Des députés dans l'hémicycle lors d'une séance parlementaire agitée, à Beyrouth, le 29 septembre 2025. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
Les Forces libanaises (FL) et les Kataëb ont annoncé mardi leur décision de boycotter la séance du Parlement convoquée jeudi prochain par le président de la Chambre, Nabih Berry, invoquant le fait que celui-ci n’a pas inclus, une nouvelle fois, la proposition d’amendement de la loi électorale permettant aux expatriés de voter pour l’ensemble des 128 sièges de l’Hémicycle.
« Une fois de plus, le président du Parlement a manifesté son irrespect envers la volonté d’une majorité de parlementaires », souligne le communiqué des FL. Le texte rappelle qu’au-delà de la proposition de loi des députés, le gouvernement avait envoyé un projet de loi revêtu du caractère de double urgence pour le gel de la clause qui stipule que les expatriés doivent voter pour six députés spécifiques, en contournant la loi et en envoyant le projet en commission jusqu’à l’expiration du délai d’examen. Les élections législatives sont prévues pour mai 2026.
« Étant donné que M. Berry persiste à outrepasser le règlement intérieur de l’Hémicycle et manifeste son dédain envers la volonté d’une majorité des députés, le bloc de la République forte a décidé de ne pas assister à cette réunion parlementaire, dans l’objectif de rectifier le tir au Parlement », ajoute le communiqué.
Dans son communiqué, le parti Kataëb a également annoncé qu’il « ne participera pas à la séance en raison du fait que le projet de loi revêtu du caractère de double urgence visant à permettre aux expatriés de voter pour l’ensemble des députés n’est toujours pas à l’ordre du jour, alors qu’il s’agit d’un droit constitutionnel qu’il faut préserver ».
La séance du 18 décembre devrait être l'occasion de poursuivre l'étude de l’ordre du jour entamé le 29 septembre avant que la séance ne soit avortée par un défaut de quorum provoqué par le camp anti-Hezbollah, qui réclame un débat autour du vote des expatriés lors des législatives de 2026. M. Berry avait tenté, à deux reprises, de convoquer de nouveau les députés, mais une majorité ne s'est pas rendue à la séance, provoquant sa levée. Un scénario similaire risque d'être réédité jeudi.
Cette question de droits des expatriés à voter pour les 128 députés suivant leur circonscription d’origine au Liban divise le pays depuis plusieurs mois. La loi actuelle prévoit six députés spécifiques pour les expatriés, mais aucune mesure exécutive n’est prévue pour mettre cette clause en application. Les principaux détracteurs de cet amendement sont le tandem chiite et le Courant patriotique libre. Les blocs qui militent pour l’amendement, dont les FL, les Kataëb et d’autres, soupçonnent les autres de craindre le vote des expatriés.


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