Un drapeau groenlandais flotte au vent à Nuuk, au Groenland, le 20 janvier 2026. Photo de Jonathan Nackstrand / AFP
Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer a estimé mardi qu'il ne serait « pas judicieux » pour l'Union européenne de recourir à son instrument « anti-coercition », considéré comme un « bazooka », face aux menaces de Donald Trump sur le Groenland.
Son commentaire vient s'ajouter à celui d'autres représentants américains présents au Forum économique de Davos (Suisse) qui ont appelé les Européens à la retenue, notamment le secrétaire au Trésor Scott Bessent qui avait estimé lundi que des mesures de rétorsion de l'UE seraient très mal avisées.
Mardi, le président français Emmanuel Macron a une nouvelle fois invoqué le recours à l'instrument « anti coercition » de l'UE, rappelant que cette dernière doit « utiliser » les outils « très puissants » dont elle dispose en matière commerciale.
« Chaque pays va chercher à faire ce qui considère être de son intérêt national », a déclaré Jamieson Greer devant des journalistes en marge du forum de Davos.
« Et ceci a naturellement des conséquences », a-t-il ajouté, estimant qu'il serait « pas judicieux » d'activer cet instrument.
Cet outil, encore jamais utilisé, vise à répondre à tout pays qui utiliserait des armes commerciales pour faire pression sur l'un des 27 Etats membres.
Comparé par certains à un « bazooka » et pensé comme un instrument de dissuasion, il permet en particulier de limiter les importations provenant d'un pays ou son accès à certains marchés publics et de bloquer certains investissements.
Donald Trump a menacé d'imposer à huit pays européens, dont la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, de nouvelles surtaxes douanières en raison de leur opposition concernant le Groenland. L'Union européenne a promis une riposte.
Interrogé sur la réaction des Etats-Unis si les Européens refusaient de négocier une cession du Groenland, le représentant américain a répondu : « Quand les pays suivent mes conseils, en général tout se passe bien. Dans le cas contraire, des choses dingues se produisent ».
« Le marché américain ne sera pas toujours accessible pour tout le monde, tout le temps », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, le secrétaire américain au Commerce Howard Lutnick a appelé les Européens à « réduire la pression » concernant leurs menaces de rétorsions commerciales, sous peine sinon d'affecter l'accord commercial conclu en juillet avec Washington.
« Cela se ferait dans un sens qui ne bénéficierait pas à l'Europe », a-t-il dit.
Conclu à l'été en Ecosse, cet accord commercial prévoit des droits de douane de 15% sur les exportations européennes vers les Etats-Unis, mais leur suppression en ce qui concerne les exportations américaines vers l'UE.


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