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Dernières Infos - Manifestations

Plus de 50 manifestants tués en Iran depuis le 28 décembre, dénonce une ONG


L'ayatollah Ali Khamenei s'adresse à des étudiants lors d'une réunion à Téhéran le 3 novembre 2025. Photo KHAMENEI.IR / AFP

Plus de 50 manifestants ont été tués en Iran depuis le 28 décembre, début du mouvement de protestation qui défie le pouvoir, a annoncé vendredi une ONG.

« Au moins 51 manifestants, dont neuf enfants de moins de 18 ans, ont été tués et des centaines d'autres blessés durant les 13 premiers jours de la contestation à travers l'Iran », a déclaré l'ONG Iran Human Rights, basée en Norvège. Un précédent bilan, la veille, faisait état de 45 morts.

Carabines à plomb, canons à eau, gaz lacrymogène et coups : dans un communiqué commun, Amnesty International et Human Rights Watch (HRW) ont dénoncé les méthodes utilisées « pour disperser, intimider et punir des manifestants largement pacifiques », y voyant « une politique d'Etat bien ancrée ».

Ces manifestations sont les plus importantes en Iran depuis celles survenues après la mort en 2022 de Mahsa Amini, arrêtée pour avoir enfreint le strict code vestimentaire féminin.

Elles éclatent au moment où le pays est affaibli après la guerre avec Israël et les coups portés à plusieurs de ses alliés régionaux, tandis que l'ONU a rétabli en septembre des sanctions liées au programme nucléaire iranien.

Pahlavi lance un « appel urgent » à Trump

Le fils de l'ancien chah d'Iran et figure de l'opposition en exil a demandé vendredi à Donald Trump d'intervenir sans tarder dans la République islamique, où un mouvement de contestation contre le pouvoir prend de l'ampleur.

« Monsieur le président, ceci est un appel urgent et immédiat réclamant votre attention, votre soutien et votre action », a écrit Reza Pahlavi sur les réseaux sociaux. « Veuillez vous tenir prêt à intervenir pour aider le peuple iranien. »

Reza Pahlavi, qui vit près de Washington, n'a pas spécifié quel type d'intervention il attendait de la part du président américain, mais a justifié sa demande par la décision des autorités iraniennes de couper l'accès internet dans le pays et leur répression à l'encontre des manifestants.

« J’ai appelé les gens à descendre dans les rues pour se battre pour leur liberté et déborder par leur nombre les forces de sécurité. C'est ce qu'ils ont fait la nuit dernière », a-t-il observé.

« Vos menaces à l’encontre de ce régime criminel ont également tenu les nervis du régime à distance. Mais le temps presse. Les gens seront de nouveau dans la rue dans une heure. Je vous demande votre aide », a-t-il ajouté à l'intention de Donald Trump.

Celui-ci avait de nouveau menacé jeudi de « frapper très fort » l'Iran si les autorités réagissaient en tuant des manifestants.

Coupure d'internet depuis 24 heures

Entre-temps, la « coupure d'internet à l'échelle nationale » décidée par les autorités iraniennes en raison des manifestations en Iran dure depuis 24 heures, a souligné vendredi l'ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks.

« Cela fait maintenant 24 heures que l'Iran a mis en place une coupure totale d'internet à l'échelle nationale, la connectivité étant réduite à 1% de son niveau habituel », écrit l'organisation sur le réseau social X.

Des rassemblements ont eu lieu à Téhéran et ailleurs dans le pays, notamment à Tabriz (nord), dans la ville sainte de Mashhad (est) ainsi que dans l'ouest du pays à majorité kurde, notamment autour de la grande ville de Kermanshah. Sur plusieurs images que l'AFP n'a pas été en mesure d'authentifier à ce stade, on voit des manifestants mettre le feu à l'entrée de l'antenne régionale de la télévision d'Etat dans la ville d'Ispahan (centre).

Dans le même temps, la télévision d'Etat iranienne a diffusé vendredi des images de milliers de personnes participant à des contre-manifestations et clamant des slogans favorables aux autorités. Elle a aussi montré les dégâts causés selon elle par les protestataires, citant le maire de Téhéran selon lequel plus de 42 bus, véhicules publics et ambulances ont été incendiés, ainsi que 10 bâtiments officiels.

Discours de Khamenei

De son côté, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a averti vendredi que son pays ne « reculerait pas » face à une vague de contestation qui prend de l'ampleur et pose un sérieux défi à la République islamique en place depuis 1979. « Mort au dictateur » : dans les rues de Téhéran et d'autres grandes villes, des Iraniens réclament désormais ouvertement la fin de cette théocratie chiite, après quasiment deux semaines d'un mouvement initialement lié au coût de la vie.

Devant ses partisans scandant en écho « mort à l'Amérique », Ali Khamenei a adopté un ton offensif, dans un discours diffusé par la télévision d'Etat. « La République islamique ne reculera pas face aux saboteurs », a-t-il lancé. « Hier soir, à Téhéran, une bande de vandales est venue détruire un bâtiment (...) pour faire plaisir au président américain », a dénoncé le guide suprême.

Mais « l'arrogant » Donald Trump sera « renversé », à l'image de la dynastie qui a gouverné l'Iran jusqu'à la Révolution islamique de 1979, a-t-il averti. Il l'a accusé d'avoir les mains « tachées du sang de plus d'un millier d'Iraniens », dans une référence apparente à la guerre de 12 jours déclenchée en juin par Israël et à laquelle les Etats-Unis s'étaient associés.

Le Conseil national de sécurité iranien a pour sa part averti vendredi que le pouvoir judiciaire et les forces de sécurité ne feraient « aucun compromis avec les saboteurs ». Selon le groupe de défense des droits humains Haalvsh, qui évoque un nombre indéterminé de victimes, des manifestants ont été pris pour cible à Zahedan (sud-est) après la prière du vendredi.

La France a appelé les autorités iraniennes « à la plus grande retenue » dans leur réponse à ce mouvement, l'UE condamnant pour sa part une violence « inacceptable » et réclamant le rétablissement de l'accès à internet.

Le Haut-Commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme, Volker Türk, a réclamé vendredi une enquête « rapide » et « indépendante » sur les manifestants tués.

Plus de 50 manifestants ont été tués en Iran depuis le 28 décembre, début du mouvement de protestation qui défie le pouvoir, a annoncé vendredi une ONG. « Au moins 51 manifestants, dont neuf enfants de moins de 18 ans, ont été tués et des centaines d'autres blessés durant les 13 premiers jours de la contestation à travers l'Iran », a déclaré l'ONG Iran Human Rights, basée en Norvège. Un précédent bilan, la veille, faisait état de 45 morts. Carabines à plomb, canons à eau, gaz lacrymogène et coups : dans un communiqué commun, Amnesty International et Human Rights Watch (HRW) ont dénoncé les méthodes utilisées « pour disperser, intimider et punir des manifestants largement pacifiques », y voyant « une politique d'Etat bien ancrée ». Ces manifestations sont les plus importantes en Iran...