Cette vue aérienne montre des bâtiments enneigés à Nuuk, au Groenland, le 7 mars 2025. Photo Odd Anderson / AFP
Les Européens se préparent à « riposter » à toutes formes d'intimidations des États-Unis, a déclaré mercredi le ministre français des Affaires étrangères, interrogé sur les intentions affichées de Donald Trump d'acquérir le Groenland. « Quelle que soit la forme des intimidations et quelle que soit leur provenance, nous avons engagé un travail (...) au Quai d'Orsay, pour nous préparer à riposter, à répondre et à ne pas répondre seul » pour être « convaincant et percutant », a déclaré Jean-Noël Barrot sur la radio publique France Inter.
Selon lui, ce travail aboutira « dans les prochains jours » à un plan qui sera partagé avec les principaux partenaires de la France. Le ministre a rappelé qu'au-delà du Groenland, Washington avait pris récemment des sanctions économiques contre des personnalités européennes, dont l'ancien commissaire Thierry Breton, engagés pour une stricte régulation de la tech. « Face à ces marques d'intimidation, nous voulons agir, mais agir avec nos partenaires européens », a souligné le ministre, précisant que cela serait discuté lors d'une réunion avec ses homologues allemand et polonais ce mercredi.
« Nous formons ensemble un triptyque, un trio qui a une capacité d'entraînement sur l'Europe. Et c'est de cette question dont nous allons discuter en même temps », a-t-il ajouté.
Pour Jean-Noël Barrot, en dépit des déclarations de Donald Trump mardi sur les options pour acquérir le Groenland, les États-Unis « sont très attachés à l'alliance transatlantique, à l'OTAN ». M. Barrot a en outre fait part d'une conversation qu'il a eue avec le secrétaire d'État américain Marco Rubio, qui lui aurait assuré que Washington écartait une option militaire. « Il a écarté qu'on puisse imaginer que se produise au Groenland ce qui vient de se produire au Venezuela », a déclaré le ministre français, en référence à la capture par les États-Unis du président déchu Nicolas Maduro et aux affirmations du président américain selon lesquelles les États-Unis étaient « aux commandes » du pays.
Une « priorité de sécurité nationale pour les États-Unis »
Mardi, la porte-parole de la Maison-Blanche avait déclaré que Donald Trump étudiait « plusieurs options » pour acquérir le Groenland, y compris « utiliser l'armée ». Le président américain « a fait savoir clairement qu'acquérir le Groenland était une priorité de sécurité nationale pour les États-Unis et c'est vital pour tenir en respect nos adversaires dans la région arctique », a fait savoir Karoline Leavitt dans une déclaration transmise à l'AFP. « Le président et son équipe discutent de plusieurs options pour remplir cet objectif important de politique étrangère, et bien sûr, utiliser l'armée américaine est toujours une option à la disposition du commandant en chef », a-t-elle ajouté. Le ton déterminé de la Maison Blanche tranche avec les appels au dialogue, teintés d'alarme, venus d'Europe et du Groenland face aux revendications de Washington.
Les Européens avaient affiché quelques heures plus tôt leur soutien à cette immense île arctique, territoire autonome danois.
« Il revient au Danemark et au Groenland, et à eux seuls, de décider des questions concernant le Danemark et le Groenland », avaient déclaré les dirigeants européens, soulignant que le royaume danois fait « partie » de l'Otan comme les Etats-Unis, eux-mêmes liés au Danemark par un accord de défense.
Le Groenland et le gouvernement danois ont, eux, appelé à des pourparlers rapides avec le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, espérant dissiper des « malentendus ». « Nous ne partageons pas cette idée selon laquelle le Groenland serait couvert d'investissements chinois », a dit le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen. « Nous veillons sur le royaume », a insisté M. Løkke, ajoutant qu'il n'était pas utile de « dramatiser » les choses.
Le Danemark a fortement investi dans la sécurité arctique ces 12 derniers mois, allouant pour cela quelque 90 milliards de couronnes (1,2 milliard d'euros). Le président américain a tourné cette dépense en ridicule dimanche, en lançant: « Vous savez ce que le Danemark a fait récemment pour renforcer la sécurité du Groenland ? Ils ont ajouté un traîneau à chiens ».



Mais c’est tRump lui-même qui transmet le pouvoir au fils, au confrère et au gendre ! Mais il n’aurait pas pu être libanais — il ne parle qu’un seule langue, et celle-là, à peine.
12 h 36, le 07 janvier 2026