Le président français Emmanuel Macron (à gauche) serre la main du Premier ministre libanais Nawaf Salam lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, le 20 janvier 2026. Photo Ludovic MARIN/AFP
Le président français Emmanuel Macron recevra vendredi à Paris le Premier ministre libanais Nawaf Salam pour évoquer le fragile accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, ainsi que la poursuite du désarmement du groupe chiite, a indiqué jeudi l’Élysée. L'information avait été confirmée à L'Orient-Le Jour par deux sources diplomatiques, française et libanaise.
Lors de cette rencontre, Emmanuel Macron « rappellera son attachement au respect plein et entier du cessez-le-feu par toutes les parties » et soulignera « la nécessité, pour les autorités libanaises, d’engager la deuxième phase du plan visant à assurer le monopole de l’État sur les armes et la restauration pleine et entière de sa souveraineté», selon la présidence française. Malgré la trêve entrée en vigueur en novembre 2024, l’armée israélienne continue de mener régulièrement des frappes au Liban, affirmant viser le Hezbollah, qu’elle accuse de se réarmer.
Début janvier, l’armée libanaise avait annoncé avoir achevé le désarmement du Hezbollah dans la zone située au sud du fleuve Litani, à la frontière avec Israël. La deuxième phase du plan prévoit une extension progressive de ce processus au reste du territoire, mais le parti chiite a jusqu’à présent refusé de remettre ses armes au nord du Litani.
M. Macron « réaffirmera le plein soutien de la France aux Forces armées libanaises, pilier de la souveraineté nationale et de la stabilité du pays, en amont de la conférence internationale de soutien à la souveraineté du Liban, prévue le 5 mars à Paris sous sa présidence ». Cette conférence vise notamment à mobiliser des financements pour l’armée libanaise, confrontée à un manque de ressources financières et d’équipements.
Les deux dirigeants aborderont également « la poursuite des réformes économiques et financières indispensables à la consolidation de la souveraineté du Liban et au rétablissement de sa prospérité », a ajouté l’Élysée. Le gouvernement libanais a adopté fin décembre un projet de loi sur la répartition des pertes financières liées à la crise de 2019, un texte attendu de longue date par la communauté internationale.
Paris coordonne avec Doha et Riyad
En marge du Forum économique mondial de Davos, Nawaf Salam s’est entretenu jeudi avec le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, avec qui il a discuté « des évolutions de la situation régionale et de leurs répercussions sur le Liban », selon le Grand Sérail. Les préparatifs de la conférence de soutien à l’armée libanaise ont également été évoqués.
Lors d’une conférence de presse jeudi, le porte-parole du Quai d’Orsay a indiqué que M. Barrot avait « réaffirmé le plein soutien de la France aux autorités libanaises dans leurs efforts pour restaurer durablement la stabilité, la souveraineté et le fonctionnement des institutions du Liban ». Il a salué « les avancées réalisées au cours de l’année écoulée », notamment « l’engagement des autorités et de l’armée libanaise en faveur du monopole de l’État sur les armes », tout en encourageant la poursuite de ces efforts.
Le porte-parole a également insisté sur « l’importance de la poursuite des réformes économiques et financières », en particulier l’adoption rapide par le Parlement des textes nécessaires au redressement financier et à la conclusion d’un accord avec le Fonds monétaire international, estimant que ces réformes constituent « un préalable indispensable au retour de la confiance des investisseurs et de la communauté internationale ». Dans cette perspective, Jean-Noël Barrot a réitéré « la disponibilité de la France à accompagner le Liban à travers la préparation d’une seconde conférence internationale à Paris consacrée à la reconstruction et au relèvement économique du pays, une fois les conditions politiques et financières réunies ».
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En réponse à une question de journaliste, le porte-parole du Quai d'Orsay a aussi indiqué que lors de son entretien avec M. Salam, M. Barrot « a rappelé le plein soutien de la France aux efforts des autorités libanaises pour restaurer la souveraineté sur l'ensemble du territoire, dans le cadre de la deuxième phase annoncée il y a maintenant quelques semaines ». « Nos priorités sont le respect du cessez-le-feu du 27 novembre 2024 et la restauration de la souveraineté du Liban sur l'ensemble de son territoire, l'établissement notamment du monopole de l'État sur les armes sur l'ensemble du territoire libanais », a-t-il ajouté rappelant qu' « Israël, comme l'ensemble des parties, est tenu de respecter ses obligations au titre de l'accord de novembre 2024, mais plus largement au titre du droit international ».
Il a aussi rappelé que la France s'est « mobilisée » avec ses partenaires, les États-Unis, au sein du mécanisme de surveillance de cessez-le-feu. Interrogé sur l'utilité du « mécanisme », il a affirmé qu'il y a « toute une partie du mécanisme qui est la notification, qui est extrêmement importante (...) Mais après, effectivement, nous avons là des efforts à faire et des messages que nous passons aux autorités israéliennes ».
Jeudi également, Jean-Noël Barrot s’est entretenu avec le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, Mohammad ben Abdelrahman al-Thani, ainsi qu’avec son homologue saoudien Fayçal ben Farhan. Dans les deux cas, les responsables ont convenu de poursuivre leur coordination en vue de la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises, réaffirmant la nécessité de renforcer l’armée et le monopole de l’État sur les armes.
M. Salam s’est lui aussi entretenu avec le ministre saoudien des Affaires étrangères. Selon le Grand Sérail, il l’a informé des progrès réalisés par le gouvernement sur le plan des réformes, notamment concernant le monopole de l’État sur les armes sur l’ensemble du territoire libanais. Le Premier ministre s’est dit confiant dans les avancées sécuritaires du pays, en particulier le contrôle des aéroports et des ports, espérant que cela facilitera la levée des restrictions sur les exportations libanaises et les déplacements des citoyens saoudiens vers le Liban. De son côté, le ministre saoudien a salué les efforts du gouvernement libanais et exprimé son souhait de renforcer les relations bilatérales et de développer la coopération entre les deux pays dans tous les domaines.



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16 h 32, le 23 janvier 2026