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Dernières Infos - Tunisie

Début du procès de responsables de Terre d'asile accusés d'aide illégale aux migrants


Des migrants s’avancent dans la mer pour tenter de monter à bord de bateaux de passeurs, dans une tentative de traverser la Manche, au large de la plage de Gravelines, dans le nord de la France, le 27 septembre 2025. Photo Sameer Al-Doumy / AFP

Le procès des membres de la branche tunisienne de l'association française Terre d'asile, accusés d'aide illégale aux migrants, s'est ouvert lundi à Tunis, une procédure dénoncée comme une « criminalisation implacable de l'action de la société civile » par l'ONG Amnesty International.

Six travailleurs humanitaires de Terre d'asile Tunisie dont Sherifa Riahi, une ancienne directrice de l'association et un autre responsable Mohamed Joo, ainsi que des employés de la municipalité de Sousse (est) comparaissent notamment pour avoir « facilité l'entrée et le séjour illégal » de migrants en Tunisie.

Mme Riahi et M. Joo sont détenus depuis plus de 19 mois, tout comme deux autres membres de Terre d'asile et deux des 17 prévenus travaillant pour la ville de Sousse, selon l'avocat de Mme Riahi, Abdellah Ben Meftah. Au début de l'audience, les avocats ont demandé la libération des prévenus, également accusés d' « entente dans le but d'héberger ou de cacher des personnes entrées clandestinement », qui encourent des peines pouvant aller jusqu'à 10 ans de prison.

En amont du procès, Amnesty a appelé les autorités tunisiennes à « mettre un terme à cette injustice » et « à abandonner les poursuites visant des travailleurs humanitaires » dans un « procès fallacieux ». « Ils sont uniquement poursuivis pour leur travail légitime consistant à fournir une aide et une protection vitales » à des réfugiés, demandeurs d'asile et migrants « en situation précaire », a déclaré Sara Hashash, responsable régionale d'Amnesty dans un communiqué.

« Toutes les actions (de Mme Riahi) ont été menées » dans le cadre d'un projet approuvé par l'Etat tunisien et en « coordination directe » avec le gouvernement, a expliqué à l'AFP Me Meftah, soulignant que « la protection et l'aide aux migrants » sont prévues par les conventions internationales ratifiées par la Tunisie. Les accusés emprisonnés avaient été interpellés en mai 2024 en même temps qu'une dizaine d'autres travailleurs humanitaires dont l'égérie de la lutte antiraciste Saadia Mosbah, dont le procès doit s'ouvrir fin décembre.

La Tunisie est un point de passage clé pour des milliers de migrants d'Afrique subsaharienne cherchant chaque année à rejoindre clandestinement l'Europe par la mer. En février 2023, le président Kais Saied avait dénoncé dans un discours virulent l'arrivée « de hordes de migrants subsahariens » menaçant, selon lui, de « changer la composition démographique » du pays. Les mois suivants, la tension était montée, des milliers de Subsahariens avaient été rapatriés ou avaient fui par la mer, et des centaines avaient été conduits par la police tunisienne, selon des ONG, aux frontières désertiques avec l'Algérie et la Libye, où au moins une centaine sont morts.

Le procès des membres de la branche tunisienne de l'association française Terre d'asile, accusés d'aide illégale aux migrants, s'est ouvert lundi à Tunis, une procédure dénoncée comme une « criminalisation implacable de l'action de la société civile » par l'ONG Amnesty International.Six travailleurs humanitaires de Terre d'asile Tunisie dont Sherifa Riahi, une ancienne directrice de l'association et un autre responsable Mohamed Joo, ainsi que des employés de la municipalité de Sousse (est) comparaissent notamment pour avoir « facilité l'entrée et le séjour illégal » de migrants en Tunisie.Mme Riahi et M. Joo sont détenus depuis plus de 19 mois, tout comme deux autres membres de Terre d'asile et deux des 17 prévenus travaillant pour la ville de Sousse, selon l'avocat de Mme...