Le ministre taliban de l'Intérieur, Sirajuddin Haqqani, prenant la parole lors d'une parade militaire, à l'occasion du troisième anniversaire de la prise de pouvoir par les talibans, le 14 août 2024. Ahmed Sahel Arman/AFP
Le gouvernement taliban en Afghanistan coopère avec le Tadjikistan et enquête sur un affrontement à la frontière entre les deux pays qui a fait cinq morts dont deux gardes-frontières tadjiks, a déclaré samedi le ministre afghan des Affaires étrangères Amir Khan Muttaqi.
Jeudi, le Comité de sécurité nationale tadjik avait annoncé que trois membres d'une organisation qualifiée de « terroriste » avaient franchi « illégalement » la frontière dans la province tadjike de Khatlon, voisine de l'Afghanistan. A la suite d'un affrontement avec les gardes-frontières tadjiks, ces trois personnes ont été tuées, avait précisé le Comité, mais deux-gardes-frontières ont également perdu la vie.
« Récemment, des incidents se sont produits à la frontière entre le Tadjikistan et l'Afghanistan, sur le territoire tadjik », a déclaré le ministre afghan lors d'un discours à Kaboul marquant le 46e anniversaire de l'invasion soviétique en Afghanistan.
« Nous avons entamé une enquête sérieuse à ce sujet. J'ai parlé au ministre des Affaires étrangère tadjik et nous travaillons ensemble pour prévenir de tels incidents », a ajouté M. Muttaqi.
« Nous craignons que des cercles malveillants veuillent détruire les relations entre deux pays voisins », a-t-il encore précisé sans donner de détails.
Le Tadjikistan partage une frontière montagneuse d'environ 1.350 kilomètres avec l'Afghanistan et a des relations tendues avec les autorités talibanes revenues au pouvoir en 2021.
A rebours des autres dirigeants centrasiatiques, le président tadjik, Emomali Rakhmon, au pouvoir depuis 1992, est le seul à être ouvertement critique et exhorte ces dernières à mieux respecter les droits des tadjiks d'Afghanistan.
Début décembre, les autorités tadjikes avaient annoncé que cinq Chinois avaient été tués et plusieurs blessés dans deux attaques distinctes le long de la frontière avec l'Afghanistan.
Le chef de la diplomatie des talibans avait condamné ces attaques et rappelé que « l'Émirat islamique était pleinement disposé à mener des enquêtes conjointes ».
Selon un rapport de l'ONU du mois de décembre, des combattants du groupe jihadiste Jamaat Ansarullah, dont « le but principal est de déstabiliser la situation au Tadjikistan (...), sont présents dans plusieurs régions d'Afghanistan ». Douchanbé s'inquiète aussi de la présence en Afghanistan de membres de l'organisation jihadiste Etat islamique au Khorassan.


« Plainte » contre l'Iran : pourquoi les Affaires étrangères ont dû mettre de l'eau dans leur vin