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Politique - Monopole Des Armes

L'armée libanaise prendra dans les prochains jours le contrôle des entrées du camp palestinien de Beddaoui

Le président de la municipalité de Tripoli « réconforté » par cette décision qui devrait permettre « d'éviter toute activité militaire à l'intérieur des camps » et tous genres de trafics.

L'armée libanaise prendra dans les prochains jours le contrôle des entrées du camp palestinien de Beddaoui

Des pneus incendiés par des militants palestiniens dans le camp de Beddaoui (Liban-Nord), le 8 novembre 2025, après la fermeture par l'armée d'un accès du camp. Photo d'archives transmise à notre correspondant dans le Nord, Michel Hallak

L’armée libanaise poursuit ses préparatifs pour prendre dans les prochains jours le contrôle des entrées du camp de réfugiés palestiniens de Beddaoui, au Liban-Nord, une étape nécessaire pour assurer la sécurité au sein du camp sans toutefois s'y déployer, afin de s'assurer qu'il n'y ait plus aucune activité militaire ou autres trafics à l'intérieur du camp. Une nouvelle étape donc dans le processus entrepris par la troupe pour récupérer le monopole des armes sur l'ensemble du territoire libanais, conformément à la décision inédite prise en août dernier par le gouvernement.

Le camp palestinien de Beddaoui compte aujourd’hui deux entrées principales autorisées aux véhicules et quatre entrées piétonnes. « C’est aux deux entrées principales que la troupe doit prochainement positionner ses postes militaires », explique Atef Khalil, responsable au Liban-Nord du Font démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP), précisant que « le processus n’a toujours pas commencé, et qu’il se prépare en bonne coopération avec les instances palestiniennes du camp ». « L’armée s’apprête. Elle doit apporter ses équipements », précise-t-il, pour jusitifer le retard de l’opération. L'institution militaire n'a pas pu immédiatement commenter ces opérations à Beddaoui.

« Sentiment de réconfort »

Selon le président de la municipalité de Beddaoui, Hassan Ghamraoui, l’armée libanaise « peaufine son plan pour la prise de contrôle prochaine des entrées du camp ». « Nous attendons que cela se fasse d’ici quatre à cinq jours, voire une semaine », indique-t-il, exprimant sa satisfaction. « Nous sommes rassurés de voir que la troupe sera bientôt déployée et cela nous procure un sentiment de réconfort », ajoute l'élu.

Le camp de réfugiés palestiniens de Beddaoui, situé à quelques kilomètres au Nord de Tripoli, est habité en temps normal par 20 000 réfugiés. Mais depuis la crise syrienne, et l’afflux de réfugiés palestiniens de Syrie, sa population a grimpé à 40 000 habitants, indique à L’Orient-Le Jour Hicham Debsi, directeur du centre Tatwir pour les études et ancien responsable de la communication au sein de l’OLP.

18 entrées au camp déjà fermées pour raisons sécuritaires

Conformément à un accord conclu entre Beyrouth et Ramallah pour le contrôle et le confinement des armes palestiniennes au Liban, l’armée libanaise ne se déploie pas à l’intérieur des camps, mais juste à leurs entrées. « Le camp de Beddaoui comptait quelques 24 accès, mais l’armée en a fermé 18 », note Atef Khalil. « Le contrôle par la troupe de ces deux entrées a des objectifs sécuritaires et préventifs, et tend à éviter toute activité militaire à l'intérieur des camps », explique Hicham Debsi. « L’armée a bloqué les autres accès pour mieux surveiller les deux qui restent, et contenir aussi les trafics de drogue et la prostitution », précise-t-il. Le blocage des entrées du camp s'est fait de manière progressive. En novembre dernier, des habitants du camp avaient brûlé des pneus pour protester contre la fermeture par l'armée d'un de ces accès.

Une source palestinienne du camp avait expliqué mercredi à notre correspondant Michel Hallak que, conformément à l’accord conclu entre l’armée et les factions palestiniennes, ces dernières avaient accepté de remettre les postes de contrôle à l'institution militaire et que la passation se déroule avant la fin 2025. Ce qui ne s’est pas produit.

Jusqu'à présent, le manque de coopération des factions palestiniennes proches du Hezbollah, notamment le Hamas, le Jihad islamique et d'autres groupuscules, entrave le désarmement total des camps. Seul le Fateh a remis pour l’instant une partie de son arsenal aux autorités libanaises, de son propre chef. « Le Fateh a remis ses armes lourdes et moyennes, mais pas les armes légères, fusils et lanceurs de roquettes RPG, ce qui ne porte pas atteinte à l'équilibre des forces à l'intérieur des camps », assure M. Debsi. Il précise que « sur les 12 camps palestiniens du Liban, sept sont aujourd'hui sous la souveraineté de l'État libanais grâce au concours du Fateh ». « Nahr el-Bared est vide de toute arme et de toute faction armée depuis la bataille de 2007 ; le camp de Dbayé ne comporte pas même d'armes individuelles ; Il en est de même pour Miyé Miyé (Saïda), Bass (Tyr) et Mar Élias (Beyrouth)... » détaille-t-il. Restent donc cinq camps « problématiques » où les factions proches de la moumanaa refusent de désarmer, parmi lesquels Beddaoui, Chatila et Bourj el-Brajné (banlieue sud de Beyrouth), Bourj el-Chamali (Tyr) et Aïn el-Héloué (Saïda).

Ces développements interviennent alors que les autorités libanaises ont décidé de reprendre le monopole sur les armes sur tout le territoire, une décision qui inclut le Hezbollah, sorti grandement affaibli par la dernière guerre contre Israël, dans le sillage du conflit de Gaza.

L’armée libanaise poursuit ses préparatifs pour prendre dans les prochains jours le contrôle des entrées du camp de réfugiés palestiniens de Beddaoui, au Liban-Nord, une étape nécessaire pour assurer la sécurité au sein du camp sans toutefois s'y déployer, afin de s'assurer qu'il n'y ait plus aucune activité militaire ou autres trafics à l'intérieur du camp. Une nouvelle étape donc dans le processus entrepris par la troupe pour récupérer le monopole des armes sur l'ensemble du territoire libanais, conformément à la décision inédite prise en août dernier par le gouvernement.Le camp palestinien de Beddaoui compte aujourd’hui deux entrées principales autorisées aux véhicules et quatre entrées piétonnes. « C’est aux deux entrées principales que la troupe doit prochainement...
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On croyait bêtement que c’était déjà fait…

Sissi zayyat

19 h 45, le 31 janvier 2026

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Commentaires (1)

  • On croyait bêtement que c’était déjà fait…

    Sissi zayyat

    19 h 45, le 31 janvier 2026

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