Des jeunes irakiens brandissant un drapeau des Kataëb Hezbollah lors de commémorations pour le deuxième anniversaire de l'élimination du commandant iranien Kassem Soleimani et du chef paramilitaire irakien Abou Mahdi al-Mouhandis, à Bassora, le 8 janvier 2022. Photo d'archives Hussein Faleh/AFP
Le chef de la plus haute instance judiciaire d'Irak a indiqué samedi que les chefs des factions armées avaient accepté de coopérer sur la question épineuse du monopole des armes par l'État. Le puissant groupe des Kataëb Hezbollah a toutefois précisé qu'il n'accepterait d'aborder la question qu'après le retrait des troupes étrangères d'Irak. « La résistance est un droit, et ses armes resteront entre les mains de ses combattants », a-t-il affirmé dans un communiqué.
Pas d'engagement explicite à se désarmer
Les chefs de trois autres factions ont estimé qu'il était temps de faire passer les armes sous le contrôle exclusif de l'État, sans pour autant s'engager explicitement à se désarmer.
Dans un communiqué, Faik Zidane, président du Conseil supérieur de la magistrature, a remercié les « dirigeants des factions d'avoir suivi ses conseils visant à se coordonner afin de faire appliquer l'État de droit, restreindre les armes au contrôle de l'État et se tourner vers l'action politique une fois la nécessité nationale d'une action militaire révolue ».
Depuis les élections législatives de novembre, les États-Unis, qui maintiennent des troupes en Irak, exige du futur gouvernement de démanteler six factions armées, selon des responsables irakiens et diplomates interrogés par l'AFP. Washington a déjà classé comme « organisations terroristes » plusieurs factions armées irakiennes. Celles-ci sont affiliées au Hachd al-Chaabi, coalition d'anciens groupes paramilitaires aujourd'hui intégrés aux troupes régulières mais qui sont accusés par leurs détracteurs d'agir hors du cadre étatique.
Certains de ces groupes ont aussi renforcé leur poids au Parlement dominé par le Cadre de coordination, une alliance de partis chiites pro-iraniens. C'est cette alliance qui devrait jouer un rôle essentiel dans la désignation du Premier ministre, poste traditionnellement confié à un chiite.
Après chaque élection législative, le choix d'un Premier ministre fait l'objet de laborieuses tractations, essentiellement entre les groupes chiites.
Appartenant à ce que l'Iran appelle « l'axe de la résistance » contre Israël, les groupes armés chiites irakiens réclament le retrait des troupes américaines déployées en Irak dans le cadre d'une coalition antijihadiste et ont mené des attaques contre elles. Parmi eux, la milice chiite Assaïb Ahl al-Haq, dirigée par Qaïs al-Khazali, figure centrale du Cadre de coordination, a remporté 27 sièges (sur 329) à l'issue du scrutin de novembre.
Plus tôt cette semaine, son chef a dit croire au « slogan consistant à restreindre les armes à l'État », ajoutant: « nous faisons désormais partie de l'État ». Deux autres groupes ont reconnu vendredi qu'il était temps de « limiter les armes à l'État ».
Cette annonce de la justice irakienne a eu lieu deux semaines après un imbroglio lié à la publication « par erreur » selon Bagdad au Journal officiel, d'une decision visant à geler les avoirs de groupes armés de la région, parmi lesquels on retrouvait les noms d'alliés des milices irakiennes et proche de l'axe iranien, comme le Hezbollah et les houthis. Cette décision avait été rapidement retirée après avoir provoqué un tollé en Irak et dans la région.


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