Des Casques bleus et des soldats libanais montant la garde à un barrage dans la région de Naqoura, au Liban-Sud, le 27 octobre 2022. Photo d'illustration Aziz Taher/Reuters
Lors de la dernière réunion du comité de supervision du cessez-le-feu à Naqoura, au Liban-Sud, le 19 décembre, les délégations israélienne et américaine ont refusé que la France y soit représentée par un diplomate français, en plus de sa représentation militaire. Cette information, initialement rapportée dans le média al-Monitor, a été confirmée à notre journal par une source diplomatique au courant de l’affaire. Selon nos informations, Paris voulait intégrer un civil à la réunion, après que des diplomates libanais et israéliens ont rejoint le mécanisme depuis le 3 décembre, mais Israël et les États-Unis, représentés par un général de l’armée américaine et l’émissaire Morgan Ortagus, s’y sont opposés.
Al-Monitor a rapporté que les représentants israéliens avaient menacé de ne pas participer à la réunion si un diplomate français y assistait. Un responsable américain a de son côté indiqué, sous le couvert de l’anonymat, que ce refus était justifié par le fait que « ni Israël ni le Liban n’ont accepté un format multilatéral. Ils ont accepté des pourparlers directs » – au niveau diplomatique et non militaire – « uniquement en présence des États-Unis ». Cette source a confirmé au quotidien israélien Haaretz que la seule personne ayant représenté la France lors de la réunion était donc le général français nommé au sein du mécanisme et qui a déjà participé à plusieurs de ses réunions.
La réunion du 19 courant à Naqoura était la seconde sous le nouveau format incluant des diplomates israélien et libanais. Le comité de surveillance s’était notamment penché sur les « priorités économiques » pour les deux pays , outre les questions de « coopération » militaire et de reconstruction.
Les participants civils, soit le diplomate libanais Simon Karam, Morgan Ortagus et le chef adjoint du Conseil national israélien de sécurité Yossi Dreznin, avaient ainsi discuté des « conditions permettant aux habitants de retourner chez eux en toute sécurité, de la poursuite de la reconstruction et de la réponse aux priorités économiques ». Selon l’ambassade américaine, il avait été souligné pendant les pourparlers, les premiers directs entre les deux pays depuis des décennies, que « des progrès politiques et économiques durables sont essentiels pour renforcer les acquis en matière de sécurité et maintenir une paix durable ». La prochaine réunion du mécanisme aura lieu le 7 janvier 2026.
Les pourparlers à Naqoura avaient eu lieu au lendemain de la réunion organisée à Paris en présence du commandant en chef de la troupe Rodolphe Haykal, de Morgan Ortagus et de l’émissaire saoudien Yazid ben Farhane, au cours de laquelle avait été annoncée une conférence de soutien à l’armée libanaise.


L’armée israélienne a tué au moins six personnes au Liban et ordonné l’évacuation de 12 villages