Au centre, l’ambassadeur d’Arabie saoudite au Liban, Walid Boukhari, lors de la tournée organisée par l'armée libanaise au Liban-Sud, le 15 novembre 2025. Photo diffusée par l'armée.
L’armée libanaise a annoncé lundi, dans un communiqué, avoir organisé, « en présence du commandant de l’armée, le général Rodolphe Haykal, une tournée de terrain à l’intention d’ambassadeurs, de chargés d’affaires et d’attachés militaires ». L'objectif était de « leur permettre de prendre connaissance de la mise en œuvre de la première phase du plan de l’armée dans le secteur au sud du Litani, conformément à la décision de l’autorité politique , ainsi que des missions de l’institution militaire sur l’ensemble du territoire libanais ».
Depuis le commandement du secteur au sud du Litani, à Tyr, le général Haykal a souligné que « l’objectif fondamental de l’institution militaire est d’assurer la stabilité, alors que l’occupation israélienne de territoires libanais se poursuit parallèlement aux agressions continues ». Il a précisé que cette tournée visait à « réaffirmer l’engagement de l’armée à appliquer la résolution 1701 et l’accord de cessation des hostilités, et à exécuter les missions qui lui sont confiées, malgré des capacités limitées ».

Un exposé a en outre été présenté sur les missions de l’armée dans les différentes régions du pays, la situation générale au sud du Litani et la coopération avec la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), notamment dans le cadre de la mise en œuvre de la première phase du plan de l’armée, en coordination avec le comité de supervision du cessez-le-feu (« Mécanisme »). La chaîne LBCI a rapporté que la présentation de l’armée a mis l’accent, sur le plan diplomatique, sur l’évaluation de la première phase du processus visant à consacrer le monopole des armes aux mains de l’État, sur les mécanismes de transition vers la deuxième phase, ainsi que sur les obstacles auxquels l’institution militaire est confrontée. Lors de la rencontre, le général Haykal a également insisté sur l’importance du soutien à l’armée et sur l’engagement de l’ensemble des parties à respecter l’accord de cessez-le-feu et la souveraineté du territoire libanais.
Selon le communiqué, le commandant de l’armée a par ailleurs exprimé sa reconnaissance aux pays frères et amis représentés, saluant l’attention qu’ils portent au Liban. Il a aussi affirmé que « les habitants, comme l’ensemble des composantes de la société libanaise, font confiance à l’armée ».
L’armée indique enfin que les diplomates présents ont salué « le professionnalisme et la rigueur » de l’institution militaire, mettant en avant « les sacrifices de ses membres dans l’accomplissement de leur devoir », avant d’effectuer une tournée de terrain « dans plusieurs centres et positions concernés par le plan ».
Le général Haykal est arrivé dans la matinée à la caserne Benoît Barakat, à Tyr, accompagné de diplomates arabes et étrangers. Ils ont été accueillis par le commandant du secteur au sud du Litani, le général Nicolas Tabet, qui a présenté les opérations menées par l’armée dans cette zone. La délégation s’est ensuite rendue dans le secteur ouest du Liban-Sud pour visiter plusieurs postes de l’armée à la frontière avec Israël, notamment à Aïta el-Chaab et Wadi Zebqine, des zones régulièrement ciblées par Israël durant la guerre et après.
Selon l’agence al-Markazia, la tournée « devrait également englober une installation du Hezbollah à Wadi Zebqine, ainsi qu’un poste de l’armée à cet endroit ». L’agence souligne que cette tournée était accompagnée de mesures de sécurité renforcées.

Lundi également, le général Haykal a reçu le secrétaire d'État allemand à la Défense, Niels Helmer, dans ses bureaux à Yarzé, où ils ont discuté de la coopération entre les armées des deux pays. MM. Haykal et Helmer ont ainsi signé deux accords portant sur le soutien allemand à l'armée libanaise, notamment sur « la garantie de son approvisionnement en carburant et le renforcement de ses services de santé militaires », rapporte l'ANI. « La signature de ces accords réaffirme l'engagement des autorités allemandes à soutenir la stabilité du Liban et les capacités de son armée face aux défis actuels », ajoute l'agence.
La dernière guerre entre le Hezbollah et Israël, qui s’est intensifiée en septembre 2024 et s’est conclue par un cessez-le-feu en novembre de la même année, a laissé le parti chiite exsangue et le sud-Liban en ruines. Cet accord stipule le désarmement des milices dont le Hezbollah, une tâche confiée à l’armée libanaise et renforcée par deux décisions du gouvernement libanais datant d’août 2025, qui réaffirment le monopole des armes aux mains de l’Etat. Or cette opération menée par l’armée depuis l’été 2025 est régulièrement sous les feux des critiques, notamment israéliennes et américaines, qui considèrent le processus trop lent ou insuffisant. C’est dans ce cadre donc que s’insérerait cette tournée organisée par l’armée à l’intention des diplomates étrangers.

