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Monopole des armes : le gouvernement libanais briefé sur les avancées de l'armée dans le Sud


Monopole des armes : le gouvernement libanais briefé sur les avancées de l'armée dans le Sud

Le président libanais, Joseph Aoun (g.), et le Premier ministre, Nawaf Salam, à Baabda, avant un Conseil des ministres, le 4 décembre 2025. Photo X / @LBPresidency

Le Conseil des ministres a été briefé par l'armée libanaise, lors d’une réunion jeudi au palais présidentiel de Baabda, sur les avancées de ses opérations de désarmement dans le sud du Liban. Cette réunion s’est tenue alors que l’armée israélienne frappait cette région, après une série d’alertes concernant plusieurs villages situés au nord et au sud du Litani, et au lendemain d’une première rencontre du « mécanisme », le comité de supervision de la trêve, organisée pour la première fois en présence de représentants civils libanais et israélien.

Le rapport mensuel présenté par l'armée vise à faire le point sur les progrès de la troupe dans cette mission confiée par les autorités pour récupérer le monopole des armes aux mains de l'État, conformément à une décision prise en ce sens les 5 et 7 août derniers. Si les ministres chiites avaient protesté contre cette décision en se retirant des réunions, ils sont restés pendant toutes celles consacrées à ces rapports.

Interrogé sur le fait que le travail de l’armée dans le sud du Litani devrait s’achever le mois prochain et sur un éventuel retrait israélien, le ministre de l’Information Paul Morcos a déclaré : « Le commandant de l’armée respecte les délais fixés par le gouvernement et les étapes prévues, mais certaines difficultés persistent, notamment les attaques israéliennes et l’occupation continue, ainsi que certains besoins logistiques pour permettre à l’armée de mener à bien ses missions ».

M. Morcos a également relayé les propos du président Joseph Aoun lors du Conseil des ministres, à propos de la réunion du «mécanisme» qui s’est tenue mercredi. Selon M. Aoun, l’ancien ambassadeur Simon Karam a été nommé membre du comité «après des consultations avec le président du Parlement et le Premier ministre Nawaf Salam». Le choix de M. Karam repose sur « son expérience d’ancien ambassadeur, sa formation d’avocat et sa participation aux négociations libanaises lors de la conférence de Madrid pour la paix. Il a une grande expérience dans ce domaine ».

« Il est normal que la première session ne soit pas très productive, mais elle a ouvert la voie aux séances suivantes qui commenceront le 19 du mois en cours, a ajouté le président. L’objectif n’est pas de cibler un groupe ou une catégorie de Libanais, mais de protéger le Liban, tout le Liban. Personne ne doit interpréter cela autrement. Jusqu’à présent, les réactions à la première réunion ont été positives, et c’est ce qu’il faut exploiter pour atteindre notre objectif : éloigner la menace d’une seconde guerre du Liban ».

« Aucune concession sur la souveraineté »

M. Aoun a précisé que « les directives données à l’ambassadeur Karam sont centrées sur la cessation des attaques, le retrait des points occupés, la délimitation des frontières, le retour des prisonniers, et rien d’autre ». Il a insisté sur le fait que « le langage de la négociation doit prévaloir sur celui de la guerre » et qu’« aucune concession sur la souveraineté libanaise ne sera faite. Lorsque nous parviendrons à un accord, il sera clair s’il y a eu concession, et nous en assumerons la responsabilité. Avant cela, il n’est pas permis de juger des intentions ». Selon lui, « il n’y a pas d’autre option que la négociation », et la communauté internationale, notamment les États-Unis, doit œuvrer au succès des pourparlers en demandant à Israël de s’engager « avec sérieux et positivité ». « C’est ce que je dirai au groupe du Conseil de sécurité qui visitera le Liban demain avec (l'émissaire américaine) Morgan Ortagus », a-t-il assuré.

