Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, lors d’une conférence de presse conjointe avec le chancelier allemand Friedrich Merz (hors champ), à Jérusalem, le 7 décembre 2025. Photo : Ariel SCHALIT / POOL / AFP
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a accusé le gouvernement australien d'avoir « jeté de l'huile sur le feu de l'antisémitisme » avant la fusillade de dimanche à Sydney.
Deux individus ont ouvert le feu dimanche sur une foule qui célébrait la fête juive de Hanouka sur la célèbre plage de Bondi à Sydney, en Australie, faisant 11 morts et 29 blessés, selon les autorités australiennes. La police parle d'un « acte terroriste ».
« Il y a trois mois, j'ai écrit au Premier ministre australien pour lui dire que votre politique jetait de l'huile sur le feu de l'antisémitisme », a déclaré M. Netanyahu, en référence à une lettre envoyée à Anthony Albanese en août après l'annonce par Canberra de sa décision de reconnaître un Etat palestinien. « L'antisémitisme est un cancer qui se propage lorsque les dirigeants restent silencieux et n'agissent pas », a fustigé M. Netanyahu, lors d'un discours télévisé prononcé à l'occasion d'un événement dans le sud d'Israël.
Le président israélien, Isaac Herzog, avait été le premier dimanche à annoncer le caractère antisémite de l'attaque, en déclarant depuis Jérusalem: « nos frères et sœurs de Sydney, en Australie, ont été attaqués par d'ignobles terroristes dans une attaque très cruelle contre des Juifs ». « Nous répétons sans cesse nos avertissements au gouvernement australien afin qu'il prenne des mesures et lutte contre la vague massive d'antisémitisme qui sévit dans la société australienne », a ajouté le président dans un discours prononcé lors d'un événement à Jérusalem.
Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar, se disant « consterné » sur le réseau social X, a également jugé que « ce sont les conséquences de la vague d'antisémitisme qui a déferlé dans les rues d'Australie ces deux dernières années ». « Le gouvernement australien, qui a reçu d'innombrables signaux d'alerte, doit se ressaisir ! », a-t-il insisté.
MM. Herzog et Saar ont tous deux déclaré avoir parlé avec David Ossip, président du Conseil représentatif des juifs de l'Etat australien de Nouvelle-Galles-du-Sud. Ce dernier « prenait la parole lors de l'événement lorsque la fusillade a commencé », a précisé M. Herzog.
Le chef de l'opposition Yair Lapid s'est dit pour sa part « horrifié par l'attaque terroriste antisémite » à Sydney. « Boulder. Manchester. Washington. Et maintenant Sydney. Les noms de plus en plus de villes à travers le monde deviennent synonymes d'attaques meurtrières contre les Juifs. Pour mettre fin à ces horreurs, une intervention immédiate et décisive est nécessaire à tous les niveaux », a-t-il ajouté sur X.
Pour le ministre d'extrême droite chargé de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, « le sang des victimes est sur les mains du gouvernement australien, qui a annoncé la reconnaissance d'un État +palestinien+ et a légitimé le terrorisme contre les Juifs ». Le chef de l'association juive d'Australie avait auparavant estimé que Anthony Albanese « n'a pas pris les mesures adéquates pour protéger la communauté juive ».


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