Une ambulance se déplace alors que des personnes sont évacuées à la suite d'une fusillade à Bondi Beach, Sydney, Australie, le 14 décembre 2025, dans cette capture d'écran tirée d'une vidéo. REUTERS/Staff
Deux individus ont ouvert le feu dimanche sur la foule qui célébrait la fête juive de Hanouka sur la célèbre plage de Bondi à Sydney, en Australie, faisant 11 morts et 29 blessés, dans un acte « terroriste » et « antisémite » selon les autorités. L'un des deux auteurs de l'attaque a en outre été tué et l'autre, blessé, se trouve dans un état critique, a indiqué la police de l'Etat de Nouvelle-Galles-du-Sud.
« Cette attaque visait la communauté juive de Sydney le premier jour de Hanouka », fête juive qui était célébrée à ce moment-là sur la plage, a déclaré lors d'une conférence de presse le Premier ministre de l'Etat, Chris Minns. Il s'agit d'un « acte terroriste », a affirmé le chef de la police de l'Etat, Mal Lanyon. « Nous avons découvert un engin explosif artisanal dans une voiture liée au criminel décédé », a-t-il ajouté.
Selon la police, l'attaque a eu lieu dimanche vers 18H45 (07H45 GMT) sur la plage de Bondi, la plus célèbre d'Australie, habituellement très fréquentée pendant le week-end par des foules de promeneurs, de nageurs et de surfeurs. « Nous avons entendu les coups de feu. C'était choquant (...) dix minutes de détonations incessantes. On aurait dit une arme puissante », a déclaré à l'AFP sur les lieux Camilo Diaz, un étudiant chilien de 25 ans.
« L'antisémitisme est un cancer »
« Il y a eu une fusillade, deux tireurs vêtus de noir et armés de fusils semi-automatiques », a déclaré à l'AFP un autre témoin, Timothy Brant-Coles, un touriste britannique. « Le mal s'est déchaîné sur la plage de Bondi au-delà de tout entendement », a affirmé le Premier ministre Australien Anthony Albanese, qui a salué les « héros » qui sont intervenus lors de l'attaque pour tenter de maîtriser les meurtriers. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre un passant qui se précipite sur un des assaillants et parvient à lui arracher son fusil.
« Il s'agit d'une attaque ciblée contre les juifs australiens le premier jour de Hanouka, qui devrait être un jour de joie, une célébration de la foi - un acte malveillant, antisémite et terroriste qui a frappé le coeur de notre nation », a poursuivi M. Albanese. « Une attaque contre les juifs australiens est une attaque contre tous les Australiens », a-t-il ajouté. « En ce moment même, nos frères et soeurs de Sydney, en Australie, ont été attaqués par d'ignobles terroristes dans une attaque très cruelle contre des juifs qui s'étaient rendus à Bondi Beach pour allumer la première bougie de Hanouka », a déploré le président israélien Isaac Herzog dans un discours prononcé lors d'un événement à Jérusalem.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a réagi en rappelant qu'il avait accusé le gouvernement australien d'avoir « jeté de l'huile sur le feu de l'antisémitisme » avant la fusillade de dimanche, en référence à une lettre envoyée à Anthony Albanese en août après l'annonce par Canberra de sa décision de reconnaître un Etat palestinien.
« Du sang partout »
« L'antisémitisme est un cancer qui se propage lorsque les dirigeants restent silencieux et n'agissent pas », a fustigé M. Netanyahu, lors d'un discours télévisé prononcé à l'occasion d'un événement dans le sud d'Israël. Le chef de la diplomatie israélienne Gidéon Saar a pour sa part appelé son homologue australienne Penny Wong à « agir fermement » contre l'antisémitisme.
Sur la colline verdoyante surplombant la plage, un journaliste de l'AFP a vu de nombreux objets abandonnés dans la panique par les personnes fuyant la fusillade, dont une poussette d'enfant. La télévision nationale ABC a montré des images de plusieurs personnes gisant dans l'herbe près de la plage, ainsi que d'un fusil posé contre un tronc d'arbre. Il y avait « du sang partout », a déclaré à ABC un habitant du quartier, Harry Wilson.
