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Politique - Monopole Des Armes

Gemayel reçoit Le Drian : Le Liban pourrait à nouveau payer le prix de ses retards

Le chef des Kataëb a également estimé que le dernier discours de Naïm Kassem prouve que « le sud du Liban n’importe pas au Hezbollah ».

Gemayel reçoit Le Drian : Le Liban pourrait à nouveau payer le prix de ses retards

L’émissaire spécial de l’Élysée pour le Liban, Jean-Yves Le Drian et le chef des Kataëb Samy Gemayel lors de leur réunion à Beyrouth le 10 décembre 2025. Photo publiée sur le compte X de Samy Gemayel

Le chef des Kataëb, Samy Gemayel, a estimé que le Liban était à un moment crucial de son existence, à l'issue duquel les décisions du Hezbollah pourraient soit permettre de stabiliser le pays, soit le maintenir dans une nouvelle période trouble. Ses propos ont été rapportés sur X, après sa réunion avec l’émissaire spécial de l’Élysée pour le Liban, Jean-Yves Le Drian, qui entame le troisième jour d'une visite officielle commencée lundi.

« Nous sommes à une étape cruciale qui pourrait mener le pays vers la paix et la stabilité et nous faire entrer dans une phase d’espoir pour l’avenir, ou bien le Liban pourrait à nouveau payer le prix de ses retards. La responsabilité revient encore une fois au Hezbollah, qui n’a ni la capacité ni les moyens de faire face à Israël, surtout après ce qu’il a subi, et dont le maintien des armes n’a aucune utilité », a lancé le leader du parti chrétien opposé à la formation chiite.

Samy Gemayel a aussi critiqué les propos tenus le 5 décembre dernier par le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, qui, selon lui, a « reconnu que le maintien des armes au nord du Litani n’est pas destiné à défendre le Liban ou à libérer la Palestine, mais à intimider les gens et les Libanais et à prendre le Liban en otage pour la prochaine phase, en attendant de s’armer pour jouer son rôle dans la défense de l’Iran, ce qui signifie que le sud du Liban n’importe pas au Hezbollah ».

Protéger le Liban des frappes israéliennes

Naïm Kassem a affirmé que le Hezbollah refuse de rendre les armes, comme le lui demande le gouvernement libanais depuis l'été dernier, et qu’il est « prêt aux plus grands sacrifices », tout en se montrant ouvert à un dialogue interne autour d'une « stratégie de défense ».

« Les intentions doivent être claires pour le président de la République (Joseph Aoun) et le Premier ministre (Nawaf Salam), et nous devons prendre la décision d’initier le processus de débarrasser le pays de toute arme en dehors du cadre de l’État et de réprimer toute milice armée hors-la-loi. La décision est prise ; il faut désormais pousser à sa mise en œuvre et prendre des mesures concrètes si nous voulons protéger le Liban des frappes israéliennes», a encore insisté Samy Gemayel.

Pensez-vous que la France ait encore une véritable influence diplomatique au Liban, malgré l'omniprésence américaine ?

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Cette déclaration fait écho à la prise de position du chef des Forces libanaises, Samir Geagea, qui a récemment adressé une lettre ouverte à l’exécutif, les enjoignant à cesser d’être « complaisants avec le Hezbollah ».

Malgré le cessez-le-feu conclu en novembre 2024, Israël bombarde quasi quotidiennement le Liban et occupe plusieurs positions jugées stratégiques au Liban-Sud. Si le Hezbollah met en avant ces violations de la trêve pour refuser de remettre ses armes à l'État libanais, Tel-Aviv affirme que ses bombardements visent à empêcher le parti de reconstituer ses forces. Ces frappes ont tué au moins 132 civils en un peu plus d'un an, selon les chiffres publiés en novembre par l’ONU.

L’émissaire spécial de l’Élysée pour le Liban, Jean-Yves Le Drian, a entamé lundi un nouveau séjour à Beyrouth, son troisième depuis l'élection présidentielle de janvier 2025, pour accompagner et encourager le Liban à aller de l’avant sur les réformes exigées par la communauté internationale et, surtout, sur le chantier de désarmement du Hezbollah. Durant cette troisième journée, il a également rencontré le vice-président du Parlement, Elias Bou Saab, pour une réunion qui a « porté sur la situation actuelle, les menaces israéliennes persistantes et la possibilité de trouver des solutions sérieuses pour éviter toute escalade », selon un bref communiqué. L'émissaire français s'est également entretenu avec le député indépendant de Beyrouth, Fouad Makhzoumi, et le député souverainiste de Zghorta, Michel Moawad, pour un autre tour de table sur les problématiques du pays.

