Des militaires français de la Finul, le 8 juillet 2025 sur une base de l'armée libanaise dans la région de Tyr au Liban-Sud. Photo d'archives Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour
La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a accusé vendredi l’armée israélienne d’avoir tiré une trentaine de balles sur une de ses positions près de Kfarchouba (Hasbaya), et dénoncé le largage jeudi par l’armée israélienne d’une grenade à « environ 30 mètres des Casques bleus » dans la localité de Adaïssé (caza de Marjeyoun). Aucun blessé n’est à déplorer dans les deux incidents, précise la force onusienne.
« Un char Merkava de l’armée israélienne, positionné au sud de la Ligne bleue, a tiré une trentaine de balles de petit calibre en direction d’une position de la Finul près de Kfarchouba », a précisé la force onusienne dans un communiqué. « Les tirs ont atteint un poste de sentinelle, et l’un des projectiles a pénétré dans l’un des logements du poste, probablement après un ricochet. Par chance, l’occupant n’était pas présent au moment de l’impact et aucun blessé n’est à déplorer », poursuit le texte. La Finul a indiqué avoir demandé à l’armée israélienne de cesser ses tirs par le biais du comité de supervision du cessez-le-feu.
Dans un communiqué distinct publié plus tôt dans la journée, la Finul a écrit que « toute action exposant les Casques bleus à un risque constitue une violation grave de la résolution 1701 du Conseil de sécurité et compromet la stabilité que nous nous efforçons tous de préserver ». Au moment de l’incident ayant eu lieu à Adaïssé, la Finul se préparait à inspecter une habitation après avoir découvert dans un bâtiment voisin un « engin explosif relié à un cordon ». La démarche faisait suite à l’avertissement par des habitants de « l’existence d’un danger potentiel dans une maison. » Selon nos informations, une unité de l’armée israélienne s’était infiltrée jeudi à l’aube pour faire exploser des habitations dans la localité. Les recherches de la Finul étaient menées conjointement avec l'armée libanaise.
La Finul avait signalé à plusieurs reprises ces derniers mois des tirs israéliens à proximité de son personnel ou dans sa direction. « Des incidents de ce type se produisent à une fréquence excessive et constituent une tendance préoccupante », avait-t-elle dénoncé le 2 janvier. Quelque 10 800 Casques bleus font tampon entre Israël et le Liban depuis mars 1978. Ils opèrent au Liban-Sud en coopération avec l'armée libanaise dans le cadre d'un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024 entre Israël et le Hezbollah. Israël aurait dû retirer ses forces dans la région, mais il les a maintenues dans cinq secteurs qu'il juge stratégiques et mène régulièrement des frappes dans le pays, affirmant viser des sites et des affiliés au Hezbollah, qu'il accuse de se réarmer. Le mandat de la Finul prend fin au terme de 2026, et ses troupes doivent avoir évacué complètement du Liban-Sud d’ici à la fin de 2027.
Rencontre entre Joseph Aoun et Simon Karam
Il convient de signaler par ailleurs que l'armée israélienne a effectué entre jeudi soir et vendredi matin deux frappes de drone sur des véhicules au Liban-Sud, dont l'une s'est avérée mortelle, rapporte notre correspondant dans la région Mountasser Abdallah.
A 23h jeudi, un drone a tiré deux missiles sur une voiture qui circulait entre Zaoutar al-Charkiyé et Mayfadoun, dans le caza de Nabatiyé. Le véhicule a pris feu et le conducteur a été tué sur le coup. Le Hezbollah a annoncé qu'il s’agissait de Walid Alliq, un de ses combattants originaire de Zaoutar al-Gharbiyé. Vendredi matin, une frappe similaire a pris pour cible une camionnette à Mansouri, dans le caza de Tyr. Le véhicule qui servait à la collecte de ferraille n'a pas été directement touché, mais des éclats l'ont atteint blessant légèrement son conducteur qui a été aussitôt hospitalisé.
Le président Aoun s'est par ailleurs entretenu vendredi au palais Baabda avec le négociateur civil libanais au sein du «mécanisme», l'ancien ambassadeur Simon Karam, avant la prochaine réunion du comité de supervision du cessez-le-feu, rapporte la présidence libanaise sur X. Cette réunion est prévue samedi, bien que des informations aient fait état d'un possible report, au regard de la tension régionale, induite par une éventuelle frappe américaine en Iran. La rencontre entre MM. Aoun et Karam est devenue routinière avant les rencontres du « mécanisme », qui incluent des représentants civils depuis début décembre, à l'exception de la réunion du 7 janvier.



C'est que le Hezbollah n'attaque pas! La Finul a toujours déclaré ce qui se passait. Votre gentillesse ,Oscar, face aux destructions et aux crimes israéliens au Liban me laissent perplexe!!
21 h 15, le 16 janvier 2026