Des membres des forces de sécurité du gouvernement syrien montent la garde près de la prison d’Al-Aqtan, dans la périphérie de la ville de Raqa, dans le nord-est de la Syrie, le 22 janvier 2026. Photo Bakr ALKASEM/AFP
« Nous ne lâchons pas les Kurdes » en Syrie, a assuré jeudi le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, soulignant que la France restait « engagée » dans le processus de soutien d'une Syrie incluant toutes les minorités.
« Nous ne lâchons pas les Kurdes, nous savons ce que nous leur devons. Ce sont nos frères d'armes », a déclaré Pascal Confavreux, alors que les forces kurdes font face à une avancée de l'armée syrienne dans le nord-est, le président Ahmad el-Chareh étant déterminé à étendre son autorité sur l'ensemble du pays. Les forces kurdes ont joué un rôle-clé, aux côtés de la coalition internationale antijihadiste menée par les Etats-Unis, pour combattre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie.
Un accord a été signé dimanche avec le président Ahmad el-Chareh, qui vise à intégrer les institutions civiles et militaires kurdes au sein de l'Etat syrien. Il porte un coup aux espoirs d'autonomie de cette minorité, qui avait instauré une zone autonome dans le nord et le nord-est au cours de la guerre civile (2011-2024), après avoir défait l'EI avec l'aide de la coalition internationale antijihadiste menée par les Etats-Unis. Damas prévoit que l'Etat syrien devienne « responsable » des prisonniers de l'EI et que l'administration kurde chargée de ce dossier soit « intégrée aux institutions étatiques », un revers pour cette minorité qui se sent lâchée par les Etats-Unis.
En France, la communauté kurde a multiplié les manifestations ces derniers jours, s'estimant également trahie par les autorités françaises. Le porte-parole du Quai d'Orsay a réfuté cela, soulignant que la France était impliquée à la fois pour « soutenir cette Syrie avec une pleine inclusivité des différentes communautés et en évitant toute violence » et pour « éviter toute résurgence de foyers de Daesh », le groupe jihadiste État islamique. « Le président de la République (Emmanuel Macron), le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères (Jean-Noël Barrot) se sont impliqués fortement avec leurs homologues pour faire cesser au maximum ces violences », a également réagi Pascal Confavreux.


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