Le ministre Yassine Jaber et l’ambassadrice de l’UE au Liban, Sandra De Waele, réunis au ministère des Finances le 10 décembre 2025. Photo diffusée par le ministère des Finances
L'Union européenne a accordé une enveloppe de 132 millions d'euros au gouvernement libanais pour renforcer « la sécurité et la stabilité », selon un communiqué du ministère des Finances. Le ministre Yassine Jaber et l’ambassadrice de l’UE au Liban, Sandra De Waele, ont signé une partie des accords mettant en œuvre ce financement, soit 55 millions d'euros. Les autres accords seront conclus dans les semaines à venir.
« Ces accords représentent la continuité du chemin stable de coopération qui lie le Liban à l’Union européenne et un soutien direct aux capacités de nos institutions sécuritaires et administratives, à un moment où le Liban a besoin de tous les efforts pour renforcer sa résilience et sa stabilité », a déclaré Yassine Jaber. Le fait que le ministre signe ces accords, qui concernent des projets ne relevant pas uniquement de son ministère, signifie qu’il a en principe été habilité à le faire par le Conseil des ministres. Selon une source au ministère des Finances, il s’agit de dons faits à l’État libanais.
« Ces programmes répondent aux défis croissants auxquels notre pays est confronté, notamment en matière de gestion des frontières, de lutte contre la contrebande, de renforcement de l’état de droit et d’amélioration des capacités opérationnelles des institutions concernées », a ajouté le ministre.
De son côté, Sandra De Waele a déclaré que « la coopération se concentrera sur deux actions clés. Premièrement, 30 millions d’euros soutiendront les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité au Liban, en améliorant la capacité des Forces de sécurité intérieure (FSI) à lutter contre la criminalité organisée et la cybercriminalité, et en renforçant le travail conjoint de toutes les agences de sécurité pour contrer le terrorisme, son financement et la contrebande. »
« Deuxièmement, 25 millions d’euros dans le cadre du programme ‘UE pour le renforcement de la sécurité aux frontières au Liban’ permettront d’améliorer la gestion intégrée des frontières terrestres et des aéroports, ainsi que la gouvernance, la sécurité et la sûreté dans le domaine maritime. Cela impliquera une coordination étroite avec le ministère des Travaux publics et des Transports, la marine libanaise et d’autres agences de sécurité, conformément aux normes de l’Organisation maritime internationale. »
« Dans les semaines à venir, nous signerons également un accord supplémentaire pour fournir des solutions énergétiques durables aux agences de sécurité libanaises, afin d’assurer le fonctionnement ininterrompu des installations vitales et d’améliorer la qualité des services à l’échelle nationale », a conclu Mme De Waele.
Lundi, l’UE avait indiqué qu’elle étudiait des options pour renforcer les FSI afin de permettre à l’armée libanaise de se concentrer sur le désarmement du groupe armé Hezbollah, selon un document consulté par Reuters.
Une trêve de 2024 entre le Liban et Israël reste fragile, Israël menant régulièrement des frappes sur le territoire libanais, affirmant viser les efforts de réarmement du Hezbollah. Le document, produit par le bras diplomatique de l’UE et diffusé aux 27 États membres, indiquait qu’il engagerait des consultations avec les autorités libanaises et qu’une mission d’évaluation aurait lieu début 2026 sur une éventuelle nouvelle assistance aux FSI du pays.
Par ailleurs, l’armée et les forces de sécurité libanaises ont annoncé plusieurs importantes opérations anti-drogue ces derniers mois, sous pression notamment de l’Arabie saoudite, qui avait interdit les importations de produits libanais après la saisie de plusieurs cargaisons de captagon.


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