Au pouvoir depuis 1993, Isaïas Afwerki tient son pays d’une main de fer, provoquant ainsi une émigration de masse. Photo Peter Busomoke/AFP
Les Nations unies ont appelé lundi à la libération inconditionnelle d'un nombre estimé à 10 000 personnes détenues arbitrairement en Érythrée, dont des hommes politiques, des journalistes et des étudiants.
« La récente libération de 13 Érythréens après près de 18 années de détention arbitraire est un évènement encourageant », a déclaré Seif Magango, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme dans un communiqué.
« Nous appelons les autorités à la libération inconditionnelle de toutes les personnes encore détenues d'une manière arbitraire dans le pays, dont les anciens responsables gouvernementaux du G11 (groupe des 11) arrêtés en 2001 après avoir appelé à des réformes concernant la gouvernance », a ajouté M. Magango.
L'organisation Human Rights Concern-Eritrea a salué la semaine dernière la libération début décembre de treize personnes, dont un ancien champion olympique et d'anciens officiers, qui ont été emprisonnés sans être inculpés, et sans avoir droit à un procès ou à un accès à un avocat.
Selon l'ONG, au cours de leur détention dans la prison de Mai Serwan, près de la capitale Asmara, certains ont été enfermés dans des conteneurs métalliques où les températures oscillaient entre une chaleur infernale et un froid extrême.
L'Érythrée est dirigée d'une main de fer depuis son indépendance en 1993 par Issaias Afwerki, 79 ans. Depuis plus de 30 ans, aucune élection n'a été organisée et le pays occupe l'une des dernières places dans le monde pour ce qui concerne les droits humains.
« Un nombre estimé à plus de 10.000 personnes sont en détention arbitraire en Érythrée, parmi lesquelles des hommes politiques, des journalistes, des prêtres et des étudiants », a souligné M. Magango.
Le Haut-Commissariat « est prêt à poursuivre son engagement auprès des autorités érythréennes pour s'assurer que l'Érythrée respecte pleinement ses obligations internationales en matière de droits humains », a-t-il ajouté.

