Le siège de la Banque mondiale à Washington le 21 avril 2025. Photo d'archives Philippe HAGE BOUTROS/L'Orient-Le Jour
La Banque mondiale (BM) a annoncé, dans un communiqué diffusé mardi, avoir approuvé la veille un nouveau financement de 350 millions de dollars - réparti en deux prêts - destiné à aider le Liban à répondre « aux besoins de base des populations pauvres et vulnérables pendant sa reprise économique et financière », à la suite de la crise socio-économique qui a commencé en 2019. Ce financement vise également à améliorer « la fourniture de services publics à fort impact grâce à la transformation numérique du secteur public », précise l’institution financière.
« Le Liban connaît une reprise fragile. Le nouveau programme de financement de la Banque mondiale est conçu pour générer des bénéfices larges et à fort impact pour l’ensemble de la société, en faisant progresser la protection sociale, l’inclusion économique et la transformation numérique », a déclaré Jean-Christophe Carret, directeur de division de la BM pour le département Moyen-Orient. « Ces efforts renforceront la reprise économique du Liban, la création d’emplois et la capacité du pays à fournir des services publics à fort impact à tous ses citoyens », a-t-il ajouté.
Dans son communiqué, la BM rappelle que « les crises multidimensionnelles que traverse le Liban ont fortement aggravé des difficultés économiques et sociales préexistantes, plongeant une partie croissante de la population dans la pauvreté et exposant les ménages à une insécurité alimentaire aiguë, à une mauvaise nutrition et à un accès limité aux soins de santé, avec des conséquences importantes sur le capital humain ». Elle souligne également que « les investissements approuvés concernent deux nouveaux projets visant à améliorer concrètement les conditions de vie de la population, en assurant une protection sociale aux plus démunis, en favorisant l’inclusion économique des femmes, des jeunes et des groupes vulnérables, en renforçant les systèmes de protection sociale et en accélérant la numérisation de services publics clés ».
Le premier prêt de 200 millions de dollars sera alloué au Projet de renforcement du filet de sécurité sociale et de construction des systèmes (ESSN), que la BM finance désormais pour la quatrième fois. Selon l’institution, ce projet « vise à poursuivre le renforcement du système libanais de protection sociale ». Il prévoit notamment le renforcement de la plateforme DAEM, utilisée pour le programme d’aide AMAN, afin qu’elle devienne un registre social global au service d’autres programmes publics.
Les 150 millions de dollars restants financeront le Projet d’accélération numérique du Liban, destiné à « améliorer l’accès des citoyens aux services publics essentiels », à renforcer l’environnement numérique des entreprises, à développer les capacités de l’État en matière de plateformes numériques, de données et de cybersécurité, et à tester la numérisation de services publics à fort potentiel en matière de transparence et d’efficacité. Pour être déboursés, ces prêts devront être approuvés par le Conseil des ministres libanais, puis par le Parlement.
Début décembre 2025, la BM avait confirmé avoir suspendu des discussions en interne concernant de nouveaux prêts au Liban pour des projets sociaux, notamment l'un qui aurait un lien avec le programme ESSN, à travers lequel l’institution finance une aide aux plus vulnérables au Liban depuis les premières années de la crise qui a éclaté en 2019, avaient été reportées.
Une décision prise alors à la suite du blocage de plusieurs mois au Parlement d'autres prêts alloués par la BM. Des informations de presse avaient alors évoqué le « report de deux prêts d’une valeur de 300 millions de dollars, destinés aux ministères des Affaires sociales et du Développement administratif ». Le ministre des Finances Yassine Jaber avait déclaré à l’époque que le Liban risquait de perdre les prêts bloqués en plus de ceux en discussion, si le Parlement ne les approuvait pas.
Les trois prêts déjà accordés de la BM ont finalement été votés au Parlement mi-décembre : 250 millions de dollars pour financer la reconstruction des infrastructures du Liban-Sud endommagées lors de la guerre de 2024 avec Israël ; 257,8 millions de dollars pour améliorer les services d’approvisionnement en eau dans le Grand-Beyrouth et le Mont-Liban ; et 34 millions de dollars pour financer un projet de gestion budgétaire.


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