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Bassil : Les négociations avec Israël ne sont que « concessions et capitulations »


Bassil : Les négociations avec Israël ne sont que « concessions et capitulations »

Le chef du CPL, Gebran Bassil, avec la journaliste d'Al Jadeed. Photo ANI

Le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), le député Gebran Bassil, a critiqué vendredi soir les négociations en cours entre le Liban et Israël, estimant que Beyrouth y fait trop de « concessions », tout en appelant à « changer la perception » du Hezbollah, son ancien allié politique.

Les négociations à Naqoura, auxquelles le Liban a nommé début décembre un représentant civil, le diplomate Simon Karam, ne sont que « concessions et capitulations », a estimé Gebran Bassil dans un entretien sur la chaîne al-Jadeed. Il a réaffirmé son soutien à « une paix juste et véritable garantissant les droits du Liban », alors que les pourparlers n'ont pas eu lieu depuis plusieurs semaines, faisant craindre une suspension. L'ambassade américaine à Beyrouth a toutefois annoncé vendredi qu'une nouvelle série de réunions allait avoir lieu à partir du 25 février, à raison d'une par mois jusqu'en mai.

M. Bassil a estimé, par ailleurs, que la question du désarmement du Hezbollah est traitée « de manière erronée avec des incitations qui ne résolvent rien, car on ne peut pas retirer (au parti chiite, ndlr) sa capacité de combat ». « Le Hezbollah considère ses armes comme liées à son existence ou à son honneur. Pour changer cette perception, il faut démontrer l’attachement à la défense des droits du Liban et au retour des prisonniers, et le camp adverse doit montrer qu’il refuse les pratiques d’Israël, afin de rassembler les deux parties dans une stratégie libanaise globale », a-t-il souligné. Par « camp adverse », M. Bassil fait probablement allusion aux Forces libanaises (FL), qui réclament un désarmement rapide du Hezbollah. Le ministre des Affaires étrangères, Joe Raggi, qui relève des FL, avait fait polémique il y a deux semaines en justifiant les attaques continues d'Israël sur le Liban, malgré le cessez-le-feu, par les violations de la trêve par le parti chiite et son refus de désarmer.

« Le Hezbollah est avant tout un environnement humain et social, et pas seulement des armes », a-t-il dit, affirmant qu’il « est impossible d’arracher cet environnement ni au nord ni au sud du Litani ». M. Bassil a néanmoins rappelé qu’il s’opposait aux récents propos du secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, estimant que « les missiles de précision ont désormais une fonction iranienne ». Il a rappelé que l’entente entre le CPL et le Hezbollah est rompue depuis un certain temps, affirmant que lorsque son parti avait conclu l’accord (de Mar Mikhaël, le 6 février 2006), c’était avec le Liban et non avec l’Iran. « L’axe (pro-iranien) est tombé après l’assassinat de l’ancien secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah et l’unité des fronts n’a apporté au Liban que des catastrophes », a-t-il estimé, saluant par le fait même « l’armée libanaise qui est sacrée, qui protège le pays et agit correctement ». Il a accusé dans ce cadre « certaines parties internes et externes de vouloir l’entraîner dans un conflit avec le Hezbollah ».

Evoquant sa relation avec le chef du gouvernement, Gebran Bassil a rappelé qu’il avait nommé Nawaf Salam parce qu’il « ne fait pas partie du système, n’est pas corrompu et possède une pensée politique claire ». Et si sa relation personnelle avec le Premier ministre est bonne, elle est en revanche « mauvaise politiquement ». « Je considère que Nawaf Salam est contraint de s’adapter au système. J’attendais davantage de lui, notamment sur le plan des lois réformatrices. Sa première bataille a porté sur la nomination du gouverneur de la Banque du Liban, qu’il a perdue, et il semble s’être ensuite résigné », a-t-il noté. « Le CPL constitue la seule opposition à ce gouvernement », a-t-il souligné.

Gebran Bassil a également affirmé que sa récente rencontre avec l’émissaire saoudien, le prince Yazid ben Farhan, avait été positive. « L’Arabie saoudite soutient un Liban unifié et non divisé », a-t-il assuré, précisant que le fédéralisme n’est pas la partition et que la décentralisation renforce le projet unitaire.

Le député de Batroun a enfin mis en garde contre la volonté de certaines forces de reporter les élections législatives d’un an ou deux, possiblement sous couvert d’un report technique. « Je ferai ce qui est dans l’intérêt du CPL, y compris dans les alliances électorales », a-t-il déclaré.

Le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), le député Gebran Bassil, a critiqué vendredi soir les négociations en cours entre le Liban et Israël, estimant que Beyrouth y fait trop de « concessions », tout en appelant à « changer la perception » du Hezbollah, son ancien allié politique.Les négociations à Naqoura, auxquelles le Liban a nommé début décembre un représentant civil, le diplomate Simon Karam, ne sont que « concessions et capitulations », a estimé Gebran Bassil dans un entretien sur la chaîne al-Jadeed. Il a réaffirmé son soutien à « une paix juste et véritable garantissant les droits du Liban », alors que les pourparlers n'ont pas eu lieu depuis plusieurs semaines, faisant craindre une suspension. L'ambassade américaine à Beyrouth a toutefois annoncé vendredi qu'une nouvelle...