Une manifestation de solidarité avec le mouvement de contestation en Iran, organisée à Holon, en Israël, le 14 janvier 2026. Photo JOHN WESSELS / AFP
Quelques jours avant le début des manifestations en Iran, fin décembre, des responsables israéliens ont fait savoir aux dirigeants iraniens, par l’intermédiaire de la Russie, qu’ « Israël ne lancerait pas de frappes contre l’Iran s’il n’était pas attaqué en premier ». Téhéran a répondu par le même canal qu’il « s’abstiendrait lui aussi de toute attaque préventive », ont indiqué au Washington Post des diplomates et des responsables régionaux au fait de ces échanges.
Ces contacts entre Israël et l’Iran, ainsi que le rôle joué par la Russie comme intermédiaire, sont inhabituels au regard de l’hostilité qui oppose les deux rivaux du Moyen-Orient, qui s’étaient confrontés dans une guerre de douze jours en juin 2025, à la suite d'une attaque de Tel-Aviv.
Selon ces sources, ces contacts reflètent toutefois la volonté d’Israël « d’éviter d’être perçu comme à l’origine d’une escalade avec l’Iran ou comme l’initiateur de nouvelles attaques, à un moment où l’État hébreu se préparait à une importante campagne militaire contre le Hezbollah », allié de Téhéran. « Bien que les responsables iraniens aient accueilli favorablement ces démarches israéliennes, ils demeurent prudents quant aux intentions d’Israël », ont précisé deux sources au fait des échanges. Téhéran estime que, « même si ces assurances sont sincères, elles n’excluent pas la possibilité d’attaques américaines contre l’Iran dans le cadre d’une campagne coordonnée entre les deux alliés, tandis qu’Israël concentrait ses moyens militaires sur le Hezbollah ».
Les tensions étaient à leur comble en décembre 2025 entre Israël et le Hezbollah, sous pression pour un désarmement total. Le président libanais, Joseph Aoun, avait ensuite affirmé en début d'année que le spectre de la guerre s'était « éloigné », sans toutefois totalement disparaître.

