Le rabbin syro-américain Yusuf Hamra lors de la première prière dana la synagogue Faranj de Damas depuis 1992, le 19 février 2025. Photo Louai BESHARA/AFP
Les autorités syriennes ont annoncé mercredi à l'AFP avoir autorisé le fonctionnement d'une association de juifs syriens, qui va oeuvrer à la restitution des biens de cette communauté confisqués par les pouvoirs précédents, selon son représentant.
Les nouveaux dirigeants islamistes, qui ont chassé du pouvoir Bachar el-Assad il y a un an, ont effectué plusieurs ouvertures en direction de la communauté juive, dont la quasi-totalité des membres est en exil. Mercredi, la ministre des Affaires sociales Hind Kabawat a indiqué à l'AFP que les autorités avaient « accordé une licence à la Fondation pour le patrimoine juif en Syrie ». C'est la première fois qu'une association juive est autorisée à fonctionner par les nouvelles autorités.
« Il s'agit d'un message fort de l'État syrien: nous ne faisons aucune distinction entre une religion et une autre (..) » a assuré la ministre, selon laquelle la Syrie veut « aider toutes les confessions et tous les groupes qui veulent construire notre nouvel État ». « Nous allons oeuvrer à recenser les biens juifs, à restituer ceux qui ont été saisis sous le régime déchu », a expliqué à l'AFP le représentant de la fondation, Henry Hamra. Il a ajouté qu'ils allaient également « protéger, entretenir et restaurer les lieux sacrés afin qu'ils soient accessibles aux juifs du monde entier qui souhaitent les visiter », a-t-il ajouté. M. Hamra, qui réside aux Etats-Unis, avait participé en février à la première visite d'une délégation juive en Syrie, en compagnie de son père, Youssef Hamra, 77 ans, dernier rabbin à avoir quitté le pays dans les années 90.
Une prière avait alors été organisée dans une synagogue du quartier juif du vieux Damas, pour la première fois depuis des décennies. La présence juive en Syrie s'était réduite au fil des guerres israélo-arabes.
Sous le clan Assad, les juifs de Syrie pratiquaient librement leur religion mais leurs déplacements étaient restreints et les voyages à l'étranger interdits jusqu'en 1992. Depuis, leur nombre est passé d'environ 5.000 à seulement quelques personnes. « Nous avons recensé jusqu'à présent des dizaines de maisons (de Juifs) qui ont été confisquées par le régime de Bachar el-Assad », a affirmé à l'AFP Mouaz Moustafa, de l'association Syrian Emergency Task Force, basée aux Etats-Unis, qui accompagnait la délégation.

