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Dernières Infos - Liban-Sud

Avant la réunion du comité de surveillance, Israël maintient la pression sur le Liban-Sud : deux tués à Kfardounine

Durant la nuit, l’armée israélienne a détruit un immeuble de trois étages dans la cité industrielle de Siniq, dans le sud de Saïda.

Avant la réunion du comité de surveillance, Israël maintient la pression sur le Liban-Sud : deux tués à Kfardounine

Vue des dégâts dans la cité industrielle de Siniq, dans le caza de Saïda, après des frappes israéliennes violentes dans la nuit de lundi à mardi. Photo relayée par Mountasser Abdallah

Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait deux morts mardi, a indiqué le ministère de la Santé, à la veille d'une réunion du comité de surveillance du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah. Depuis lundi, Israël a intensifié ses opérations dans le sud et l’est du pays, affirmant viser le parti chiite et le Hamas.

La frappe qui a fait deux morts s'est produite à Kfardounine, dans le caza de Bint Jbeil, visant deux personnes qui se trouvaient sur le toit d’un hangar. Abbas Hussein Mahmoud, l'une des victimes, sera enterré mercredi à Deir Kifa (caza de Tyr), a annoncé le Hezbollah. Son frère avait été tué lors de la précédente guerre entre le Hezbollah et Israël, selon les informations de notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah. Le porte parole arabophone de l’armée israélienne Avichay Adraee a annoncé en soirée que l'armée a visé « deux terroristes » du Hezbollah, accusés de travailler à la « reconstruction d'infrastructures militaires » du parti chiite. Selon lui, l’un d'eux était « ingénieur au sein du complexe et dirigeait les efforts de reconstruction du Hezbollah ».

Malgré le cessez-le-feu entré en vigueur fin 2024 après un an de conflit, Israël mène des frappes régulières au Liban, affirmant viser principalement le Hezbollah et occasionnellement le Hamas. Ces attaques visent « à contrecarrer tous les efforts menés au niveau local, régional et international pour mettre un terme à l’escalade israélienne en cours, malgré la réponse apportée par le Liban », a déclaré mardi le président libanais Joseph Aoun. Le comité de surveillance du cessez-le-feu, composé des États-Unis, de la France, du Liban, d’Israël et des Nations unies, doit se réunir mercredi. Le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, est également en visite au Liban et doit rencontrer des responsables locaux.

Le gouvernement libanais discutera cette semaine du plan de désarmement du Hezbollah, lancé sous forte pression américaine, alors que des craintes persistent quant à une intensification des frappes israéliennes. Le site israélien Walla, citant des sources de sécurité israéliennes, affirme qu’« il n’est pas envisagé de réduire la présence des forces israéliennes à la frontière libanaise » et que des opérations pourraient être menées « même dans la banlieue sud de Beyrouth, si nécessaire ». Selon ces mêmes sources, « le Hezbollah coordonne ses opérations avec l’armée libanaise, ce qui suscite des inquiétudes en Israël quant à un possible renforcement de cette coopération. Cette préoccupation a été transmise aux autorités américaines ». Le site ajoute que « l’Iran continue de transférer au Hezbollah, directement et via la Syrie, des fonds et du matériel de combat ».

L’armée libanaise devait achever fin 2025 le désarmement du Hezbollah au sud du Litani, à environ 30 km de la frontière israélienne, avant d’étendre sa mission au reste du pays. Joseph Aoun assure que ce plan est « mis en œuvre par l’armée avec professionnalisme et précision ». Israël, de son côté, doute de l’efficacité de l’armée libanaise et accuse le Hezbollah de se réarmer. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a jugé dimanche insuffisants les efforts de désarmement.

Un immeuble de trois étages détruit

Dans la nuit de lundi à mardi, des frappes israéliennes ont détruit un immeuble de trois étages dans la cité industrielle de Siniq, dans le sud de Saïda, provoquant des dégâts dans plusieurs magasins et bâtiments voisins, ainsi que sur des véhicules et câbles électriques. Deux ouvriers ont été blessés. Auparavant, l’armée israélienne avait mené trois frappes dans le secteur de Daliyé, à Saksakiyé, sans faire de victimes mais causant des dommages matériels.

Selon le site al-Modon, un lien existerait entre le bombardement d’une maison à Anane (dans le caza de Jezzine), lundi soir, et celui de la zone industrielle de Siniq. La maison visée à Anane appartiendrait à un membre de la famille Qawam, originaire de Saïda, et serait louée à un Palestinien affilié au Hamas. Le bâtiment de Siniq, également propriété de la famille Qawam, abriterait un atelier et une forge, loués à la même personne en partenariat avec un membre de la famille Chreiteh.

