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Paris élabore un « second mécanisme » de surveillance au Liban dédié au désarmement du Hezbollah

« Le Liban est entré, en 2025, dans une phase décisive de restauration de l’État », affirme Joe Raggi.

Paris élabore un « second mécanisme » de surveillance au Liban dédié au désarmement du Hezbollah

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, arrivant à Bruxelles le 15 décembre 2025 pour participer à une table ronde du Conseil des affaires étrangères de l'UE. Photo Omar Havana/Reuters

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a affirmé lundi qu’un « second mécanisme » de surveillance au Liban sur le désarmement du Hezbollah était en cours d’élaboration « pour éviter l’escalade ».

« Nous travaillons à la mise en place d’un second mécanisme qui aura vocation à faire le suivi du désarmement du Hezbollah, élément essentiel pour éviter l’escalade et garantir un chemin crédible pour une garantie pleine et entière de la souveraineté du Liban », a-t-il déclaré, lors d'un point presse organisé à l'issue d’une réunion du Conseil de partenariat entre le Liban et l’Union européenne, à laquelle a notamment assisté son homologue libanais Joe Raggi.

M. Barrot s’est par ailleurs félicité des récents pourparlers tenus à Naqoura au Liban-Sud entre un négociateur civil libanais, Simon Karam, et un Israélien lors de la dernière réunion, début décembre, du comité de surveillance cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, aussi appelé « mécanisme ».

« Nos efforts conjoints avec les États-Unis et l’Arabie Saoudite se poursuivent et ont conduit il y a quelques jours au premier dialogue en 40 ans entre des civils libanais et israéliens dans le cadre de ce mécanisme de suivi du cessez-le-feu que nous avons conçus l’année dernière », a-t-il ajouté.

Ces déclarations du ministre français ont été tenues à l'issue de la première réunion du Conseil de partenariat entre le Liban et l’Union européenne en huit ans. Plusieurs diplomates européens de haut rang ont participé à ces échanges, dont la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas. « Le soutien à l’armée (libanaise) n’est pas un acte de charité, mais un investissement stratégique dans la stabilité », y a notamment affirmé Joe Raggi, soulignant son souhait de voir « l’Union européenne poursuivre son appui à l’institution militaire ».

« Aux côtés du Liban en ce moment critique »

« Le Liban est entré, en 2025, dans une phase décisive de restauration de l’État. La décision gouvernementale historique prise le 5 août, qui prévoit de réserver le monopole des armes à l’État à travers ses forces de sécurité légitimes, constitue une étape charnière dans ce processus », a déclaré le ministre libanais, dans des propos rapportés par l'Agence nationale d'informations (Ani, officielle).

Il a également précisé que « l’armée libanaise met en œuvre cette décision, en reflet de la volonté de l’écrasante majorité des Libanais, opposés à la logique d’un ''État dans l’État'', en commençant par le sud du fleuve Litani ». Et d’ajouter : « La première phase est censée être achevée d'ici à la fin de l’année, tandis que la mise en œuvre complète sur l’ensemble du territoire libanais devrait être finalisée à la fin de l’année 2026 ».

Dans un communiqué conjoint diffusé à l’issue de la réunion, l’Union européenne et le Liban ont réaffirmé leur « engagement commun à renforcer leur partenariat bilatéral ». L’UE a notamment réitéré son soutien aux réformes engagées par le président Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam et le nouveau gouvernement libanais, réaffirmant son appui aux « institutions démocratiques libanaises ». Le communiqué souligne également « l’importance capitale de poursuivre les efforts en vue du désarmement de tous les groupes armés non étatiques sur l’ensemble du territoire libanais, en particulier le Hezbollah ».

Les deux parties ont dans ce cadre exprimé leur « vive préoccupation » face aux violations continues du cessez-le-feu de novembre 2024 par l’armée israélienne, notamment « les attaques visant le personnel de la Finul, les civils et les infrastructures civiles », appelant Israël à « se retirer du territoire libanais » et à « respecter le droit international humanitaire ». Sur le plan sécuritaire, le communiqué salue le soutien « constant et de longue date » de l’UE aux institutions sécuritaires libanaises, en particulier l’armée libanaise et les Forces de sécurité intérieure, qualifiées de « piliers essentiels de la souveraineté et de la stabilité nationale et régionale ».

De son côté, la commissaire européenne à la Méditerranée Dubravka Šuica a publié sur son compte X une photo la montrant aux côtés du ministre Raggi, affirmant : « Nous sommes aux côtés du Liban en ce moment critique, en soutenant le relèvement du pays, les réformes budgétaires et bancaires clés, ainsi que les efforts déployés pour l’accueil des réfugiés, tout en œuvrant en faveur de retours volontaires. » « La paix est essentielle au développement. Nous appelons toutes les parties à appliquer pleinement l’accord de cessez-le-feu », a-t-elle ajouté.

Dimanche, une intervention inédite de l'armée libanaise au Liban-Sud pour fouiller une maison à Yanouh (caza de Tyr), a conduit à l'annulation d'une frappe menaçant cette habitation annoncée quelques instants plus tôt par le porte-parole de l'armée israélienne.

Le processus de désarmement du Hezbollah mené par l'armée libanaise au sud du Litani est censé arriver à son terme à la fin de l'année 2025, alors que le prochain rapport mensuel du commandant en chef de la troupe, le général Rodolphe Haykal, devant le Conseil des ministres est prévu pour le 5 janvier.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a affirmé lundi qu’un « second mécanisme » de surveillance au Liban sur le désarmement du Hezbollah était en cours d’élaboration « pour éviter l’escalade ».« Nous travaillons à la mise en place d’un second mécanisme qui aura vocation à faire le suivi du désarmement du Hezbollah, élément essentiel pour éviter l’escalade et garantir un chemin crédible pour une garantie pleine et entière de la souveraineté du Liban », a-t-il déclaré, lors d'un point presse organisé à l'issue d’une réunion du Conseil de partenariat entre le Liban et l’Union européenne, à laquelle a notamment assisté son homologue libanais Joe Raggi.M. Barrot s’est par ailleurs félicité des récents pourparlers tenus à Naqoura au Liban-Sud entre un...