Le métropolite grec-orthodoxe de Beyrouth, Mgr Élias Audi. Photo d'archives Ani
À l'occasion de la 20e commémoration de l'assassinat de Gebran Tuéni, le métropolite grec-orthodoxe de Beyrouth, Mgr Élias Audi, lui a rendu hommage dans son homélie dominicale à la cathédrale Saint-Georges. « Ils l’ont assassiné en pensant s’en être débarrassés, mais les profondes mutations que connaît le Liban et la région prouvent que la vérité, même occultée, finit toujours par émerger et que la justice, aussi tardive soit-elle, adviendra », a déclaré le dignitaire religieux.
Centrant son propos sur « le sens de l’appel lancé par Dieu à l'homme », Mgr Audi a souligné que Gebran Tuéni « a répondu à l’appel de sa patrie et n’a pas hésité à la défendre jusqu’au sacrifice de sa vie ». L'homme politique, rédacteur en chef et éditeur du quotidien an-Nahar « a défendu le Liban par la parole, la pensée, l’encre et la plume (...) et a porté la cause du Liban sans porter d’arme ni de haine, mais avec le courage de dire la vérité face à l’injustice, à l’oppression, à la perfidie, à l’incitation, au meurtre, au terrorisme et à la violation des libertés », a-t-il dit.
Gebran Tuéni était un critique virulent de la tutelle syrienne sur le Liban. Il a été assassiné dans un attentat à la voiture piégée en 2005, à Mkallès, à l'est de Beyrouth, lors d'une série d'attaques imputées à l'ancien régime Assad au Liban. La commémoration de sa disparition prend toutefois une tournure singulière après la chute du régime du président syrien Bachar el-Assad, en décembre 2024. Damas est pointé du doigt pour son assassinat, ainsi que pour les attentats dans le pays entre 2005 et 2013, malgré le retrait des troupes syriennes après des décennies d'occupation, le 26 avril 2005.


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