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Nawaf Salam en tournée à Tripoli après l’effondrement d’un immeuble : une femme coincée depuis deux jours localisée sous les décombres

Le Premier ministre Nawaf Salam s'est rendu sur les lieux du drame lundi. Le député Achraf Rifi a révélé pour sa part la construction prochaine de 700 à 1000 logements.

Nawaf Salam en tournée à Tripoli après l’effondrement d’un immeuble : une femme coincée depuis deux jours localisée sous les décombres

Des habitants de Tripoli inspectent l’immeuble qui s’est effondré ce week-end dans la capitale du Liban-Nord, le 26 janvier 2026. Photo relayée par notre correspondant Michel Hallak

Le Premier ministre Nawaf Salam s'est rendu lundi à Tripoli, chef-lieu du Liban-Nord et deuxième plus grande ville du pays, pour inspecter le site où un bloc de deux immeubles, dont un est constitué de cinq étages et l'autre de trois étages, s'est effondré vendredi dans le secteur de Kobbé. Il a également rendu visite aux personnes rescapées et aux équipes de secours, avant une réunion au Grand Sérail consacrée à ce dossier.

Parallèlement à cette tournée, la Défense civile a réussi, lundi matin, à localiser l'emplacement d'une jeune femme, Elissar, ensevelie sous les décombres depuis deux jours, selon notre correspondant au Liban-Nord, Michel Hallak. La jeune femme a été localisée grâce à une caméra spécialement utilisée dans ce genre de recherches et se trouve à 40 cm des secouristes, mais on ignore si elle est toujours en vie. Selon les secouristes, il faudra plusieurs heures supplémentaires pour surmonter les difficultés et les obstacles posés par les débris de béton et la nature de l'effondrement avant d'atteindre Elissar.

Ce drame a fait au moins un mort : Ahmad Abdelhamid el-Mir (66 ans), le père d'Elissar. La mère, Amal, la fille, Hadil, 18 ans, et le fils, Omar, ont pu être sauvés et sont soignés dans des hôpitaux de la ville.

Réagissant à la catastrophe, le Premier ministre Nawaf Salam s'est réuni à Tripoli avec le chef de la municipalité, Abdel Hamid Karimé, la mohafez du Liban-Nord par intérim, Imane Rifaï, ainsi que le secrétaire général du Haut comité de secours, Bassam Naboulsi, afin de préparer une réunion ministérielle prévue lundi à midi au Grand Sérail, consacrée aux bâtiments à risque.

M. Salam s'est ensuite rendu à l’hôpital Mazloum, où il a rencontré Omar el-Mir, puis à l’hôpital el-Nini, où il a pris des nouvelles de la mère, Amal el-Mir, à laquelle il a présenté ses condoléances pour le décès de son mari, selon des informations de notre correspondant au Liban-Nord, Michel Hallak.


« Tripoli n'est pas seule et j'ai préféré effectuer une inspection sur le terrain avant la réunion prévue à midi au Grand sérail, afin de trouver une solution globale au problème des bâtiments endommagés », a déclaré Nawaf Salam, qui s'est également rendu sur les lieux du drame, à Kobbé, où il a rencontré les équipes de secours qui poursuivent les travaux de déblaiement pour retrouver Elissar. Le Premier ministre a également été informé par le chef de la Défense civile de Tripoli, Wassef Karimé, des procédures mises en œuvre et des dernières informations relatives à l'opération de recherche et de sauvetage. Il s'est ensuite entretenu par téléphone avec le directeur de la Défense civile, le général de brigade Imad Koreiche. Ce dernier avait déclaré dimanche que les fouilles se font « à mains nues » pour donner à l'infirmière d'une vingtaine d'années plus de chances de survie.

Le Premier ministre a par ailleurs reçu lundi au Grand Sérail le mufti de Tripoli et du Nord, Mohammad Imam, et le mufti du Akkar, Zaid Zakaria. « Nous avons évoqué la situation à Tripoli et au Akkar, et le Premier ministre Salam est particulièrement préoccupé par le bien-être des citoyens, notamment par le problème urgent des bâtiments délabrés à Tripoli, qui met directement des vies en danger », a déclaré le mufti Imam à l'issue de la réunion.

Plusieurs parties ont déjà tiré la sonnette d'alarme face au risque d'effondrement de nombreux bâtiments à Tripoli, ville la plus pauvre du Liban qui souffre d’infrastructures gravement délabrées et d'un manque de financement. De nombreux édifices y ont été construits sans respecter les normes de sécurité en vigueur. Un recensement effectué par la municipalité a révélé l’existence de 600 à 1 000 immeubles menacés d’effondrement. Cette année, plusieurs bâtiments se sont effondrés dans la grande ville du Liban-Nord.

Projet de construction de 700 à 1000 logements

Comme annoncé lors de sa tournée à Tripoli, Nawaf Salam a tenu une réunion au Grand Sérail consacrée aux bâtiments à risque dans la grande ville du Liban-Nord, en présence du ministre de la Culture, Ghassan Salameh, des députés de Tripoli Achraf Rifi, Ihab Matar, Karim Kabbara, Taha Naji, Elie Khoury, Jamil Abboud et Haïdar Nasser. Étaient également présents, le président de la municipalité de Tripoli, celui de Mina, Abdallah Kabbara, le président du Syndicat des ingénieurs de Tripoli, Chawki Fatfat, et le secrétaire général du Haut-comité de secours, Bassam Naboulsi.

