Le chef des Kataëb, Samy Gemayel, recevant l'ambassadeur américain Michel Issa à Saïfi, le 22 décembre 2025. Photo Kataëb.
À l'issue de sa rencontre avec l'ambassadeur des États-Unis au Liban, Michel Issa, le chef des Kataëb Samy Gemayel a estimé lundi que la prochaine phase, au cours de laquelle l'armée libanaise doit lancer ses opérations de désarmement au nord du fleuve Litani, après s'être attaquée ces derniers mois à la zone frontalière au sud du fleuve, constituait un « double test » : l'un pour le Hezbollah et l'autre pour l'État libanais.
« La prochaine étape constitue un ''double test'' : le premier concerne le Hezbollah », a déclaré le leader chrétien, tenant le parti chiite pour responsable « du retard dans la transition du Liban vers une nouvelle phase, de l’entrave au travail de l’armée, ainsi que du blocage de l’aide internationale et de la reconstruction ». Le second test concerne « l’État libanais, appelé à démontrer son sérieux en permettant à l’armée d’achever sa mission au nord du Litani, en vue d’étendre son autorité à l’ensemble du territoire libanais », a ajouté le parlementaire depuis le siège du parti Kataëb, à Saïfi.
Samedi, le Premier ministre Nawaf Salam avait affirmé que la première phase du plan sur le monopole des armes au sud du fleuve Litani sera achevée « d’ici quelques jours », alors que cette étape du plan élaboré par l'armée concernait jusque-là le sud du fleuve Litani. Elle doit être achevée avant la fin de 2025. La troupe doit ensuite désarmer la région comprise entre le fleuve Litani et le fleuve Awali, puis démanteler les infrastructures du Hezbollah étape par étape sur l’ensemble du territoire libanais. Le Hezbollah refuse jusqu'à présent de déposer les armes au nord du fleuve Litani. Le secrétaire général du parti chiite, Naïm Kassem, avait réaffirmé dans son discours tenu le 13 décembre que le Hezbollah refusait de remettre ses armes sur l'ensemble du territoire, bien qu'il ne se soit pas opposé au désarmement au sud du Litani, soulignant être « prêt aux plus grands sacrifices ». Il avait cependant réitéré son ouverture à un dialogue interne sur une « stratégie de défense ». Lundi, des sources proches du Hezbollah ont néanmoins affirmé à la chaîne al-Arabiya : « Nous n’avons plus de présence militaire dans le sud du Litani ».
Le député du Metn a par ailleurs souligné « la nécessité pour l’armée libanaise de se déployer, dès l’expiration du délai prévu, dans la zone située au nord du Litani », précisant que « la région au sud du fleuve est désormais débarrassée toute armement » et rappelé que cela devrait bientôt être annoncé. « La seule manière de protéger le Liban et d’empêcher la répétition des tragédies est l’extension de l’autorité de l’armée libanaise sur l’ensemble du territoire », a estimé M. Gemayel. « Toute zone où l’armée est déployée est protégée, tandis que toute région échappant à l’autorité et à la souveraineté de l’État demeure exposée au danger, en particulier dans le Sud », a-t-il ajouté.
Malgré l’accord de cessez-le-feu conclu le 27 novembre 2024, Israël poursuit ses attaques quasi quotidiennes contre le Liban, avec une recrudescence des frappes au cours des derniers mois. Son armée continue d’occuper au moins six positions dans le sud du pays, le long de la frontière. Le Hezbollah affirme pour sa part respecter le cessez-le-feu, mais refuse de déposer les armes tant que les attaques israéliennes se poursuivent et que l’armée libanaise n’est pas suffisamment équipée pour défendre le pays.


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