Talik et Itsik Gvili, les parents de Ran Gvili — le dernier otage encore retenu à Gaza à la suite de l’attaque meurtrière menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 — assistent à une cérémonie d’allumage de la ménorah, lors de la troisième soirée de la fête juive de Hanouka, à Meitar, en Israël, le 16 décembre 2025. Photo Amir Cohen/ Reuters
Une Israélienne, ex-otage du Hamas, a affirmé lors d'une interview télévisée avoir été victime de plusieurs agressions sexuelles au début de sa détention à Gaza, une déclaration rare depuis la libération de tous les captifs du territoire palestinien.
« Plus personne ne me dira de me taire (...). Je suis là, j'ai gagné », a affirmé Romi Gonen, 25 ans, dans deux interviews à la chaine 12, la dernière diffusée jeudi soir.La jeune femme évoque « différentes formes d'agressions sexuelles en captivité, de la part de quatre hommes différents, avec des degrés de gravité variable ». Sans jamais explicitement prononcer le mot « viol », elle suggère clairement en avoir été victime.
Plusieurs Israéliens et une autre femme ont déjà affirmé avoir subi des agressions sexuelles en captivité. Le Hamas n'en a jamais admis aucune.
Un jour, raconte-t-elle, « tout se passe dans la chambre, sans aucun bruit. Je commence à pleurer de façon incontrôlable ». L'homme lui « fait signe +fais attention+, le doigt sur la bouche. +Si tu ne te calmes pas, je vais me mettre en colère+ ».
Une autre agression, dit-elle, « a duré presque une demi heure". A un moment, se souvient-elle encore, « je me suis dis: +Romi, tout Israël croit que tu es morte, alors qu'en fait tu vas être son esclave sexuelle à tout jamais+ ». Elle raconte aussi qu'un de ses agresseurs, assis dans un canapé, la regarde et lui demande: « Romi, ça va ou non ? ». « Dans ma tête, je me dis +fils de pute, comment peux-tu me poser cette question ?+ (...) Et là, il s'approche de moi, me met le pistolet sur la tempe et me dit: +si tu racontes ça à qui que ce soit, je te tue+ ».
Romi Gonen était au festival de musique Nova à Réïm, près de Gaza, lorsqu'elle a été enlevée le 7 octobre 2023 lors de l'attaque du Hamas en Israël qui a déclenché la guerre à Gaza. Elle n'a été libérée qu'en janvier 2025. Sur les 251 personnes - Israéliens et étrangers, civils et militaires, morts et vivants - enlevées le 7 octobre, toutes ont été remis à Israël, à l'exception de la dépouille d'un policier. Romi Gonen relate aussi avoir rencontré celui qui se révèlera plus tard être Ezzedine Al-Haddad, alors commandant de la brigade du nord de Gaza du Hamas. Il lui promet une libération rapide mais ne tiendra pas parole.
Interrogée par l'AFP, le Hamas a affirmé que ces « allégations (...) (étaient) toutes fausses ». Le mois dernier, Amnesty International avait accusé le Hamas et d'autres groupes armés palestiniens de crimes contre l'humanité, dont la torture, la disparition forcée, le viol et « d'autres formes de violences sexuelles ». Le Hamas avait rejeté fermement le rapport, jugeant « malveillantes » les motivations derrière sa publication.


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