Le Conseil des muftis réuni sous la présidence du mufti de la République Abdellatif Deriane, le 6 janvier 2026. Photo parvenue à notre correspondant au Liban-Nord, Michel Hallak
Le Conseil des muftis du Liban, réuni à Dar el-Fatwa sous la présidence du mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane, a souligné mardi la nécessité pour tous les Libanais de « se rallier à l’État », jugé comme « la seule voie du salut » face aux crises et aux menaces pesant sur le pays.
Dans un communiqué publié à l’issue de la réunion, le Conseil a estimé que ce retour à l’État permettrait de « rétablir la sécurité, la stabilité et la sérénité », de restaurer « l’unité de l’État et l’exercice de son rôle naturel » et de permettre à l’armée et aux forces de sécurité légitimes « d’exercer pleinement leur autorité sur l’ensemble du territoire ».
Les muftis ont également insisté sur la nécessité de reconstruire « un État fort, capable et juste, qui protège tous les Libanais et rétablit son rôle et sa souveraineté », rappelant à cet égard la décision gouvernementale d’août dernier de restaurer le monopole sur les armes, « afin qu’aucun équipement ne demeure entre les mains d’une organisation en dehors du cadre de l’État et de ses forces légitimes ». L’armée libanaise avait présenté le 5 septembre au gouvernement un plan d’action sur le terrain, dont la première phase qui s'est achevée à la fin 2025 concernait le retrait des armes du Hezbollah au sud du fleuve Litani. Lourdement affaibli par sa dernière guerre contre l’État hébreu, le parti chiite a accepté de remettre son arsenal situé dans cette région, refusant de désarmer dans le reste du pays.
Le texte du Conseil des muftis a affirmé aussi que le Liban ne doit être « ni une base ni un couloir pour déstabiliser son environnement arabe. » Il a par ailleurs appelé la communauté internationale, et en particulier l’ONU et le Conseil de sécurité, à « assumer leurs responsabilités en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales », et à contraindre Israël à se retirer de tous les territoires libanais occupés et à cesser ses « actes hostiles quotidiens », notamment les atteintes aux civils et la destruction de maisons, en violation de l’accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024.
Les muftis ont parallèlement déploré les « affabulations » et les « tentatives visant à impliquer Dar el-Fatwa » dans l’affaire connue sous le nom d’ « Abou Omar », dans laquelle un garagiste originaire du Akkar s'est fait passer pour un représentant saoudien haut placé auprès d’hommes politiques, en leur affirmant qu’ils pouvaient obtenir le soutien de Riyad dans leurs campagnes, candidatures et activités, moyennant des paiements.
Réaffirmant enfin son attachement à la non-ingérence dans le travail de la justice, le Conseil a aussi réitéré son engagement en faveur du système démocratique parlementaire, de la tenue des prochaines législatives dans les délais constitutionnels, de l’application de l’accord de Taëf, du respect de la Constitution et de l’accompagnement des réformes engagées par le gouvernement, « dans un souci de justice et d’intérêt général ».


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