La Première dame Neemat Aoun présidant une réunion de la Commission nationale pour les affaires de la femme libanaise (NCLW), afin de soutenir le projet de loi sur le quota des femmes en vue des élections législatives de 2026, le 16 janvier 2026. Photo Ani
La Première dame Neemat Aoun a présidé vendredi une réunion de la Commission nationale pour les affaires de la femme libanaise (NCLW), consacrée au soutien d’un projet de loi visant à instaurer un quota féminin pour les élections législatives prévues en 2026.
Dans un Liban où la sous-représentation des femmes en politique demeure criante, les efforts se multiplient pour faire aboutir une législation imposant un quota avant le prochain scrutin. Aux côtés de la NCLW, plusieurs organisations de la société civile ainsi que des partenaires internationaux, dont le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), plaident pour l’adoption d’un projet de loi unifié garantissant un pourcentage minimal de femmes au Parlement et une participation politique plus équilibrée.
Dans son discours d’ouverture, Mme Aoun a indiqué que cette réunion visait à « annoncer une démarche pratique et audacieuse pour corriger un déséquilibre historique dans la représentation politique des femmes, à travers l’adoption d’un quota féminin de 33 % pour les prochaines législatives ». « Cette décision n’est pas une fin en soi, mais le début d’une mission visant à parvenir à une représentation juste et équitable des hommes et des femmes au Parlement et dans l’ensemble des instances décisionnelles », a-t-elle souligné.
La Première dame a par ailleurs insisté sur l’importance d’une approche collective, estimant que « le travail collaboratif entre les institutions officielles, la société civile, les organisations internationales, les experts et les professionnels constitue la seule voie pour obtenir des avancées concrètes et transformer les revendications en réalité ».
De son côté, Joëlle Abou Farhat, présidente de l’organisation Fifty Fifty, a rappelé que « seules huit femmes ont été élues aux élections de 2022, soit 6,25 % des députés, dans un pays où les femmes représentent plus de la moitié de la population ». « Ces chiffres sont inacceptables », a-t-elle regretté.
Mohammad Chamseddine, directeur des recherches au centre de statistiques Information International, a pour sa part présenté les grandes lignes du projet de loi, qui prévoit une modification de la loi n° 44 du 17 juin 2017 relative à l’élection des députés. Le texte propose d’imposer que « 40 % des candidats figurant sur les listes électorales soient des femmes » et que « 33 % des sièges parlementaires leur soient réservés ». « À l’issue des discussions, il a été convenu de poursuivre la préparation de la version définitive du projet de loi et de maintenir les efforts de plaidoyer en vue de son adoption », a-t-il précisé.
En novembre dernier, le Premier ministre Nawaf Salam avait mis en garde contre la faiblesse persistante de la représentation féminine au Liban, qu’il avait attribuée à « un système politique et social encore régi par des mentalités patriarcales ». Il avait alors appelé les femmes à participer « massivement » aux élections législatives de 2026, « en tant que candidates et électrices ».


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