Le président syrien, Ahmad el-Chareh et son épouse à Damas, le 8 décembre 2025, pour marquer l'anniversaire de la chute du régime Assad. Photo Reuters
Le président syrien Ahmad el-Chareh a exhorté lundi son peuple à s'unir pour rebâtir un pays ravagé par 14 années de guerre civile, dans un discours tenu à la mosquée des Omeyyades à Damas dans le cadre des célébrations du premier anniversaire de la chute du régime de Bachar el-Assad.
« La phase actuelle exige que tous les citoyens unissent leurs efforts pour bâtir une Syrie forte, consolider sa stabilité, préserver sa souveraineté », a déclaré le dirigeant, endossant pour l'occasion l'uniforme militaire comme le 8 décembre 2024, quand il était entré dans Damas à la tête de la coalition rebelle de Hay'at Tahrir el-Cham (HTC), désormais dissoute.
Depuis dimanche soir, d'importantes foules se rassemblent dans les rues aux quatre coins du pays, alors que des célébrations sont organisées dans d'autres villes, pour commémorer la date exacte de leurs libérations respectives au fur et à mesure de l'avancée des rebelles vers Damas.
« Nous rebâtirons une Syrie forte »
Ces festivités doivent culminer lundi avec une parade militaire et un discours attendu du président syrien. Après les prières du matin dans la mosquée des Omeyyades, il a salué « les sacrifices et l'héroïsme des combattants » qui ont renversé il y a un an l'ex-dictateur Bachar el-Assad, selon un communiqué de la présidence.
« Personne ne se dressera sur notre chemin. Aucun obstacle ne nous arrêtera. Nous affronterons tous les défis, si Dieu le veut », a-t-il assuré. « Du nord au sud et d’est en ouest, nous rebâtirons une Syrie forte, avec une structure à la hauteur de son présent et de son passé, et nous la reconstruirons pour soutenir les opprimés et instaurer la justice auprès du peuple », a-t-il ajouté.
Ahmad el-Chareh, ancien chef de la coalition de rebelles islamistes Hay'at Tahrir el-Cham, était devenu il y a un an président par intérim après 14 ans de guerre civile et plus de cinq décennies passées sous le joug du parti Baas.
Après avoir rompu avec son passé de jihadiste, il a réhabilité l'image de la Syrie sur la scène internationale, obtenant notamment la levée des sanctions internationales et la suspension de la loi César qui étouffaient l'économie du pays. Il reste cependant confronté à d'importants défis sécuritaires, alors que plusieurs épisodes de violences intercommunautaires ont ensanglanté les régions à majorité druze et alaouite, tandis que l'intégration de l'administration kurde du nord-est fait toujours l'objet de tensions récurrentes.
Par ailleurs, de nombreuses opérations militaires du voisin israélien, qui a pris le contrôle de nouveaux territoires syriens dans l'est du Golan occupé depuis le 8 décembre 2024, ont secoué la fragile transition.
Boycott des autorités kurdes et alaouites
« C'est l'occasion de reconstruire des communautés brisées et de panser des divisions profondes », a souligné dans un communiqué le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. « L'occasion de forger une nation où chaque Syrien, indépendamment de son appartenance ethnique, de sa religion, de son sexe ou de son affiliation politique, peut vivre en sécurité, dans l'égalité et dans la dignité ».
Ces célébrations sont toutefois marquées par le boycott lancé samedi par un chef spirituel alaouite, Ghazal Ghazal. Depuis la destitution d'Assad, lui-même alaouite, cette minorité est la cible d'attaques.
L'administration kurde, qui contrôle une grande partie du nord et du nord-est de la Syrie, a également annoncé l'interdiction de rassemblements et événements publics dimanche et lundi « en raison de la situation sécuritaire actuelle et de l'activité accrue des cellules terroristes ».