S'exprimant à l'issue de cette réunion, Achraf Rifi a révélé la construction prochaine de 700 à 1000 logements, pour faire face à la situation des bâtiments vétustes à Tripoli. « J'avais présenté un rapport et nous avons décidé de mettre en place une cellule de crise. Nous allons bâtir 700 à 1000 logements. Il y a environ 700 logements qui pourraient s'effondrer dans quelques années ».

« Les travaux commenceront immédiatement. Une équipe est à l'œuvre et la cellule de crise sera pleinement opérationnelle dès demain. Le Premier ministre a souligné qu'il n'y aura pas de plafond financier, confirmant que tout le nécessaire pour les travaux de renforcement et de construction d'abris sera fourni, quel qu'en soit le coût, et que tous les besoins essentiels seront satisfaits sans hésitation ni délai », a ajouté M. Rifi.

Le député a par ailleurs assuré que les personnes concernées par les travaux de consolidation auront accès à un hébergement temporaire et à une allocation de logement. Selon lui, 105 bâtiments seraient menacés à l'heure actuelle. Quant au futur complexe immobilier, il « offrira des logements respectant la dignité des citoyens », a-t-il ajouté. Achraf Rifi a également abordé la possibilité du soutien du Syndicat des ingénieurs au niveau de l'inspection des bâtiments menacés.

« Le Premier ministre a assuré qu'il est prêt à faire tout ce que Tripoli demandera », a ajouté Achraf Rifi. « Il s'est rendu aujourd'hui à Tripoli et a pu constater la situation par lui-même. Le Syndicat des ingénieurs et les municipalités de Tripoli et de Mina s'engageront pleinement dans ce projet, et nous travaillerons avec la diaspora et nos frères arabes à la construction de cités résidentielles pouvant accueillir un millier de familles, leur permettant ainsi de sortir de cette situation désespérée et de retrouver leur dignité », a-t-il ajouté.

Karamé en passe de lancer des travaux de restauration

De son côté, le député de Tripoli, Fayçal Karamé, a indiqué que « plus de 600 bâtiments sont au bord de l'effondrement » dans la ville, « dont une centaine dans un état extrêmement dangereux, avec des habitants qui n'ont pas d'autre alternative », lors d'une interview accordée lundi à la radio Voix du Liban. « Nous avons longtemps interpellé le gouvernement au sujet de ces bâtiments, mais en vain. J'ai toutefois pu constituer un dossier avec la municipalité de Tripoli, identifier les priorités et obtenir les fonds nécessaires pour lancer les travaux de restauration ou de reconstruction, ainsi que pour reloger les habitants », a-t-il déclaré.

Samedi, le Haut-comité de secours avait affirmé qu'au moins 105 immeubles à Tripoli devaient être évacués pour des raisons de sécurité. Il y a deux semaines, le député sunnite de Tripoli Achraf Rifi a affirmé qu'au moins 500 immeubles menaçaient de s'effondrer dans la ville, appelant le gouvernement à agir.

Réagissant lundi, l'Association nationale des propriétaires d'immeubles locatifs au Liban a estimé que « l'effondrement d'un immeuble résidentiel à Kobbé n'est pas un accident, mais plutôt la conséquence directe d'une négligence chronique et d'une législation inéquitable qui n'a pas été appliquée comme prévu », soulignant que « les anciens propriétaires perçoivent encore aujourd'hui des loyers dérisoires qui ne suffisent pas à couvrir le minimum des travaux d'entretien et de restauration, ce qui rend pratiquement impossible le maintien de la sécurité structurelle des bâtiments anciens et fait peser sur le seul propriétaire des risques qu'il ne peut assumer ».

La Confédération Générale des Travailleurs au Liban (CGTL) a appelé pour sa part le gouvernement « à consacrer toutes les ressources matérielles, humaines, techniques et sécuritaires disponibles à la rénovation des bâtiments délabrés à Tripoli et dans d'autres régions, afin de protéger les vies humaines et la sécurité publique. » « Ce qui s'est passé à Tripoli n'est pas un incident ordinaire ou isolé, mais bien l'aboutissement de décennies de négligence », a dénoncé la CGTL.



Le Premier ministre Nawaf Salam s'est rendu lundi à Tripoli, chef-lieu du Liban-Nord et deuxième plus grande ville du pays, pour inspecter le site où un bloc de deux immeubles, dont un est constitué de cinq étages et l'autre de trois étages, s'est effondré vendredi dans le secteur de Kobbé. Il a également rendu visite aux personnes rescapées et aux équipes de secours, avant une réunion au Grand Sérail consacrée à ce dossier.Parallèlement à cette tournée, la Défense civile a réussi, lundi matin, à localiser l'emplacement d'une jeune femme, Elissar, ensevelie sous les décombres depuis deux jours, selon notre correspondant au Liban-Nord, Michel Hallak. La jeune femme a été localisée grâce à une caméra spécialement utilisée dans ce genre de recherches et se trouve à 40 cm des secouristes,...