Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, lors du Conseil des Droits de l'homme de l'ONU à Genève. Photo Reuters
Après les critiques lancées par Washington contre l'Europe, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk a estimé mercredi qu'il était important de se souvenir que le Vieux Continent avait enregistré des « succès incroyables » en matière de droits humains.
L'administration de Donald Trump a publié vendredi un document présentant une « Stratégie de sécurité nationale » qui anticipe un « effacement civilisationnel » de l'Europe et dénonce des décisions qui, selon elle, « sapent la liberté politique et la souveraineté, les politiques migratoires qui transforment le continent et créent des tensions, la censure de la liberté d'expression et la répression de l'opposition politique » sur ce continent.
« Concernant le volet sur l'Europe de la récente Stratégie (américaine) de sécurité nationale, il convient de rappeler que ce continent, de par son histoire, a précisément bénéficié de la promotion et de la protection des droits humains », a réagi M. Türk lors d'une conférence de presse à Genève.
« L'Europe a été l'un des premiers continents à instaurer un système de droits humains parmi les plus solides au monde, grâce à la Cour européenne des droits de l'homme et à la Convention européenne des droits de l'homme », qui selon M. Türk « a permis de résoudre certains problèmes et dilemmes fréquemment abordés dans les relations transatlantiques ces derniers temps, notamment la liberté d'expression ».
« J’espère donc que tous ceux qui examinent et analysent cette stratégie le font en pleine conscience du chemin incroyable parcouru par l’Europe, et en particulier par l’Union européenne, au cours des deux dernières décennies, pour bâtir un continent fondé sur la paix, les droits de l’homme et la dignité, malgré tous les problèmes rencontrés », a ajouté M. Turk.
« Comme toujours, des problèmes subsistent, mais il est important de saluer cet incroyable accomplissement pour l’humanité », a-t-il poursuivi.
Les relations entre l'Europe et les Etats-Unis se sont tendues sur plusieurs dossiers depuis le retour au pouvoir de Donald Trump en janvier, du rapprochement américain avec la Russie au soutien affiché des Etats-Unis aux partis conservateurs ou d'extrême droite en Europe.Mardi, le chancelier allemand Friedrich Merz a jugé que certaines parties de la stratégie de sécurité de Donald Trump étaient « inacceptables » du point de vue européen.

