Le président de la République, Joseph Aoun, préside une réunion sécuritaire, le vendredi 16 janvier 2026. Photo publiée sur le compte X de la présidence libanaise
Le président de la République, Joseph Aoun, a affirmé vendredi que des « efforts supplémentaires » devront être fournis pour « renforcer la sécurité et la stabilité » demandés par la « prochaine phase », lors d'une réunion sécuritaire en présence notamment du commandant en chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal. Les ministres de la Défense, Michel Menassa, et de l'Intérieur, Ahmad Hajjar, participaient également à la réunion.
« La prochaine phase nécessitera des efforts supplémentaires afin de renforcer la sécurité et la stabilité dans le pays », a déclaré le chef de l'État, selon un message sur X de la présidence libanaise, qui ne donne pas plus de précisions. Il n'était notamment pas clair si, par « prochaine phase », M. Aoun faisait référence à la seconde phase du désarmement des milices qui doit être lancée par l'armée libanaise. Celle-ci a affirmé avoir achevé la première phase du désarmement du Hezbollah, qui concernait la zone au sud du fleuve Litani, située jusqu'à plus de 30 kilomètres de la frontière avec Israël.
Le parti chiite pro-iranien refuse pour le moment de coopérer quant au démantèlement de son arsenal au-delà de cette zone, prévu par les quatre autres phases du plan de l'armée, approuvé en septembre par le gouvernement. La semaine dernière, le Conseil des ministres a chargé la troupe de préparer la deuxième phase de ce plan, qui porte sur la région située entre les fleuves Litani et Awali, dont les détails devront être présentés en février au gouvernement. Certains observateurs craignent qu'un désarmement forcé du parti chiite ne mène à des tensions internes.
Le salaire des militaires
M. Aoun a également demandé aux services de sécurité « d’élaborer des rapports précis sur leurs besoins afin que les participants à la conférence de Paris prévue le 5 mars prochain en aient une connaissance claire, dans l’objectif d’en assurer le succès ». Une conférence internationale de soutien à l'armée libanaise est organisée le 5 mars à Paris. Cette levée de fonds en faveur de la troupe, que la communauté internationale, et au premier rang les États-Unis, s'efforcent de renforcer parallèlement au désarmement du Hezbollah, sera la première depuis la conférence organisée à Paris en octobre 2024, en pleine guerre ouverte entre Israël et le Hezbollah. Près d’un milliard d’euros avaient été mobilisés.
Le chef de l'État a par ailleurs salué « la coopération et la coordination existantes entre les forces de sécurité à tous les niveaux », soulignant l’importance de « maintenir un haut niveau de préparation, d’assurer un suivi rigoureux et de fournir les informations nécessaires au bon déroulement du travail sécuritaire ».
Sur un autre volet, Joseph Aoun a rappelé que le Conseil des ministres « examine actuellement la majoration des salaires des militaires, au même titre que ceux des employés du secteur public ». Dans ce cadre, il a souhaité que « les ministres Menassa et Hajjar préparent les études nécessaires pour réexaminer les salaires et les indemnités des militaires ». L'armée libanaise est l'une des institutions publiques ayant le plus souffert de la crise économique et financière ayant touché le Liban en 2019, ses soldats voyant une baisse considérable de leurs salaires. Malgré une amélioration ces dernières années, ses membres peinent aujourd'hui à dépasser un salaire de 400 dollars par mois.


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