« La transformation de localités paisibles en zones militaires »

Au lendemain de ces frappes dans le caza de Jezzine, les Forces libanaises de la région ont « mis en garde contre les graves dangers que représente la présence d’armes illégales dans des villages densément peuplés ». « La transformation de localités paisibles en zones militaires, imprégnées de scènes de destruction et de mort, est la conséquence directe des politiques de l’axe de la 'moumanaa' et de ses alliés, qui persistent à maintenir le Liban otage d’une arme incontrôlée, échappant à l’autorité de l’État, et à entraîner les citoyens dans des conflits qui ne les concernent en rien », ajoutent les FL. Dans ce cadre, elles appellent « l’État libanais à agir immédiatement et avec fermeté, en réservant le port des armes exclusivement aux forces légitimes, sans aucune exception, et en prenant le contrôle de l’ensemble des installations et sites à caractère militaire ».

La Chambre de commerce de Saïda et du Liban-Sud a elle, en référence à la frappe dans la cité industrielle de Siniq, dénoncé « l’agressivité israélienne visant systématiquement les secteurs productifs et économiques du Sud » et appelé le gouvernement à indemniser rapidement les propriétaires. Le président du conseil municipal de Saïda, Moustapha Hijazi, a inspecté le site de Siniq et dénoncé une « agression criminelle ». Le vice-président de la Jamaa Islamiya, Bassam Hammoud, et le chef du parti nassériste, Oussama Saad, se sont eux aussi rendus sur les lieux. La Jamaa Islamiya a condamné les attaques israéliennes, tout en dénonçant « les autorités libanaises incapables de protéger leur souveraineté et leurs citoyens ». Le député issu de la Contestation, Melhem Khalaf, s'est lui rendu à Khiam dans le caza de Marjeyoun au Liban-Sud, où il a assisté à la messe de l’Épiphanie célébrée à l’église Saint-Antoine-le-Grand. Il a affirmé se tenir « aux côtés des habitants du Sud », soulignant que « cette terre rassemble ses enfants de toutes confessions autour des valeurs de la résilience et du vivre-ensemble ».

Bombes sonores, drones et tirs à la mitrailleuse

Les incidents et attaques israéliennes se sont poursuivis mardi au Liban-Sud. À Yarine (caza de Tyr), un habitant s’est rendu sur ses terres et a constaté que l’armée israélienne avait bloqué la route à environ 900 mètres de la frontière avec du sable, des rochers et un poteau électrique, selon notre correspondant.

Un drone israélien a par ailleurs largué une bombe sonore sur Boustane (caza de Tyr). Dans le caza de Hasbaya, l’armée israélienne a tiré à la mitrailleuse sur certaines zones de Kfarchouba depuis son site de Roueissat el-Alam, tandis que d’autres drones survolaient la plaine de Zahrani (caza de Saïda). Dans le sud de Kfarchouba, à Bastra, deux bombes sonores ont été larguées par un drone israélien, et des tirs de ratissage ont été signalés depuis la colline occupée de Hamames, au sud de Khiam (caza de Marjeyoun). Dans le caza de Bint Jbeil, un drone a largué une bombe sonore sur des habitants de Aïta el-Chaab qui inspectaient les dégâts dans leurs maisons.

L'armée libanaise a elle entamé mardi matin des travaux de terrassement dans le quartier de Ksaïr, à l’est de Meis el-Jabal (caza de Marjeyoun), afin d’y construire un poste militaire. Une démarche qui vise à rassurer les habitants et à prévenir toute nouvelle incursion israélienne dans une zone du territoire libanais où l’armée de l’État hébreu s’infiltre quasi quotidiennement, selon notre correspondant. Elle a également retrouvé un drone israélien tombé à Adayssé (Marjeyoun).

Du côté de la Békaa, notre correspondante dans la région, Sarah Abdallah a, elle, rapporté la présence de drones israéliens au-dessus de plusieurs villages de la chaîne orientale, dont Khodr, Hawr Taala, Brital, Taybé et Douris. Le député du mouvement Amal, Kabalan Kabalan, s’est rendu dans les quartiers touchés la veille par les bombardements israéliens à Manara et Aïn el-Tiné, dans la Békaa-Ouest. Dans une déclaration, il a estimé que « les agressions israéliennes répétées traduisent une approche offensive persistante », précisant que sa visite visait à « se tenir aux côtés des habitants dans l’épreuve », et affirmant qu’Israël « n’a pas réussi et ne réussira pas à briser la volonté de ce peuple ».

Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait deux morts mardi, a indiqué le ministère de la Santé, à la veille d'une réunion du comité de surveillance du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah. Depuis lundi, Israël a intensifié ses opérations dans le sud et l’est du pays, affirmant viser le parti chiite et le Hamas.La frappe qui a fait deux morts s'est produite à Kfardounine, dans le caza de Bint Jbeil, visant deux personnes qui se trouvaient sur le toit d’un hangar. Abbas Hussein Mahmoud, l'une des victimes, sera enterré mercredi à Deir Kifa (caza de Tyr), a annoncé le Hezbollah. Son frère avait été tué lors de la précédente guerre entre le Hezbollah et Israël, selon les informations de notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah. Le porte parole arabophone de l’armée...