« Les choses n’avancent pas facilement, car le Hezbollah complique la tâche de l’armée et réaffirme son attachement à ses armes. Il tente de se disculper et de se réarmer, mais si le parti s’engageait dans le plan de l’armée, la situation serait plus simple pour tout le monde. L’essentiel aujourd’hui est d’épargner au Liban la guerre, et les négociations lancées par le président de la République par l’intermédiaire de l’ambassadeur Karam sont importantes », a encore lancé Samy Gemayel après sa réunion avec l'émissaire français.

Le chef des Kataëb, Samy Gemayel, a estimé que le Liban était à un moment crucial de son existence, à l'issue duquel les décisions du Hezbollah pourraient soit permettre de stabiliser le pays, soit le maintenir dans une nouvelle période trouble. Ses propos ont été rapportés sur X, après sa réunion avec l’émissaire spécial de l’Élysée pour le Liban, Jean-Yves Le Drian, qui entame le troisième jour d'une visite officielle commencée lundi.« Nous sommes à une étape cruciale qui pourrait mener le pays vers la paix et la stabilité et nous faire entrer dans une phase d’espoir pour l’avenir, ou bien le Liban pourrait à nouveau payer le prix de ses retards. La responsabilité revient encore une fois au Hezbollah, qui n’a ni la capacité ni les moyens de faire face à Israël, surtout après ce qu’il a...
commentaires (4)

Naïm Qassem a « reconnu que le maintien des armes au nord du Litani n’est pas destiné à défendre le Liban ou à libérer la Palestine, mais à intimider les gens et les Libanais et à prendre le Liban en otage pour la prochaine phase, en attendant de s’armer pour jouer son rôle dans la défense de l’Iran ». Il en est de Qassem comme de son prédécesseur. Pourquoi feint-on de le croire quand il ment effrontément (lorsqu'il prétend défendre le pays et ses habitants), mais pas quand il a des accès de sincérité (lorsqu'il reconnaît se ficher du Liban comme de ses premières babouches)?

Yves Prevost

07 h 32, le 11 décembre 2025

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Commentaires (4)

  • Naïm Qassem a « reconnu que le maintien des armes au nord du Litani n’est pas destiné à défendre le Liban ou à libérer la Palestine, mais à intimider les gens et les Libanais et à prendre le Liban en otage pour la prochaine phase, en attendant de s’armer pour jouer son rôle dans la défense de l’Iran ». Il en est de Qassem comme de son prédécesseur. Pourquoi feint-on de le croire quand il ment effrontément (lorsqu'il prétend défendre le pays et ses habitants), mais pas quand il a des accès de sincérité (lorsqu'il reconnaît se ficher du Liban comme de ses premières babouches)?

    Yves Prevost

    07 h 32, le 11 décembre 2025

  • C’est vrai, le hezbollah ne se soucie pas des malheureux sudistes, sauf pour nous dire qu’il veut garder ses armes pour les « défendre » de l’agression qu’il a lui-même stupidement provoquée. La décision n’est visiblement pas chez lui. On dit bien que naïm est térré dans un sous-sol en Iran. Vaincu, il a tranquillisé Israël et accepte gentiment de livrer ses armes au sud et de ne plus faire le malin. Mais il veut les garder au nord pour continuer à exister et nous empoisonner la vie à nous. Tant que les barbus criminels d’Iran n’auront pas courbé la tête on va rester au fond du puit.

    Goraieb Nada

    07 h 06, le 11 décembre 2025

  • A part faire la navette depuis près de deux ans, on se demande ce que M. Le Drain a réussi à faire à part se faire inviter à des festins payés par les contribuables qui eux n’ont même pas de quoi manger. Les libanais ne voient pas l’utilité de ce tourisme rentable pour ce Monsieur qui a montré ses limites et celles de son pays à nous sauver. Ils sont gentils mais pas efficaces alors merci, vous pouvez nous épargner vos efforts vains, si efforts il y en a eu.

    Sissi zayyat

    18 h 55, le 10 décembre 2025

  • Ça fait depuis sa création que le Liban est à un tournant crucial. Il est indispensable de trouver une nouvelle équation géopolitique au Liban sinon, très bientôt, il sera submergé par le Hezbollah et l’Iran

    Ras le bol

    13 h 29, le 10 décembre 2025

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