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Moyen Orient et Monde - Gaza

ONG interdites à Gaza : MSF pourrait mettre fin à ses activités en mars

La suspension de 37 ONG par Israël s'explique par le fait qu'elles « témoignent sur les violences commises par l'armée israélienne » à Gaza, estime la présidente de MSF.

Un Palestinien, s'appuyant sur ses béquilles, se rend à la clinique de Médecins Sans Frontières (MSF) dans le quartier d'al-Rimal, à Gaza, la veille du Nouvel An, le 31 décembre 2025. Photo : Omar al-Qattaa / AFP

L'ONG Médecins sans frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny.

Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, sous prétexte que celles-ci n'ont pas communiqué la liste des noms de leurs employés dans l'enclave avant le 1ᵉʳ janvier 2026.

Cette décision, également condamnée par le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, qui a appelé Tel-Aviv à faire machine arrière, va entraîner la suspension des licences de ces ONG pour opérer dans l'enclave dévastée et toujours soumise à un blocus israélien sur l'entrée de l'aide humanitaire malgré la trêve.


« Ingérence scandaleuse »

MSF a qualifié cette décision, prise officiellement pour raison de « sécurité », d'« ingérence scandaleuse ». « Pour travailler en Palestine, dans les territoires palestiniens occupés, nous devons être enregistrés (...) Cet enregistrement a pris fin le 31 décembre 2025 », a expliqué sur France Inter Isabelle Defourny, médecin et présidente de MSF France.

« Depuis le mois de juillet 2025, nous étions impliqués dans un processus de réenregistrement et à ce jour, nous n'avons pas reçu de réponse. (...) On a encore 60 jours pendant lesquels on pourrait travailler sans être réenregistrés, et donc nous devrions mettre fin à nos activités en mars », si Israël maintenait sa décision de sanction, a-t-elle ajouté.

L'ONG dispose d'une quarantaine de personnels internationaux dans la bande de Gaza et travaille avec 800 personnels palestiniens dans huit hôpitaux.

« On a encore du staff international qui, très récemment, ces derniers jours, a pu rentrer dans Gaza », a néanmoins précisé Mme Defourny.

« On est le second distributeur d'eau (dans la bande de Gaza). L'année dernière, en 2025, on a pris en charge un peu plus de 100 000 personnes blessées, brûlées, victimes de différents traumatismes. On est les deuxièmes en nombre d'accouchements effectués », a encore souligné la présidente de MSF France.

S'appuyant notamment sur une note du Cogat, l'organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes, Isabelle Defourny a estimé que la décision de sanction israélienne s'expliquait par le fait que les ONG « témoignent sur les violences commises par l'armée israélienne » à Gaza.

« Les journalistes internationaux n'ont jamais été autorisés à Gaza, les journalistes nationaux sont (...) ciblés les uns après les autres, tués par l'armée israélienne », a-t-elle ajouté. Et de rappeler que « plus de 500 humanitaires ont été tués, dont 15 membres de MSF » dans des bombardements de l'armée israélienne depuis octobre 2023.

L'ONG Médecins sans frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny.Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, sous prétexte que celles-ci n'ont pas communiqué la liste des noms de leurs employés dans l'enclave avant le 1ᵉʳ janvier 2026.Cette décision, également condamnée par le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, qui a appelé Tel-Aviv à faire machine arrière, va entraîner la suspension des licences de ces ONG pour opérer dans l'enclave dévastée et toujours soumise à un blocus israélien sur l'entrée de l'aide...
commentaires (2)

Israel veut que les ONG internationales donnent a son armee la liste des employes Palestiniens qui y travaillent. Sans doute pour pouvoir faciliter leur elimination. Comme elle le fait systematiquement depuis plus de deux ans.

Michel Trad

17 h 54, le 03 janvier 2026

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Commentaires (2)

  • Israel veut que les ONG internationales donnent a son armee la liste des employes Palestiniens qui y travaillent. Sans doute pour pouvoir faciliter leur elimination. Comme elle le fait systematiquement depuis plus de deux ans.

    Michel Trad

    17 h 54, le 03 janvier 2026

  • Voilà ce qui se passe quand des associations ou des ONG se pensent au-delà des gouvernements et agissent différemment de leurs missions premières !!!

    Ludovic Hasquette

    17 h 40, le 03 janvier 2026

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