Des camionneurs menant un sit-in sur une portion de l'autoroute du littoral, près de Jiyé, le 14 janvier 2026. Photo fournie par notre correspondant Mountasser Abdallah
Des camionneurs ont effectué un sit-in pendant quelques heures dans la matinée sur une portion de l'autoroute du littoral, près de Jiyé (Chouf), sans bloquer la circulation dans les deux sens, pour protester contre les « conditions professionnelles extrêmement dures » auxquelles font face les professionnels du secteur.
Débuté à 6h du matin, le blocage partiel de la route a été levé vers 9h, selon l'Agence nationale d'informations (ANI, officielle), sous la supervision de l'armée et des Forces de sécurité intérieure.
Les syndicats et organisations du secteur des transports terrestres ont par la suite été reçus à 10h30 par le président de la Confédération générale des travailleurs libanais, Béchara Asmar. Les représentants de cette délégation ont ensuite publié un communiqué dans lequel ils interpellent le Premier ministre Nawaf Salam, rappelant que « l’accord conclu avec lui, en présence de plusieurs ministres concernés, n’a pas été appliqué à ce jour », alors même qu’il « ne fait peser aucune charge financière sur le Trésor » et vise à « réduire le chaos et renforcer la stabilité sociale ».
Selon eux, le secteur du transport terrestre demeure « miné par l’accumulation des crises, la hausse des coûts d’exploitation, l’absence de soutien public et le non-respect des lois en vigueur ». Ceux-ci ont ainsi souligné la nécessité « d’unir les efforts et d’organiser les rangs » pour défendre leurs droits et « préserver la dignité des travailleurs » d’un secteur qualifié de « pilier essentiel de l’économie nationale ».
Les syndicats ont appelé à ce que le « plan de transport bloqué à la présidence du Conseil depuis 2011 » soit discuté et amendé si nécessaire, afin d'être mis en oeuvre et que le secteur puisse être mis « sur la voie d’une véritable réforme ». Ils ont également insisté sur « la nécessité de définir la place du secteur public légal du transport terrestre » dans tout plan de redressement, estimant que l’ignorer constitue « une marginalisation inacceptable ».
Enfin, les camionneurs ont dénoncé « la complaisance des autorités » face aux infractions du code de la route, notamment celles concernant les voitures privées opérant comme taxis, les plaques falsifiées, les chauffeurs étrangers, ainsi que la prolifération des tuk-tuks et des motos de transport de passagers, jugeant que ce laxisme représente « une menace directe pour la stabilité du secteur » et « une violation flagrante des lois ».

