Le Premier ministre indien Narendra Modi (au centre) pose pour une photo avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen (à droite) et le président du Conseil européen Antonio Costa avant leur réunion à la Hyderabad House à New Delhi, le 27 janvier 2026. Photo Sajjad HUSSAIN / AFP
L'UE, qui a remplacé en grande partie ses achats de gaz russe par du gaz naturel liquéfié (GNL) américain, commence à s'inquiéter de cette nouvelle dépendance aux Etats-Unis et doit songer à diversifier ses approvisionnements, a affirmé mercredi un responsable européen.
« Il y a une inquiétude grandissante, que je partage, liée au risque de remplacer une dépendance par une autre », a déclaré à des journalistes le commissaire à l'Energie Dan Jorgensen. « Les bouleversements géopolitiques consécutifs à la crise au Groenland ont (...) servi de signal d'alarme », a-t-il ajouté.
Selon lui, les répercussions de cette crise poussent l'UE à trouver d'autres pays dans le monde capables de lui fournir du GNL, pour qu'elle puisse diversifier ses approvisionnements. Elle discute notamment avec le Canada, le Qatar et l'Afrique du Nord, a-t-il détaillé.
Ces déclarations pourraient susciter l'ire de Washington, alors que l'Union européenne s'est explicitement engagée à muscler ses achats de gaz et de pétrole américain, dans le cadre de l'accord sur les droits de douane conclu l'an dernier avec Donald Trump. Cet accord inclut un engagement de l'UE à importer 750 milliards de dollars de gaz, pétrole et combustibles nucléaires d'ici 2028. Au 3e trimestre, les Etats-Unis représentaient 60% des importations européennes de GNL, contre 24% début 2021.
L'UE s'est en effet tournée fortement ces dernières années vers les fournisseurs américains pour combler ses besoins en gaz naturel, alors qu'elle a décidé de se sevrer progressivement du gaz russe pour ne plus contribuer à financer la guerre en Ukraine.

