Des habitants de Aïn el-Héloué protestent contre la baisse du budget de l'Unrwa, le 20 janvier 2026. Photo Mountasser Abdallah
Des habitants du camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Héloué ont organisé un sit-in mardi devant le siège de l’Unrwa à Saïda, à l’appel du mouvement palestinien indépendant, pour protester « contre la réduction des services de l’Agence onusienne au peuple palestinien » et dénoncer « les mesures arbitraires à l’encontre de plusieurs employés palestiniens de l’Unrwa », rapporte notre correspondant au Liban-sud, Mountasser Abdallah.
Ce mouvement intervient quelques jours après l’annonce par l’agence chargée de venir en aide aux réfugiés palestiniens dans les pays d’accueil, de réduire de 20% des activités dans ses zones d’intervention à partir du 1er février 2026.
« Nous refusons de punir les employés de l’Unrwa en raison de leur appartenance nationale » ; « L’Unrwa est notre droit au retour », pouvait-on lire sur des pancartes brandies par les manifestants, aux côtés de drapeaux palestiniens.
Dans leurs prises de paroles, les protestataires ont appelé « à un soulèvement populaire pour faire face au (complot) qui se trame contre le peuple palestinien afin de tuer sa cause nationale ». Ils ont également exigé qu’ « aucune mesure de représailles ne soit prise contre les employés en raison de leur appartenance nationale », rejetant par la même occasion « toute atteinte à la carte naturelle de la Palestine ».
Les manifestants ont de plus relevé que « le peuple palestinien est confronté à une nouvelle Nakba », en référence à l'exode palestinien de 1948 durant lequel une grande partie de la population arabe de Palestine a été expulsée et a fui la région durant et pendant la guerre israélo-arabe. Ils ont dans ce cadre appelé les Palestiniens des camps du Liban « à un large sursaut de conscience avant que la cause nationale ne disparaisse ».
La décision de l’Unrwa devrait avoir un impact de taille sur les employés de l'agence au Liban, dont beaucoup sont Palestiniens, ayant pour conséquence une réduction des salaires et des heures de travail. Ces mesures devraient également se traduire, entres autres, au niveau de l'éducation des écoliers palestiniens par un passage à quatre jours de cours au lieu de cinq, selon des informations récoltées auprès de responsables palestiniens locaux.
Plusieurs manifestations ont eu lieu ces derniers jours. Jeudi dernier, des enseignants affiliés aux écoles de l'Unrwa ont organisé un sit-in dans le camp de Rachidiyé, au Liban-Sud. La semaine dernière déjà, des manifestants ont dénoncé, devant les locaux de l'agence à Beyrouth, la fermeture de certaines écoles, les coupures au niveau des aides médicales notamment pour les cancéreux, ainsi que l'arrêt des aides à la réhabilitation des habitations, souvent vétustes dans les camps.

