Des enfants se tiennent à côté d'un drapeau palestinien sur les décombres d'une maison démolie par les autorités israéliennes dans le village palestinien de Bazzaryah, en Cisjordanie occupée par Israël, le 24 décembre 2025. Photo Zain Jaafar/AFP
L'armée israélienne a annoncé avoir démoli mercredi la maison en Cisjordanie d'un palestinien accusé d'avoir participé en juillet à une attaque ayant coûté la vie à un israélien.
Le 10 juillet, un israélien de 22 ans avait été tué dans une zone commerciale proche du carrefour de Gush Etzion, à une quinzaine de kilomètres de Jérusalem. Les deux assaillants présumés avaient été abattus, selon l'armée israélienne.
Mercredi, des bulldozers de l'armée israélienne ont débarqué dans le village de Bazzaryah, dans le nord de la Cisjordanie occupée, détruisant la maison, vidée de ses résidents, appartenant à la famille de Malek al-Jabar Salem --un des assaillants présumés, âgé de 23 ans au moment de l'attaque. Les forces de l'armée israélienne « ont démoli la maison du terroriste qui a perpétré l'attaque à l'arme à feu et au couteau au carrefour de Gush, durant laquelle Shalev Zvuluni (...) a été assassiné », selon un communiqué de l'armée.
Hazem Yassine, à la tête du conseil municipal de Bazzaryah, a fustigé un « crime odieux ». Il a indiqué à l'AFP que les forces israéliennes avaient bouclé les entrées du village dès l'aube en prévision de l'opération de démolition menée par deux bulldozers. « Les écoles ont été fermées par précaution », a-t-il précisé, ajoutant que la famille avait déménagé après avoir été notifiée, il y a environ un mois, de la décision de démolir la maison. Des photos prises par un photographe de l'AFP après la démolition montrent des tas de décombres escaladés par des enfants palestiniens avec leur drapeau.
Israël, dont l'armée occupe depuis 1967 la Cisjordanie, détruit régulièrement les maisons de palestiniens accusés d'être les auteurs d'attentats mortels anti-israéliens. Le gouvernement défend l'effet dissuasif de ces démolitions, mais les détracteurs de cette pratique la dénoncent comme relevant du châtiment collectif et affectant des familles qui se retrouvent à la rue.
Les violences en Cisjordanie ont explosé avec la guerre de Gaza, déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas palestinien en Israël.

