Des soldats de la force de maintien de la paix des Nations Unies (FINUL) et des soldats de l'armée libanaise montent la garde à un poste de contrôle à Naqoura, près de la frontière libano-israélienne, dans le sud du Liban, le 27 octobre 2022. Photo REUTERS/Aziz Taher/Photo d'archive
La réunion du comité de surveillance du cessez-le-feu entre le Liban et Israël (dit le Mécanisme) s’est tenue mercredi à Naqoura (Liban-Sud), en l’absence des représentants civils, a indiqué une source militaire à L’Orient-Le Jour, sans fournir davantage de détails.
Selon l’agence al-Markaziya, étaient présents des représentants des armées libanaise et israélienne, des officiers américains et français, ainsi que le commandant de la Finul, la Force intérimaire des Nations unies au Liban. Contrairement aux réunions précédentes, l’ambassade des États-Unis à Beyrouth n’a publié aucun communiqué officiel.
Lors des deux réunions, les 3 et 19 décembre, le Liban avait envoyé le diplomate Simon Karam, et Israël Uri Resnic, son représentant civil. Le 19 décembre, l’ambassade américaine avait souligné que le comité s’était notamment penché sur les « priorités économiques » des deux pays, en plus des questions de « coopération » militaire et de reconstruction. Washington y était représenté par l’émissaire Morgan Ortagus, absente mercredi. « Elle serait en congé administratif », a confié à L’Orient-Le Jour une source sécuritaire. Selon al-Markaziya, Mme Ortagus aurait également exprimé sa réticence à participer à la réunion prévue le 7 janvier, estimant que «ces rencontres sont répétitives et qu’aucune avancée majeure n’y est réalisée».
Cette réunion du Mécanisme est intervenue à la veille d’un Conseil des ministres au cours duquel le gouvernement libanais devrait écouter le commandant en chef de l’armée, Rodolphe Haykal, et prendre connaissance du bilan mensuel sur la mise en œuvre du plan de désarmement des milices. La deuxième phase de ce plan, concernant le désarmement au nord du Litani, reste vivement contestée par le Hezbollah.
Malgré le cessez-le-feu entré en vigueur fin 2024 après un an de conflit, Israël mène des frappes régulières au Liban, affirmant viser principalement le Hezbollah et, occasionnellement, le Hamas. L’armée libanaise avait prévu d’achever fin 2025 le désarmement du Hezbollah au sud du Litani, avant d’étendre sa mission au reste du pays. Le président libanais Joseph Aoun avait assuré que le plan est « mis en œuvre avec professionnalisme et précision » et a démenti mercredi toute information selon laquelle l’armée n’aurait pas accompli ses missions. «Il n’y a aucune vérité dans ce que diffusent Israël et certains relais locaux au sujet du non-accomplissement par l’armée des missions qui lui sont confiées», a-t-il déclaré devant le secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, en tournée à Beyrouth.
Israël, de son côté, doute de l’efficacité de l’armée libanaise et accuse le Hezbollah de se réarmer. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a jugé dimanche insuffisants les efforts de désarmement.