À la tombée de la nuit, le quartier habituellement festif et bruyant a été évacué, la police armée bouclant les rues animées, les lumières clignotantes des boîtes de nuit laissant place aux sirènes stroboscopiques des véhicules d'urgence. Le Conseil national des imams australien a condamné cette « attaque traumatisante ». « C'est le moment pour tous les Australiens, y compris la communauté musulmane australienne, de se serrer les coudes dans l'unité, la compassion et la solidarité », a ajouté cette organisation.
Une série d'attaques antisémites a semé la peur parmi les communautés juives d'Australie depuis l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 et la guerre qui s'en est suivie à Gaza. Le gouvernement australien a accusé l'Iran d'être à l'origine de deux de ces attaques et a expulsé l'ambassadeur de Téhéran il y a près de quatre mois. Aucune victime n'avait été signalée lors de ces deux attaques. Le ministère iranien des Affaires étrangères a condamné dimanche l'attaque de Sydney, en Australie, qui a fait 11 morts et 29 blessés.
Réactions de la communauté internationale
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exprimé sur X la « solidarité » de son pays « face à la brutale attaque terroriste (...) qui visait la communauté juive au début de Hanouka ». La France « partage la douleur du peuple australien et continuera de lutter sans faiblesse contre la haine antisémite qui nous meurtrit tous, partout où elle frappe », a écrit sur X le président français Emmanuel Macron. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a qualifié l'attaque de « répugnante » sur X ajoutant que « le Royaume-Uni sera toujours aux côtés de l'Australie et de la communauté juive ».
« L'antisémitisme n'a pas sa place dans ce monde. Nos prières sont avec les victimes de cette horrible attaque, la communauté juive, et le peuple d'Australie », a déclaré dimanche le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio sur X.
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est dit « horrifié » et a condamné « fermement l'odieuse attaque meurtrière » contre « des familles juives réunies à Sydney pour célébrer Hanouka »
« Nous condamnons l'attaque violente à Sydney (...) Le terrorisme et le meurtre d'êtres humains, où qu'ils soient commis, sont rejetés et condamnés » a écrit sur le réseau X le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei.
Le Qatar réaffirme sa « position ferme » contre « la violence, le terrorisme et les actes criminels, quels qu'en soient les motifs ou les raisons ».
Riyad pour sa part a condamné « l'attaque terroriste », réaffirmant « la position contre toutes les formes de violence, de terrorisme et d'extrémisme »
Le chancelier allemand Friedrich Merz s'est dit « sans voix » : « C'est une attaque contre nos valeurs communes. Nous devons mettre un terme à cet antisémitisme – ici en Allemagne et dans le monde entier. »
Le roi Charles III, chef d'Etat de l'Australie, s'est dit dimanche « horrifié » par la fusillade meurtrière à Sydney, la qualifiant d' « effroyable attaque terroriste antisémite contre des Juifs ».
« En condamnant encore une fois avec fermeté tout forme de violence et d'antisémitisme, l'Italie exprime ses propres condoléances pour les victimes et reste proche de leurs chers, des blessés, de la communauté juive et renouvelle sa propre amitié au peuple australien », a écrit la Première ministre italienne, Giorgia Meloni sur X, faisant part de sa « profonde douleur ».
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen s'est dit « choquée » et a dénoncé un « acte de violence épouvantable contre la communauté juive ». « Nous sommes unis contre la violence, l'antisémitisme et la haine », a-t-elle dit.
« En ce premier jour de Hanoukka, nous pleurons les victimes de la terrible fusillade qui a eu lieu à Sydney (...). L'antisémitisme n'a pas sa place dans nos sociétés, et nous devons le combattre avec une détermination sans faille. Toujours », a assuré de son côté le chef du gouvernement belge, Bart De Wever. »
« Nous condamnons fermement l'attaque antisémite perpétrée en Australie. Nous devons œuvrer sans relâche pour éradiquer l'antisémitisme et le terrorisme. Ils n'ont pas leur place dans notre société », a déclaré le Premier ministre espagnol Pedro Sànchez.
Pour le Premier ministre irlandais, « Micheál Martin a affirmé qu' « une telle haine et violence ne peuvent en aucun cas être tolérées ».

