Le président français Emmanuel Macron s'adresse à la presse après avoir prononcé un discours lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, le 20 janvier 2026. Photo Ludovic MARIN / AFP
Emmanuel Macron a dit mardi préférer « le respect » et « l'état de droit » aux « brutes » et appelé à ne pas « perdre son temps avec des idées folles », lors de son discours au Forum économique mondial de Davos qui sonnait comme une réponse à la diplomatie de Donald Trump.
Le président français a aussi déclaré qu'aucune « réunion » du G7 n'était prévue jeudi à Paris, un rendez-vous qu'il avait initialement proposé à Donald Trump -- dans un SMS rendu public par ce dernier -- pour tenter d'aplanir la crise transatlantique. Il y a à ce stade seulement « une disponibilité » français à en organiser une, a-t-il précisé à des journalistes.
« N'acceptons pas un ordre mondial qui serait décidé par ceux qui prétendent avoir la voix la plus forte, ou le bâton le plus fort », a martelé Emmanuel Macron en anglais, arborant des lunettes de soleil en raison d'un problème oculaire.
« Nous préférons le respect aux brutes (...), l'état de droit à la brutalité », a-t-il renchéri. « Ne perdons pas du temps avec des idées folles. N'ouvrons pas la boîte de Pandore », a-t-il ajouté, dénonçant à nouveau « un nouvel impérialisme ou nouveau colonialisme ».
Emmanuel Macron a aussi déploré la « concurrence des Etats-Unis via des accords commerciaux qui minent nos intérêts à l'export, demandent des concessions maximales et visent ouvertement à affaiblir et subordonner l'Europe ».
Le président américain martèle sa volonté de s'emparer du Groenland, et menace de taxes douanières accrues les Etats européens qui s'y opposent.
Son homologue français a pointé une situation « folle » où l'Union européenne pourrait avoir à utiliser son arme commerciale anticoercition « pour la première fois » contre Washington.
Cet instrument permet de limiter les importations provenant d'un pays, l'accès à certains marchés publics et de bloquer certains investissements quand ce dernier essaie d'imposer ses vues par la coercition économique.
« L'Europe a maintenant des outils très forts et nous devons les utiliser quand nous ne sommes pas respectés et quand les règles du jeu ne sont pas respectées », a insisté Emmanuel Macron.
OTAN « fragilisée »
Donald Trump veut aussi créer un « Conseil de paix » à sa main pour œuvrer à la résolution des conflits dans le monde, en concurrence avec l'ONU.
« La France et l'Europe sont attachées à la souveraineté nationale et à l'indépendance, et aux Nations unies et à leur charte », a souligné le président français.
Il a dit vouloir refaire du G7, que la France préside cette année, un « forum pour un dialogue franc » et pour des « solutions collectives et coopératives ».
Emmanuel Macron a par ailleurs confirmé qu'il rentrerait comme prévu mardi soir à Paris et ne rencontrerait donc pas Donald Trump qui arrive mercredi à Davos.
Alors qu'on lui demandait si le dirigeant américain était encore un allié, le président français a refusé de se prononcer. « C'est à lui d'apporter la réponse. C'est pas tout à fait les comportements qui vont avec, en effet, cette qualification », a-t-il toutefois lancé.
« On ne doit pas être agressé ou attaqué », a-t-il asséné. « Il ne faut pas céder à la loi du plus fort. »
Le chef de l'Etat a aussi estimé qu'en raison des tensions transatlantiques, l'OTAN était une instance « fragilisée ».
Devant un partenaire d'hommes d'affaires, Emmanuel Macron a par ailleurs plaidé pour « plus d'investissements directs chinois » dans les secteurs hightech en Europe pour « soutenir notre croissance et transférer des technologies ».
« Cette déclaration est emblématique du +en même temps+ (..) L'autonomie stratégique ne se bâtit pas en suppliant la Chine », a fustigé le chef du Rassemblement national (parti français d'extrême droite), Jordan Bardella, dans un message sur la plateforme X.


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