Des experts médico-légaux portent le corps d'un Palestinien restitué par Israël la veille, dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu à Gaza, après examen à l'hôpital al-Shifa de Gaza, le 30 janvier 2026. Photo Omar AL-QATTAA / AFP
L'armée israélienne a nié vendredi avoir repris à son compte le bilan avancé par les autorités de Gaza de plus de 71.000 Palestiniens tués dans le territoire depuis le 7 octobre 2023, comme l'avait affirmé la presse nationale. « Tsahal (l'armée israélienne, NDLR) précise que les informations publiées ne reflètent pas (ses) données officielles », écrit sur X le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole de l'armée israélienne. « Toute publication ou information à ce sujet sera diffusée par des canaux officiels et appropriés », ajoute-t-il.
Cette déclaration intervient après la parution jeudi d'un article du quotidien Haaretz, sans source, selon lequel « Tsahal a accepté l'estimation du ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas ». D'autres journaux israéliens ont ensuite publié la même information sans plus de sources. Dans son article, Haaretz ajoutait que l'armée examinait « les données concernant les morts (palestiniens) afin de déterminer combien d'entre eux étaient des combattants et combien étaient des civils ».
Le Hamas a pris le pouvoir dans la bande de Gaza en 2007 après en avoir chassé l'Autorité palestinienne qui administrait ce territoire depuis qu'Israël s'en était retiré unilatéralement en 2005, après plus de 38 ans d'occupation militaire. Menée à partir de Gaza, l'attaque du 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.221 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP établi à partir de données officielles. Depuis cette date, au moins 71.667 Palestiniens ont été tués dans le petit territoire côtier par la campagne militaire israélienne de représailles, d'après le ministère de la Santé de Gaza.
Les autorités israéliennes ne cessent de mettre en doute la crédibilité de ces chiffres ou de les discréditer en affirmant qu'on ne peut pas faire confiance à une administration placée sous l'autorité du Hamas, mouvement qu'Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne qualifient d' »organisation terroriste ». Les chiffres du ministère sont néanmoins jugés fiables par l'ONU. S'il ne précise pas la part des combattants dans le total, le ministère indique que plus de la moitié des morts sont des mineurs et des femmes.
Ces statistiques ne recensent que les personnes tuées dans les bombardements israéliens ou les combats. Ils ne tiennent pas compte des morts dont les corps n'ont pas encore été extraits des décombres d'un territoire dévasté par les bombardements israéliens ni des décès indirects causés par la guerre. Selon le ministère, 492 personnes ont été tuées par des tirs ou des bombardements israéliens depuis le 10 octobre et l'entrée en vigueur de la trêve que les deux parties s'accusent mutuellement de violer au quotidien.


« Plainte » contre l'Iran : pourquoi les Affaires étrangères ont dû mettre de l'eau dans leur vin