Le Premier ministre a, lui aussi, évoqué cette visite et indiqué que la délégation discutera des « options disponibles pour le Liban après la fin de la mission de la Finul (la force internationale) dans le Sud à la fin de l’année prochaine ». « Ces options pourraient inclure la présence de forces internationales pour surveiller les frontières », a-t-il précisé.

Le Conseil des ministres a commencé peu après un aparté entre le chef de l'État et M. Salam, alors que l'armée israélienne a publié à deux reprises des ordres d'évacuation précédant des bombardements contre des villages du Sud, à savoir Jbaa, au nord du Litani, Mahrouné (caza de Tyr), Mjadel et Baraachit (Bint Jbeil). Lors de la dernière réunion du gouvernement consacrée à un rapport de l'armée sur le désarmement, Israël s'était également déchaîné sur le Liban-Sud, après des ordres d'évacuation similaires, en frappant cinq villages.

Au début de la séance, M. Aoun a également exprimé sa gratitude à tous les Libanais pour le succès de la visite historique du pape Léon XIV, saluant « l’image de l’unité et de la solidarité de tous les Libanais » et rendant hommage à la jeunesse, « jeunes hommes et femmes, qui se sont portés volontaires par milliers durant la visite, veillant jour et nuit à sa réussite ». Il a également remercié les familles des victimes de l’explosion du port de Beyrouth pour leur participation à la prière silencieuse dirigée par le pape, ainsi que l’ensemble des administrations publiques et des institutions religieuses, civiles, associatives et politiques.

Quarante séances, 1998 décrets

M. Aoun a enfin dressé le bilan de l’action du gouvernement depuis sa prise de fonction : 40 séances tenues, 941 décisions adoptées et 1 998 décrets approuvés, qualifiant cela « d’accomplissement notable ».

Le chef de l'État a aussi demandé au ministre des Finances, Yassine Jaber, de faire un point devant le Conseil des ministres sur la situation financière du pays. Selon le ministre, lors des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI), ce dernier avait insisté pour « réaliser un excédent budgétaire et imposer davantage de taxes et de droits ».« La position du ministère des Finances, a expliqué M. Jaber, est qu’en cette période difficile, il n’y a aucune intention d’augmenter les taxes, mais de procéder à des réformes rapides et de renforcer la collecte pour améliorer les revenus de l’État. Je suis heureux d’annoncer le succès de cette démarche, avec une augmentation significative de la collecte douanière et de la TVA ».

Le ministre a précisé que des mesures avaient été prises contre l’évasion fiscale, conformément à la loi n° 44 sur la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. « Environ 4 500 entreprises sont concernées, a-t-il indiqué. Nous allons commencer à les poursuivre progressivement. Pour celles qui n’avaient pas payé la TVA, nous avons bloqué exportations et importations, ce qui a poussé 1 800 sociétés à régulariser leur situation en trois jours ».

M. Jaber a conclu : « la situation financière est stable, il n’y a pas de déficit et nous avons commencé à réaliser un excédent en livres libanaises ». « Cela nous oblige à étudier la manière de dépenser cet argent, car injecter des montants massifs de livres sur le marché affecterait le taux de change avec le dollar américain et nous ferait perdre nos réserves en devises étrangères », a-t-il dit.

Le Conseil des ministres a été briefé par l'armée libanaise, lors d’une réunion jeudi au palais présidentiel de Baabda, sur les avancées de ses opérations de désarmement dans le sud du Liban. Cette réunion s’est tenue alors que l’armée israélienne frappait cette région, après une série d’alertes concernant plusieurs villages situés au nord et au sud du Litani, et au lendemain d’une première rencontre du « mécanisme », le comité de supervision de la trêve, organisée pour la première fois en présence de représentants civils libanais et israélien.Le rapport mensuel présenté par l'armée vise à faire le point sur les progrès de la troupe dans cette mission confiée par les autorités pour récupérer le monopole des armes aux mains de l'État, conformément à une décision prise en ce...