La destruction à Kfar Kila, le 18 février 2025. Photo d'archives Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour
Des dizaines d’habitants du village frontalier de Kfar Kila (caza de Marjeyoun) se sont rassemblés dimanche au rond-point de Kfar Remmane, à l’entrée nord de Nabatiyé, pour protester contre les retards dans la reconstruction de leur village, rapporte notre correspondant dans le sud Mountasser Abdallah.
Dans un communiqué, ils ont déclaré que ce sit-in n'est qu'une « première étape d’un processus civilisé et pacifique visant à faire entendre la voix des habitants auprès de toutes les parties concernées par le dossier de la reconstruction et de l’aide aux sinistrés ». Les signataires ont affirmé ne pas vouloir « entrer en confrontation ou en conflit ». Ils se sont dit prêts à tendre « la main à l’État pour qu’il assume ses responsabilités envers eux » et réclament qu'il « se tienne à leurs côtés et œuvre à leur restituer ce qui a été perdu ».
Le communiqué précise que les habitants entameront ultérieurement une série de mouvements et de sit-in symboliques devant les institutions officielles compétentes si leurs demandes ne sont pas satisfaites. Il appelle les parties concernées à entendre « avec attention le cri des habitants » et à prendre des décisions urgentes. A défaut, les signataires menacent de recourir à « de nouvelles mesures d’escalade » qui resteront néanmoins « pacifiques et légales ».
La Banque mondiale estime le coût de la reconstruction du Liban-Sud à 11 milliards de dollars, sans compter les coûts engendrés par les frappes effectuées après le cessez-le-feu, entré en vigueur fin novembre 2024. Depuis, la reconstruction est toujours au point mort et l'avenir des localités frontalières semble incertain, alors que des émissaires américains ont proposé de démilitariser l'ensemble de la région pour créer une « zone économique », en échange du désarmement du Hezbollah.


« Plainte » contre l'Iran : pourquoi les Affaires étrangères ont dû mettre de l'eau dans leur vin