Un citoyen libanais vote lors des élections législatives de 2018. Photo AFP/Joseph Eid
Le décret convoquant le collège électoral pour les élections législatives, signé la veille par le ministre de l’Intérieur Ahmad Hajjar, a été publié dans le Journal officiel vendredi. Cette procédure se déroule dans le respect des délais imposés, mais l’issue du scrutin demeure incertaine et pourrait être repoussée au moins jusqu’à l’été. Ce décret fixe donc la date du scrutin au 10 mai 2026 pour les Libanais résidents, tandis que les Libanais de la diaspora voteront une semaine plus tôt, à savoir le 1er mai pour ceux qui résident dans certains pays arabes et le 3 mai pour le reste des expatriés. Les fonctionnaires qui travailleront pendant les élections voteront pour leur part le 5 mai.
Les Libanais résidant en Arabie Saoudite, au Qatar, au Koweït, en Iran, à Oman, au Bahreïn et en Égypte sont ainsi appelés à voter le vendredi 1er mai, à l'exception des Émirats arabes unis, où le vote aura lieu le dimanche 3 mai. Par ailleurs, les élections auront également lieu le 3 mai dans les pays suivants : France, Canada, États-Unis, Allemagne, Australie, Côte d'Ivoire, Royaume-Uni, Irlande du Nord, Suède, Belgique, Suisse, Nigeria, Italie, Brésil, Gabon, Ghana, Congo, Venezuela, Espagne, Pays-Bas, Chypre, Bénin, Congo, Sénégal, Roumanie, Angola, Togo, Zambie, Sierra Leone, Danemark, Mexique, Luxembourg, Grèce, Russie, Turquie, Autriche, Liberia, Guinée, Irlande, Afrique du Sud, Cameroun et Burkina Faso.
La direction générale de l’état civil a en outre annoncé vendredi que les listes électorales préliminaires pour les années 2026-2027 sont disponibles, conformément aux articles 2, 33 et 34 de la loi n°44 du 17 juin 2017. Les électeurs résidant au Liban et à l’étranger sont invités à consulter ces listes à partir du 1er février 2026 sur le site officiel de la direction générale de l’état civil www.dgcs.gov.lb. et à déposer une demande de correction, si nécessaire, d’ici le 1er mars 2026.
L’état civil ajoute que des copies de ces listes ont été transmis aux municipalités, aux moukhtars, aux centres des mohafazats et des cazas, ainsi qu’au ministère des Affaires étrangères et des Émigrés, afin d’en assurer la diffusion et de faciliter la révision finale. Les électeurs peuvent donc aussi consulter les copies disponibles dans les centres des mohafazats et des cazas, auprès des municipalités et des moukhtars, ainsi que dans les ambassades et consulats libanais à l’étranger.
« Toute personne concernée est appelée à déposer, du 1er février au 1er mars 2026 inclus, une demande auprès de la commission d’inscription compétente afin de corriger toute erreur figurant sur son inscription dans les listes électorales, qu’il s’agisse d’une radiation, d’une erreur dans le nom ou pour toute autre raison », souligne le communiqué.
La direction générale de l’état civil précise également que des disques compacts contenant les listes électorales préliminaires pour chaque circonscription électorale sont disponibles. « Toute personne peut en obtenir copie moyennant la somme de 1 000 000 (un million) de livres libanaises, payable par timbre fiscal ou reçu officiel », affirme-t-elle.
La question du vote des expatriés continue de diviser la Chambre, et les craintes d’un report des législatives à l’été ont émergé au cours des dernières semaines. Conduits par les Forces libanaises, les partis favorables à un amendement de la loi électorale plaident pour que les expatriés puissent voter pour l’ensemble des 128 députés, comme lors des deux précédents scrutins, et non pour six sièges supplémentaires réservés à la diaspora, comme le prévoit la loi électorale de 2017. Cette dernière option est privilégiée par le tandem chiite (Amal-Hezbollah), sous l’impulsion du président du Parlement Nabih Berry. Mercredi, devant le Parlement, alors que les parlementaires débattaient du budget de l’État pour l’exercice 2026, le député Adib Abdel Massih a, pour sa part, affirmé qu’« il est clair que les élections n’auront pas lieu à la date prévue », annonçant son intention de proposer une loi « visant à reporter les élections d’un an, afin de ne pas continuer à mentir aux Libanais ».
Cet article a été corrigé et mis à jour vendredi 30 janvier après la publication du décret.

