait du etre “dialoguer pour perdre du temps”.

    hrychsted

    20 h 33, le 04 février 2026

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